Sondage Hollande/Mariage : l’UMP plus patriarcal que le FN. Une révolution des moeurs ?

Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité, fondement de la famille patrilinéaire. Le sexe hors mariage engendre des enfants sans père. Dans toute société patriarcale traditionnelle, le sexe hors mariage est interdit, la femme surveillée, soumise et réprimée, la chasteté et la virginité sacralisées. La fin du mariage provoque irrémédiablement la fin de la paternité.

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Près de 8 Français sur 10 considèrent peu important que François Hollande et Valérie Trierweiler, le nouveau couple présidentiel, vivent ensemble sans être marié, selon un sondage Harris Interactive* pour VSD publié aujourd’hui.

Pour 79% des Français, « cela n’a pas d’importance » et « il s’agit d’un choix personnel » de Valérie Trierweiler et François Hollande ». Ils sont 5% à y accorder « de l’importance » tout en ne trouvant pas « cela choquant », et à dire qu’ils « ne devraient pas se marier ». 13% y accordent « de l’importance » et trouvent « cela choquant ». Ces derniers pensent qu’ils devraient se marier. 3% ne se prononcent pas.

Les électeurs de Nicolas Sarkozy sont les plus nombreux à trouver cela choquant et à dire que le couple devrait se marier, 29%, devant ceux de Marine Le Pen et ceux de François Bayrou, 15%. En revanche les électeurs de François Hollande et ceux de Jean-Luc Mélenchon ne sont que 2% à avoir cette opinion.

* Enquête réalisée en ligne du 9 au 11 mai auprès d’un échantillon de 1.602 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus et issues du panel de Harris Interactive (méthode des quotas)

L’Elysée mènera-t-il François Hollande au mariage ?

Par Constance Jamet le 26 avril 2012 16h59
S’il accède à l’Elysée dimanche prochain, il y a un domaine dans lequel François Hollande suivra les pas de Nicolas Sarkozy : la (r)évolution des mœurs. Le chef de l’Etat avait été le premier président de la Ve à divorcer en cours de mandat, le candidat socialiste pourrait être le premier président non-marié de la cinquième république. Le député de Corrèze, qui partage sa vie désormais avec la journalisteValérie Trierweiler, n’a jamais convolé. Il a eu quatre enfants avec Ségolène Royal sans que le couple n’officialise son union à la mairie. «François est un homme de son temps. Il n’est pas lié par la convention», expliquait à Reuters un proche du candidat. «Comme beaucoup de Français, il n’a jamais été marié et je ne pense pas qu’il en éprouve le besoin maintenant».
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François Hollande et Valérie Trierweiler à Tulle, le jour du 1er tour le 22 avril. Crédit AP«Ce qui aurait pu choquer dans les années 60 -le divorce, l’union libre- est bien accepté aujourd’hui. La vie sentimentale de François Hollande reflète l’évolution de la société actuelle», observe Christian Delporte, spécialiste de la communication politique. Dès la fin des années 80, le regard de la société s’était assoupli, rappelle le chercheur, qui cite l’exemple de Michel Rocard. Peu après son départ son départ de Matignon, le socialiste avait annoncé son deuxième divorce. Interrogés, deux Français sur trois avaient répondu que cela n’avait aucune importance. «Nous ne sommes pas dans des pays protestants comme aux Etats-Unis où la vie privée est considérée comme le reflet de la vie publique. En France, la vie privée est séparée», souligne Christian Delporte. En outre, note-t-il, la situation amoureuse de François Hollande interpelle d’autant moins que c’est un candidat de gauche. «Pour un politique de droite, cela aurait été plus gênant vis-à-vis de l’électorat catholique».

Hollande : «On ne se marie pas pour des questions de protocole».
Mais si le statut marital de François Hollande n’a pas d’impact politique, il attise la curiosité des Français. Un lecteur du Parisien a demandé au socialiste, début mars, «s’il avait quelque chose contre le mariage». «Pas du tout», lui réplique François Hollande. «Je n’exclus rien mais c’est une question qui concerne Valérie et moi», prévient-il. Quelques jours plus tard, c’est au tour des lectrices de Femme actuellede s’enquérir d’une future proposition de Hollande à Trierweiler. «C’est une question que nous nous sommes posés mais ce n’est pas dans la campagne que je vais en faire l’annonce», précise le socialiste, qui sourit quand on lui demande s’il serait tenté par une déclaration en public à la Raymond Domenech. À Sud-ouest, le député de Corrèze avait résumé sa pensée : «Ce n’est pas un couple qui se présente mais une personnalité et ses idées. On se marie par choix. On ne se marie pas pour des questions de protocole».Des interrogations qui pourraient surgir à la marge lors d’éventuels déplacements à l’étranger. Cela avait été le cas pour Carla Bruni lors de la visite en Inde de Nicolas Sarkozy en janvier 2008. L’ex-mannequin et le chef de l’Etat, qui se fréquentaient depuis l’automne, n’étaient pas encore mariés. Les médias s’étaient fait l’écho d’un certain désarroi de New Dehli. «La top-modèle ne peut pas recevoir les mêmes égards que le président puisqu’une petite amie n’est pas considérée comme l’épouse [qui aurait le droit à un programme officiel], mais elle pourrait être accueillie comme membre de la délégation», glissait au quotidien l’Indian Express un fonctionnaire anonyme du ministère des Affaires étrangères indien. Le journal britannique The Telegraph y voyait «un test pour la pruderie indienne». Au final, Carla Bruni n’avait pas accompagné son futur mari. Une telle situation pourrait se répéter si François Hollande se rendait au Vatican ou dans des pays musulmans très conservateurs. Le socialiste pourrait contourner la difficulté en y allant seul à moins qu’« il ne fasse finalement le “sacrifice” du mariage à la République», note Christian Delporte. Une telle union serait sûrement des plus discrètes à l’image de celle de Carla et Nicolas Sarkozy, célébrée dans l’intimité de l’Elysée. «Si nous le décidions, vous ne le sauriez qu’après !», avertissait début avril Valérie Trierweiler dans Libération.
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Joachim Gauck et sa compagne Daniela Schadt reçoivent la reine Beatrix des Pays-Bas, fin avril. Crédit APFrançois Hollande ne serait pas en tout cas le seul dirigeant européen à vivre en concubinage. Le nouveau chef de l’Etat allemand Joachim Gauck vit depuis plus de 12 ans avec la journaliste Daniela Schadt tout en n’ayant jamais divorcé de sa première épouse. En avril, le couple présidentiel a ainsi accueilli le grand-duc du Luxembourg et la reine des Pays-Bas.
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