Collectivisme : collectiviser ses richesses pour garantir la solidarité communautaire

« D’où viennent les guerres et les effusions de sang, d’où viennent les disputes et les conflits, d’où viennent les désaccords et les divisions ? Tout cela vient de l’appropriation, de la propriété. » Peter Riedermann (1506-1556).

Une communauté indivisible de biens est le garant de la solidarité d’une communauté. Cette propriété collective peut se transmettre sans partage, sans héritage et sans conflits. La propriété collective de la nation (patrie = biens publics), peut coexister avec la propriété individuelle, et toutes les propriétés collectives qui existaient autrefois entre  l’individu et la nation : familles, clans, tribus… Il ne s’agit donc ni du tout collectif (communisme d’Etat), ni du tout individualiste (capitalisme), mais d’une ré-harmonisation de tous les types de propriétés, de la plus individuelle, à la plus globale.

Le bon sauvage collectiviste

« Ils n’avaient cessé de proclamer qu’ils ne pouvaient pas plus vendre leur terre que les nuages qui parcourent paresseusement le ciel, que la Terre était – et est toujours – leur Mère, et que le Ciel était – et qu’il est toujours – leur Père. Hélas […] la religion de l’époque, en accord avec la science, affirmait le droit de l’homme à asseoir et exercer sa domination sur toutes les créatures de la planète. » Adele Getty, La Déesse, Mère de la Nature vivante.

Dans Dialogues avec un sauvage de La Hontan (1666-1716), l’Indien dit à l’auteur qu’il voit bien que les Français sont incapables d’observer les préceptes de l’Évangile, tant ils sont esclaves du « Tien » et du « Mien » : « C’est un fait aisé à prouver par l’exemple de tous les sauvages du Canada, puisque malgré leur pauvreté ils sont plus riches que vous, à qui « le « Tien et le Mien » fait commettre toutes sortes de crimes ».

 

Les collectivités paysannes avant 1789

Le communisme d’état a été une utopie sanglante. Mais le communisme communautaire, familial, tribal, a traversé les millénaires jusqu’à aujourd’hui, et est la forme naturelle de la propriété.

« Les économies domestiques communistes des familles de serfs qui subsistent en France jusqu’à la Révolution, en particulier dans le Nivernais et en Franche-Comté, et sont analogues aux communautés familiales slaves des régions serbo-croates, sont également des vestiges d’organisation gentilice antérieure. Elles n’ont pas encore disparu entièrement; on voit encore, par exemple, près de Louhans (Saône-et-Loire), nombre de grandes maisons paysannes à la construction particulière, avec salle centrale commune entourée de chambres à coucher, et qui sont habitées par plusieurs générations de la même famille. Détruit avec acharnement pendant la révolution française de 1789, le communisme primitif existait encore sous l’Ancien Régime, sous la forme des communautés villageoises. Celles-ci fonctionnent toujours dans certaines ethnies africaines ainsi qu’en Polynésie et en Amérique du sud (territoires tribaux), mais le modèle agricole capitaliste voudrait les démolir. » Voir les travaux de R. Lebeau et JP Diry, géographes ruralistes, sur cette question.

La disparition du collectivisme tribal : la banque et l’état

Puisque les individus ne peuvent plus collectiviser entre eux, des institutions parasites ont pris le relais. L’article « Naissance de l’État et de la Banque » montre que l’État et la banque sont nés de l’atomisation de la structure pyramidale clanique. Tout ce qu’il y avait entre l’individu et la nation a été aboli. Il ne reste plus aujourd’hui que la propriété individuelle, et la propriété collective de la nation, sous la garde de l’administration étatique.


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