Patriarcat islamique (Maroc): dépénalisation des relations sexuelles hors mariage, le niet de Ramid

Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité. Le sexe hors mariage engendre mères célibataires et enfants sans père, et est donc un retour potentiel au matriarcat. Dans toute société de droit paternel, le sexe hors mariage est interdit et réprimé par la violence.

L’AMDH demande l’abrogation d’une loi contre la liberté sexuelle

Dernière mise à jour : 19/06/2012 à 11:19

L'article 490 du code pénal prévoit une peine d'emprisonnement d'un mois à un an pour les personnes ayant des relations sexuelles hors mariage./K.AlaouiL’Association marocaine des droits humains (AMDH) a appelé mardi les autorités à annuler une loi condamnant à des peines de prison ferme toute relation sexuelle en dehors du mariage.

L’article 490 du code pénal prévoit une peine d’un mois à un an de prison pour toute relation sexuelle en dehors du mariage entre deux personnes adultes.

“Cet article traduit l’hypocrisie de notre système juridique vis-à-vis de la liberté sexuelle, qui est l’une des libertés individuelles que nous défendons.” – Khadija Ryadi, présidente de l’AMDH à l’Afp.

“L’État pratique une schizophrénie”

C’est lors d’une table ronde tenue sous le thème “Les libertés et le rôle du mouvement des droits humains au Maroc”, samedi à Rabat, par l’ONG que l’appel à l’abrogation de l’article 490 du code pénal a été lancé par l’AMDH.

“Nous savons tous que les relations sexuelles en dehors du mariage sont courantes au Maroc. Le fait que tout cela soit caché favorise les abus et les atteintes aux libertés individuelles.” – Khadija Ryadi.

Lors de cette table ronde, les intervenants, parmi lesquels figuraient des sociologues et des militants, ont indiqué que “l’État pratique une schizophrénie qui est inadmissible aujourd’hui”.

80.000, c’est le nombre d’enfants qui naissent hors mariage chaque année, selon l’association INSAF.

Cet appel a été vivement critiqué par des islamistes, y compris au sein du Parti justice et développement (PJD).

“Tout acte sexuel en dehors du mariage est considéré comme un acte de débauche, un crime. (…) Ces philosophies permissives qui sont nées en Europe ont-elle amélioré les relations sociales et familiales dans ce continent? Je ne le pense pas.” – El Moukri Abouzeid, membre dirigeant du PJD et ancien député.

“La liberté sexuelle favorisera le phénomène des enfants nés hors mariage et cela a des conséquences graves pour la société”, a dit pour sa part Abdelwahab Rafiki, membre de la Salafiya Jihadia.

Dernière mise à jour : 10/07/2012 à 12:03

Devant la Chambre des représentants, Mustapha Ramid a rejeté sans détours la dépénalisation des relations sexuelles consentantes hors mariage qu’il a qualifiées de « débauche ». Le ministre s’est voulu moins catégorique sur la question de l’avortement dont il écarte la dépénalisation « de manière absolue ».

La dépénalisation des relations sexuelles consentantes hors mariage est un “dévoiement contraire aux règles de l’ordre public”, a affirmé, lundi, le ministre de la Justice et des libertés, Mustapha Ramid qui répondait à une question orale du groupe socialiste à la Chambre des représentants, sur “le sort de la commission mixte entre le ministère et la coalition printemps de la dignité”.

“Nous n’acceptons pas la dépénalisation des relations sexuelles consentantes hors mariage, pour les personnes majeures, du fait qu’il s’agit de débauche qui attente aux principes de l’ordre public marocain, dont la religion constitue l’un des fondements.” – Mustapha Ramid

Le ministre a souligné, d’autre part, que son département n’approuve pas, non plus la dépénalisation de l’avortement médical de manière absolue, ajoutant que cette question exige des clarifications et des spécifications précises.

Pour l’élargissement du concept de harcèlement sexuel

Il a ajouté que le ministère accepte, en revanche, d’élargir le concept de harcèlement sexuel, pour incriminer quiconque y recourt, qu’il soit investi d’une autorité ou non.

Concernant l’élaboration d’une vision globale sur une loi relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes, devant garantir protection, prévention et reddition des comptes à la justice, M. Ramid a affirmé que le Code pénal actuel ainsi que les amendements proposés au projet de Code pénal en préparation “garantissent la protection suffisante à l’ensemble des citoyens, hommes et femmes”.

Il a relevé que le ministère reste ouvert aux résultats du Dialogue national sur la réforme de la justice, en relation avec ce sujet.

“La coalition du printemps de la dignité”, fondée en février 2010, comprend environ 22 associations féminines et de droits de l’Homme, avec pour objectif d’adhérer à un mouvement appelant à une refonte globale et radicale de la législation pénale, en ce qui garantit la protection des femmes contre la discrimination et la violence.

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