Servan-Schreiber a peur du matriarcat : et si les filles surpassaient les garçons à l’école ?

Journaliste et patron de presse, Jean-Louis Servan-Schreiber a toujours été attiré par la psychologie. Auteur de nombreux ouvrages, il a réussi à conjuguer ses deux passions à travers le magazine Psychologies.

Demain, le matriarcat

Sur Psychologies.com

Faut-il commencer à s’inquiéter pour l’avenir de nos fils ? Pour nos filles, pas de problème, elles gagnent constamment du terrain, et les lois pour leur dégager une meilleure place dans la société se succèdent. Mais nos garçons risquent-ils de rester à la traîne ?

Les garçons dépassés par les résultats scolaires des filles

L’étude récente de l’OCDE sur les résultats scolaires à travers le monde montre que ceux des garçons deviennent problématiques alors que, traditionnellement, les inégalités sexuelles en matière scolaire étaient au détriment des filles. Dans tous les pays étudiés, le niveau de compréhension de l’écrit de ces dernières est nettement supérieur à celui des élèves de sexe masculin. Ils conservent encore, de justesse, une supériorité pour les mathématiques, sauf, paraît-il, au Portugal. L’enseignement secondaire et supérieur est désormais fréquenté par les deux sexes, de façon égalitaire, mais les performances des filles progressent, pas celles des garçons.

Bientôt aux commandes de la société ?

Les filles des féministes n’ont plus besoin de manifester dans la rue. Elles s’installent calmement aux commandes de la société, même si elles sont encore rares au sommet. Un responsable de la police nous disait, par exemple, qu’au train où vont les choses, d’ici à dix ans, les plantons seront des hommes, et les commissaires, des femmes. Pourquoi pas ? Ça nous changerait de deux mille ans de dominance masculine, qui ne se justifie plus, à une époque où la force physique compte bien moins que l’intelligence et le caractère. Mais que faire des hommes, qui sont en train de perdre leurs repères identitaires ?

Vers un juste équilibre dans nos nations ?

La violence qui meurtrit les cités se retourne de plus en plus contre les filles. Dernier domaine où les jeunes mecs, surtout en bande, conservent leur supériorité. En même temps, partout sur la planète, les forces conservatrices se crispent sur le maintien des femmes en position subalterne, ou sur le contrôle qu’ont sur elles les hommes de la famille (pères, frères, maris, voire fils). Combats d’arrière-garde, certes, mais, plus près de nous, la nouvelle place des hommes n’est pas encore éclaircie. Faudra-t-il en passer par un matriarcat de fait, avant que le juste équilibre entre les sexes dans nos nations avancées ne soit trouvé ?

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