Tunisie : les mères célibataires sont une infamie pour la société, ces femmes aux mœurs légères n’ayant aucun mérite, éthiquement, elles n’ont pas le droit d’exister !

Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité. Le sexe hors mariage engendre mères célibataires et enfants sans père, et est donc un retour potentiel au matriarcat. Dans toute société de droit paternel, le sexe hors mariage est interdit et réprimé par la violence. Les mères célibataires et le enfants sans père sont bannis de la société.

La représentante la plus médiatique du parti islamiste, Souad Abderrahim, a tenu sur une radio arabophone des propos très durs contre les mères célibataires.

Souad Abderrahim lors d'un meeting, le 21 octobre 2011.

Pour le professeur en islamologie à Toulouse 2 Mathieu Guidère, «ces propos sont inadmissibles d’un point de vue humaniste et démocratique, mais ils démontrent qu’il existe en Tunisie même des tendances féminines conservatrices, voire régressives, à côté de la mouvance féminine progressiste et libérale».

Sur Internet, cela fait réagir. Sur son blog, Mohamed Ali Charmi, professeur à l’Ensi Tunis (une école d’informatique), adresse ainsi une lettre ouverte à Souad Abderrahim: «Vous oubliez madame, que quand vous marginalisez ces femmes, vous lésez des bébés, des enfants qui n’ont pas choisi de venir dans ce monde cruel. Vous oubliez que si vous livrez ces femmes à leur sort vous les laissez proie facile à la drogue et la prostitution et vous détruisez l’avenir de leurs enfants», écrit-il.

Souad Abderrahim, l’alibi féministe islamiste, insulte les mères célibataires !

Rédigé le Lundi 14 Novembre 2011 à 16:18

Souad Abderrahim, femme-alibi, dévoilée, des islamistes d’Ennahda au pouvoir à Tunis, traite les mères célibataires «d’infamie pour la société». Chassez le naturel….

Qu’elle était belle, l’islamiste-féministe, le meilleur agent communicateur du parti Ennahda, avec sa rousse chevelure dévoilée qui flottait au vent lyrique des grands meetings ! Souad Abderrahim, pharmacienne de 47 ans, était supposée incarner la modernité nouvelle du mouvement de Rached Ghannouchi, la preuve par sa crinière libre que libre serait le destin féminin au pays tunisien désormais régi par Ennahda.Une pluie d’articles, un déluge de reportages, un amoncellement de portraits se chargeaient de convaincre l’opinion tunisienne et internationale que l’énergique Souad ressemblait au discours gracieux concocté par son parti. En gros : tout pour les femmes, le MLF ne ferait pas mieux qu’Ennahda. Le fantôme de Habib Bourguiba ne se retournerait pas dans sa tombe de Monastir : les acquis des Tunisiennes, son héritage, seraient préservés et défendus par les serviteurs d’Allah. Las ! Le fond ultra-réac, sacrément bête et diablement méchant, de l’icône Souad est revenu au galop lors d’une interview la semaine passée au micro de la radio arabophone Monte-Carlo Doualiya. Interrogée sur le statut de mères-célibataires, elle les a traitées « d’infamie pour la société » et affirmé : « éthiquement, elles n’ont pas le droit d’exister ! ».Un énorme choc, une pluie de pavés pointus dans la mare auxtalibans ! Cestalibans avec lesquels les islamistes tunisiens jurent sur le Coran qu’ils n’ont aucun point en commun, voire qu’ils n’hésiteraient pas à en découdre si d’aventure, il se trouvait sur leur chemin un de leurs pâles émules. Et voilà qu’il a pris le visage de leursémillante députée, une battante au brushing séducteur dont on a même pensé qu’elle présiderait la nouvelle Assemblée constituante ! Depuis cebug, c’est donc lebuzz.Chacun, chacune, à Tunis,Sousse,Hammamet, ouGafsa se partage entre la fureur, l’inquiétude et une certaine satisfaction. Car voici pulvérisé le doux visage et le gai savoir de l’islamisme modéré à la tunisienne, tarte au miel des exégètes de toute nature, autant à Tunis qu’à Paris. La belle Souad reflétait en effet, selon eux, le lifting historique de l’islamisme politique, contraint et forcé par les circonstances de s’adapter à la modernité pour assumer sa victoire.

« Il n’y a pas de place pour une liberté intégrale ou absolue »

Seulement voilà : l’islamisme gouverne et il a une idéologie. C’est vrai, ça, on voulait nous faire croire que les adeptes de Rached Ghannouchi étaient quasiment devenus de joyeux drilles libertaires. Et bien non : Souad Abderrahim nous a rappelé à l’ordre, l’ordre divin qui n’aime pas les pécheresses. La mère célibataire a fauté : que l’islamiste qui passe au micro la jette immédiatement dehors, avec le bébé et l’eau du bain coupable !Le doute n’est plus permis et Souad, fort heureusement, l’a levé à l’attention des gogos trop crédules : « nous devons nous battre et préserver nos mœurs conformes aux normes d’une société arabo-musulmane, préserver nos coutumes et nos traditions » a scandé cette mère-la-vertu. En soulignant : « Il n’y a pas de place pour une liberté intégrale ou absolue ».On ne sait pas si Madame Abderrahim était dans la rue en janvier 2011, quand les révolutionnaires, au péril de leur vie, manifestaient intégralement et absolument pour ce mot sans limites qui s’appelle Liberté. On sait en revanche qu’elle a dû courir, comme tous ses nouveaux frères d’Ennahda, après le wagon de la révolution quand plus aucun flic de Ben Ali ne lui tirait dessus. Il n’est donc pas étonnant que l’opportuniste de la 25ème heure ait adopté un discours à géométrie variable. Certains s’interrogent sur ce qui s’est passé dans les coulisses de sa déclaration. Les islamistes ne l’ont-ils pas actionnée pour rappeler qu’ils n’entendaient pas céder sur leurs acquis fondamentaux à eux, les fondamentalistes ?Ils arrivent bientôt au palais du gouvernement, l’Assemblée constituante tiendra sa première session dans une semaine, le 22 novembre. On sait d’ores et déjà qu’Hamadi Jebali, secrétaire général d’Ennahda, conduira le prochain gouvernement. A l’heure où les commentateurs ne tarissent pas d’éloges sur le probable « compromis historique » qu’incarnerait cet islamiste bon chic bon genre, l’affaire Souad Abderrahim vient nous rappeler que certains, certaines, ne veulent pas entendre parler d’accommodements avec le ciel qu’ils ont kidnappé.
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