Selon le pape, le SIDA légitime le patriarcat catholique : mariage, virginité, fidélité, chasteté…

Le SIDA, fléau de Dieu, stoppe la libération sexuelle : La crainte du VIH remplace la crainte de Dieu désuète pour nous éloigner du péché de la chair. Moralité pour se prémunir du SIDA : mariage, virginité, chasteté, fidélité, abstinence, circoncision…

Sida : tant Jean Paul II que Benoît XVI ont prôné l’abstinence

Source : le Nouvel Observateur

Le pape Benoît XVI a estimé, dans l’avion qui l’emmenait à Yaoundé, mardi 17 mars, que l’on ne pouvait « pas régler le problème du sida », pandémie aux effets dévastateurs en Afrique, « avec la distribution de préservatifs ». « Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème », selon lui. Ces déclarations sont dans la droite ligne des déclarations précédentes de Benoît XVI et Jean Paul II.

Abstinence et chasteté : le virus a bon dos

Tant Benoît XVI que Jean Paul II ont toujours implicitement ou directement critiqué l’utilisation du préservatif pour lutter contre le sida, en évoquant exclusivement « l’abstinence » et la « chasteté » pour enrayer cette maladie. Mais selon les vaticanistes, c’est la première fois que Benoît XVI prononce le mot de « préservatif ».

Mariage et fidélité : les meilleurs anti-virus

Le 10 juin 2005, en recevant les évêques d’Afrique du sud, il avait assuré que l’enseignement de l’Église était « le seul moyen sûr » de prévenir le sida. « L’Église catholique a toujours été en première ligne à la fois pour la prévention et le traitement » du sida. L’enseignement traditionnel de l’Église sur la chasteté et la fidélité dans le mariage « apporte la preuve qu’il est le seul moyen sûr de prévenir la diffusion du sida », avait-il dit. Benoît XVI reprend sur le sida le message de son prédécesseur.

Le sexe hors mariage est un langage malhonnête

Jean Paul II avait notamment évoqué cette question le 6 février 1993 à Kampala (Ouganda), dans un discours aux jeunes.
« La force de votre futur amour conjugal dépend de la force de votre effort actuel pour apprendre le véritable amour, une chasteté qui implique que l’on s’abstienne de tout rapport sexuel en dehors du mariage. Le lien sexuel de la chasteté est l’unique manière sûre et vertueuse pour mettre fin à cette plaie tragique qu’est le sida, que tant de jeunes ont contracté », avait-il dit. « Le langage sexuel honnête exige un engagement à la fidélité qui dure toute la vie », avait-il ajouté.

La chasteté hors du mariage ET dans le mariage

L’archevêque mexicain Javier Lozano Barragan, ministre du Vatican pour le monde de la santé, a réaffirmé jeudi que l’Eglise catholique condamnait le préservatif comme méthode de prévention contre le Sida. Selon le prélat, qui présentait le programme d’une rencontre de théologiens moralistes, de prêtres et de scientifiques au Vatican consacré à cette maladie, « la chasteté dans le mariage et hors du mariage reste le remède le meilleur, même si cela signifie aller contre-courant dans une société +pansexuelle+ telle que la société d’aujourd’hui ». « C’est la loi de Dieu, a-t-il commenté, qui est toujours actuelle et qui peut être toujours respectée ». « Nous nous opposons au préservatif en raison du respect du à la dignité absolue de la vie humaine », a-t-il ajouté. L’un de ses collaborateurs, le père Felice Ruffini, a affirmé que même dans le cas d’un couple dont l’un des partenaires était malade de Sida, le préservatif n’était pas admis par l’Eglise. « La chasteté est la solution à poursuivre : le Christ n’a pas assuré un chemin facile à ceux qui voulaient le suivre ».

La charia catholique pour lutter contre le sida

Le 22 janvier 2005, quelques mois avant sa mort, Jean Paul II avait affirmé à propos du sida : « Le Saint-Siège considère qu’il est nécessaire avant tout, pour combattre cette maladie de façon responsable d’accroitre la prévention, notamment à travers l’éducation au respect de la valeur sacrée de la vie et la formation à la pratique correcte de la sexualité, qui suppose chasteté et fidélité« .

Jean Paul II a souligné qu’à « sa demande, l’Église s’est mobilisée elle aussi en faveur des victimes et spécialement pour que leur soit assuré l’accès aux soins et aux médicaments nécessaires à travers de nombreux centres de traitement ». La position du Vatican sur le préservatif a été critiquée dans des milieux laïcs ou chrétiens progressistes ainsi que par les associations de défense des droits des homosexuels.

Le pape et la chasteté au pays de la liberté sexuelle

Mis en ligne le 11 mai 2007 à 19h50 par D.H. (avec agence), mis à jour le 11 mai 2007 à 22h00

TF1-LCI : Le pape Benoît XVI au Brésil, le 10 mai 2007

Le pape Benoît XVI au Brésil, le 10 mai 2007 / Crédits : TF1-LCI
La chasteté ne saurait être une politique de santé, a répondu vendredi une ministre brésilienne au discours de Benoît XVI devant 40.000 jeunes brésiliens.

La chasteté préconisée devant la jeunesse brésilienne par le pape Benoît XVI ne peut pas tenir lieu de politique efficace de santé publique contre le sida, a estimé vendredi la secrétaire d’Etat brésilienne aux Droits de la femme, Nilcea Freire. La chasteté est « une décision absolument individuelle. Je n’ai rien pour ou contre celui qui souhaite être chaste ou celui qui ne le veut pas. Mais nous ne pouvons baser notre politique de prévention des maladies sexuellement transmissibles et du sida en préconisant la chasteté« , a-t-elle dit.

Cette position intervient au lendemain de l’appel du pape jeudi, lors d’un rassemblement de quelque 40.000 jeunes à Sao Paulo, au respect de la chasteté et du mariage, une manière aussi selon lui de lutter contre le sida qui ravage le pays. Vendrei encore, Benoît XVI a prêché la résistance à « l’hédonisme » des sociétés modernes durant la messe de canonisation d’un religieux célébrée à Sao Paulo, qui a rassemblé des centaines de milliers de fidèles. Il a appelé les catholiques à « dire non aux médias qui tournent en ridicule la sainteté du mariage et la virginité avant le mariage« , et à cultiver « des vies limpides et claires« .

Le Brésil a contenu lors de la dernière décennie l’expansion du sida grâce à une politique basée sur la distribution de préservatifs, l’administration gratuite de médicaments aux personnes séropositives et la pression sur les grands groupes pharmaceutiques pour la baisse du prix des traitements. « Nous préconisons l’utilisation de moyens contraceptifs, aussi bien masculins que féminins, dont l’usage s’est montré efficace dans la prévention de maladies sexuellement transmissibles« , a souligné la ministre. « Je respecte la position de l’Eglise et je ne me sens pas le droit d’interférer dans ce qu’elle préconise, mais je pense que la question du combat contre le sida est de la compétence du gouvernement. Nous devons le conduire en fonction des besoins de la population brésilienne« , a dit Nilcea Freire.

Restaurer le Code Napoléon ?

Après avoir restauré l’esclavage des africains, l’empereur Napoléon restaura l’esclavage des femmes en 1804. Fondé sur le droit romain, en accord avec l’Église catholique de Rome, il abolit tous les droits civiques des femmes, pour contrôler leur sexualité, afin de garantir la reconnaissance de paternité, fondement du patriarcat.

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