Torturée et poignardée par son mari parce qu’elle travaillait (Afghanistan)

Dépendance financière pour contrôler la fidélité

Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité, pilier du patriarcat. Toute sexualité hors mariage peut engendrer des enfants sans pères, des bâtards illégitimes, et est donc interdite et durement réprimée. C’est pour garantir leur chasteté que les femmes ont été enfermées au foyer et voilées. C’est pour contrôler leur sexualité qu’on leur a supprimé toute autonomie juridique (sous tutelle du père puis du mari) et financière (interdiction de travailler, ou de toucher un salaire en dehors du mariage). Une femme juridiquement émancipée et financièrement autonome (elle possède son propre logis) a les moyens de disposer de sa sexualité librement. C’est pour cela que dans les sociétés catholiques, les femmes célibataires, et financièrement autonomes, sont mal vues (vieilles filles ou veuves), et donc bien souvent, enfermées au couvent…

  • Dans la Grèce classique, la prostitution est le seul travail salarié accessible aux femmes.
  • En 1789, les femmes revendiquaient le droit au travail.
  • Code Napoléon de 1804 : Interdiction aux épouses de travailler sans l’autorisation du mari, et de toucher elle-même leur salaire.
  • 1900 – Belgique : premières libertés économiques des femmes établies légalement, droit à l’épargne personnelle de la femme mariée, droit de signer un contrat de travail et d’encaisser un salaire.
  • 1907 La femme mariée qui travaille a le droit de disposer de son salaire (mais pas de gérer ses autres biens).
  • 1942 L’épouse peut gérer ses biens propres. Fin des interdictions concernant le travail des femmes mariées.
  • 1945 La notion de « salaire féminin » est supprimée. « À travail égal, salaire égal » s’inscrit dans la législation française. Plusieurs lois rappellent ce principe en 1972, 1983 et 2005, notamment.

Une femme afghane a été poignardée à mort par son mari parce qu’elle travaillait à Herat, capitale de la province éponyme dans l’ouest de l’Afghanistan.

Tuée de 8 coups de couteau

Le meurtre intervient quelques jours après que la décapitation d’une femme qui refusait de se prostituer, défiant sa belle-famille, eut été révélé dans la même région. «Kulsoom, qui n’utilisait qu’un nom, a été poignardée à huit reprises par son mari vendredi parce qu’elle travaillait», a indiqué à l’AFP, Noor Khan Nekzad, porte-parole du chef de la police de la province de Herat.

Mère de 2 enfants, régulièrement torturée par son mari

«Nous avons arrêté le meurtrier, Abdul Rahim, son mari», a-t-il poursuivi, ajoutant que la victime. La victime, mère de deux enfants, un garçon et une fille, était mariée depuis six ans et avait été torturée à plusieurs reprises par son époux, avec qui elle se disputait fréquemment, a ajouté M. Nekzad.

La petite fille veut poignarder son papa

«Ma fille a été tuée et elle est morte. J’ai vu son corps après qu’elle a été brutalement assassinée», a déclaré la mère de Kulsoom, en larmes sous un voile noir, à la chaîne de télévision Tolo. «Vu comme il a tué ma mère, il devrait être tué de la même façon, poignardé à mort», a commenté, paniquée, la frêle petite fille du couple.

Au moins 100 cas en 2012

La police afghane avait annoncé mercredi l’arrestation de quatre personnes soupçonnées d’être impliquées dans la décapitation d’une jeune femme qui refusait de se prostituer, défiant ainsi sa belle-famille. Au moins 100 cas de violence contre les femmes ont été enregistrés dans l’ouest de l’Afghanistan en 2012, avait indiqué mercredi Abdul Qader Rahimi, directeur régional de la commission des droits de l’Homme, constatant une forte augmentation de ces affaires.

Séquestrée par sa belle-famille pendant 5 mois pour refus de prostitution

En décembre dernier, la police avait sauvé Sahar Gul, une adolescente frappée et enfermée dans une toilette pendant cinq mois après qu’elle eût refusé de se prostituer, comme le souhaitait également sa belle-famille.

L’occident n’a pas libéré les femmes afghanes

Malgré des milliards de dollars dépensés en dix ans de présence par la communauté internationale, la cause des femmes a peu évolué dans les provinces afghanes, très fortement marquées par la coutume. A Kaboul et dans les principales autres villes du pays, en revanche, les femmes se sont affirmées.

(afp)

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