A Noël, les grands-parents maternels offrent plus de cadeaux : une nouvelle organisation matriarcale de la parenté

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Le Point – Publié le 21/12/1996

Autant le savoir : c’est sous le sapin de leurs grands-parents maternels que les enfants trouveront le plus de paquets cette année. Telle est la conclusion, plutôt inattendue, de la dernière enquête menée par l’Insee au sujet des dépenses de Noël (« Cadeaux de fin d’année : fête de l’enfance ou de la famille ? », Insee Première n° 426).

30% de dépenses en plus

En observant à la loupe les cadeaux offerts et reçus par 676 ménages français, les chercheurs Nicolas Herpin et Daniel Verger ont découvert une fracture familiale inédite, propre à déclencher une guerre des clans. « La famille de l’épouse, notent les rapporteurs, dépense pour les cadeaux de fin d’année 30 % de plus que celle de l’époux. » Or, selon une enquête similaire réalisée voilà dix ans, les enfants étaient gâtés à parts strictement égales par les deux familles.

Le lien maternel plus solide quand le mariage disparaît

Le rituel de Noël, anodin en apparence, en dit long sur la densité réelle des liens familiaux. Si la famille de la mère se montre plus généreuse, c’est, conclut l’Insee, en vertu d’une « nouvelle organisation matriarcale de la parenté ». « La diminution du mariage et la montée du divorce contribuent à centrer le réseau de parenté autour de la relation mère-fille », constatent les chercheurs.

Papy et Mamie ne sont pas gâtés

Malgré ce déséquilibre, le rôle des grands-parents dans l’économie de Noël reste considérable : la circulation des cadeaux, qui épouse le cycle de vie, part toujours des plus âgés pour se diriger vers les plus jeunes. Si les jeunes adultes reçoivent autant de cadeaux qu’ils en offrent, les plus de 60 ans sont nettement pénalisés. Pour eux, le solde est négatif de 3 000 francs en moyenne.

Stéphanie Chayet

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