Maldives : d’une société matriarcale à un enfer islamique misogyne

Des îles paradisiaques, une société de tradition matriarcale… transformée en enfer misogyne avec la montée de l’islam wahhabite financé par les pétrodollars saoudiens.

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Les femmes des Maldives subissent une oppression accrue avec la montée du fondamentalisme religieux, rapporte Ben Doherty de Male.

Dans une interview avec le Herald, le président des Maldives, Mohamed Nasheed, a reconnu que le fondamentalisme religieux émergent a changé la façon dont les femmes étaient considérées et traitées dans son pays. Il s’est dit bouleversé par les groupes religieux qui font campagne pour que les filles soient excisées et restent à la maison au lieu d’aller à l’école. «Nous étions une société matriarcale. Notre héritage nous a été transmis par les femmes. De nombreux Maldiviens ne sont pas habitués à la vision de la femme véhiculée par ce nouveau courant d’islam radical», a dit M. Nasheed. Des rapports anecdotiques suggèrent que l’excision connaît une résurgence dans les Maldives, en particulier dans les îles extérieures où les imams locaux exercent une grande influence.

Shadiya Ibrahim, membre du nouveau Groupe de travail sur les droits des femmes et militante de longue date pour les droits des femmes, a dit que les femmes sont de plus en plus opprimées dans la société maldivienne. «Etre une femme est plus difficile aujourd’hui. Les savants religieux wahhabites prêchent avec plus de conviction que n’importe qui d’autre. Ils utilisent la religion comme instrument. Personne ne peut plaider en faveur d’une attitude plus libérale, plus positive envers les femmes. De jour en jour, la vie devient plus difficile pour les femmes dans ce pays», a-t-elle affirmé.

Mme Ibrahim ajoute que les femmes sont exclues des postes de pouvoir, du marché du travail et même de l’éducation, particulièrement au-delà du primaire. La flagellation des femmes ayant eu des relations sexuelles extraconjugales est pratique courante à travers les Maldives, a-t-elle ajouté. «Il y en a partout. Cette punition est généralement infligée suite à un accouchement, ce qui explique pourquoi ce sont presque toujours les femmes qui sont flagellées. Il y a seulement deux ou trois hommes qui sont fouettées pour 140 femmes. La flagellation est exécutée en public avec une pagaie ou un bambou, et elle vise davantage à humilier qu’à causer des blessures sévères.»

Mme Ibrahim dit que la flagellation est cautionnée par de nombreux Maldiviens, et que d’autres problèmes plus graves surgissent, y compris un nombre croissant de cas de violence sexuelle. «Cette semaine, deux jeunes filles de 12 et 16 ans respectivement ont été victimes de viol collectif ; très souvent, bien qu’il y ait des efforts pour appréhender les coupables, les médias finissent par dire que ‘la victime était habillée de telle manière’ ou ‘elle était allée à tel endroit’, a-t-elle dit.

La violence domestique est fréquente. Selon une enquête nationale réalisée en 2007, une femme sur trois a été victime d’abus sexuel ou physique. Aneesa Ahmed, présidente du groupe Espoir pour les femmes, a déclaré qu’un projet de loi sur la violence domestique présenté au Parlement des Maldives permettrait de sensibiliser le public sur un sujet rarement abordé aux Maldives. Le projet de loi est toutefois bloqué au Parlement depuis plus de 14 mois. Il y a seulement cinq femmes parmi les 77 parlementaires Maldiviens.

Mme Ahmed a indiqué que le contrôle des femmes sur leur vie s’est érodé. «Les hommes des Maldives croient que le rôle de la femme est de rester à la maison et d’avoir des enfants. C’est ce que la femme devrait faire, et rien d’autre.»

Source :  Female circumcision fear as fundamentalists roll back women’s rights, Sydney Morning Herald, 25 janvier 2012. Extraits traduits par Poste de veille

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