1000 nigérianes venues prier à La Mecque sont arrêtées parce qu’elles voyagent sans tuteur

La femme musulmane, éternelle mineure, sous la tutelle du père puis du mari

 » Le messager d’Allah a dit : – Il n’est pas licite pour une femme qui croit en Allah et dans le dernier Jour de voyager plus d’un jour et une nuit sans un homme qui soit son tuteur. «  – récit de Malik, Muwatta LIV 37

Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité, pilier du patriarcat. Toute sexualité hors mariage peut engendrer des enfants sans père, et est donc violemment réprimée. Pour cela, la sexualité des femmes est très étroitement surveillée. Elles ne doivent jamais sortir du foyer non accompagnée d’un proche (père, mari, frère).

L’Arabie Saoudite interpelle un millier de Nigérianes venues seules faire le pèlerinage

Le 1er octobre 2012 – Oumma.com

La monarchie absolutiste qui préside aux destinées de l’Arabie Saoudite, mais aussi à l’infantilisation de la femme, cloîtrée dans un carcan civique qui en fait un être mineur à vie, privée des plus élémentaires libertés individuelles, ne laisse décidément rien passer à la gent féminine, même lorsqu’il s’agit de ressortissantes étrangères, au risque de provoquer un incident diplomatique.

Femme sans mari = femmes débauchées

L’ultra-conservatisme saoudien traite les femmes avec équité, car il ne fait aucun favoritisme… Réagissant de manière épidermique à la vue d’un millier de Nigérianes, sans escorte maritale, à l’aéroport de Riyad, les autorités du pays n’ont pas fait dans la dentelle : tout le groupe a été arrêté, et au diable les accords passés avec le Niger !

Dans le cadre d’accords inter-nationaux

Outré, le gouvernement nigérian n’a pas eu de mots assez forts pour condamner cette interpellation inacceptable. L’ambassadeur, Aboubakr Chihi Bono, a insisté sur le fait que ces femmes qui sont, toutes, âgées de moins de 35 ans, avaient été autorisées à se rendre au pèlerinage dans le cadre d’un « accord signé, l’année dernière, avec les autorités de Riyad », s’insurgeant contre l’illégalité de cette mesure répressive qui va  à « l’encontre des accords conclus ».

Fermer les yeux sur un patriarcat tyrannique

Le vent de la libéralisation qui a frémi à l’annonce du droit de vote accordé aux Saoudiennes lors des élections locales de 2015, ne fut qu’une bise légère très vite chassée par le blizzard du projet gigantesque de la cité des femmes, une véritable ruche bourdonnante d’ouvrières besogneuses contribuant, loin de tout et des regards, à l’effort de la nation, tandis que se mouvoir en toute liberté au volant d’une voiture demeure un rêve inaccessible. Mais le royaume wahhabite peut compter sur ses proches alliés occidentaux pour fermer les yeux sur un patriarcat tyrannique, la géopolitique et le précieux or noir rendant certaines indignations, qui ont le verbe haut en France, muettes sur la scène mondiale…

Elles voulaient prier à La Mecque, Djedda a refusé

Par Pierre Prier, le 28/09/2012, Le Figaro
Des Nigérianes montent dans un bus après leur arrivée à Médine, mercredi.
Des Nigérianes montent dans un bus après leur arrivée à Médine, mercredi. Crédits photo : AMINU ABUBAKAR/AFP

L’Arabie saoudite a bloqué un millier de Nigérianes parce qu’elles n’étaient pas accompagnées d’un «gardien» mâle.

Elles espéraient prier à La Mecque, elles n’ont vu pour l’instant que l’aéroport de Djedda.

L’Arabie saoudite a bloqué un millier de Nigérianes venues accomplir le Hadj, le grand pèlerinage, obligation pour tout musulman pieux. Motif, selon l’autorité du pèlerinage au Nigeria: les Saoudiens exigent que les femmes soient accompagnées d’un marham – un «gardien» mâle. Selon le journal nigérian The Daily Trust, les femmes arrivées à bord de plusieurs vols ont été immédiatement séparées des hommes et sommées de désigner leur gardien, qui doit être le mari, ou à défaut le père, un frère ou un oncle, dans cet ordre.

Incident diplomatique

Jeudi, les autorités saoudiennes ne faisaient toujours pas de commentaire. En attendant, les dernières arrivées sont reparties aussitôt. D’après Abuja, 159 Nigérianes refoulées mercredi sont rentrées immédiatement par le vol de retour. L’affaire tourne à l’incident diplomatique entre deux puissances pétrolières chatouilleuses sur leur honneur. Le vice-président nigérian Namadi Sambo a signifié à l’ambassadeur saoudien un ultimatum de 24 heures pour résoudre le problème, selon l’agence News Agency of Nigeria. La commission nigériane du Hadj a suspendu les départs de pèlerins. Le vice-président a dénoncé un ciblage des Nigérianes. «Elles sont les seules à recevoir ce traitement déshumanisant. Si les autorités saoudiennes ne veulent pas que nos compatriotes effectuent le Hadj cette année, elles auraient dû nous le faire savoir.»

Une discrimination qui touche le Nigeria seulement

L’ambassadeur saoudien aurait répondu que la même règle était appliquée à tous les pays. Jeudi, aucun blocage de femmes ressortissantes d’autres nations n’avait été constaté. Auparavant, la lettre de la loi n’était pas appliquée strictement ; pourquoi cette année, et pourquoi les Nigérianes? Qui a pris la décision? Les luttes de pouvoir entre les différents services saoudiens ne sont pas rares, surtout quand les lieux saints en fournissent le prétexte.

Pour éviter la fornication et l’adultère (sexe hors mariage)

L’ambassadeur nigérian en Arabie saoudite a pour sa part confié à la BBC que seules les femmes «de moins de 35 ans» s’étaient vu refuser l’entrée. Une personnalité religieuse nigériane résidant en Arabie saoudite, le cheikh Ahmad Mahmoud Gumi, un temps soupçonné de lien avec des groupes terroristes, a jeté de l’huile sur le feu en déclarant que des Nigérianes «se livraient parfois en Arabie à des actes que notre religion et la morale réprouvent.»

La crise devrait se résoudre au sommet de l’État. Selon le Nigeria, une réunion était en cours jeudi à Riyad, la capitale, avec des représentants des ministères du Pèlerinage, des Affaires étrangères et de l’Intérieur, ainsi qu’avec le gouverneur de La Mecque. Une délégation de la présidence du Nigeria était également attendue.

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