Elle fait assassiner son mari banquier par son amant, au harpon, couteau et poison, parce qu’il l’obligeait à l’échangisme

Perpignan. Meurtre au harpon : l’amant accuse la veuve libertine

Le 27/10/2012 sur La Dépêche

Diane Mistler est persuadée que ses pratiques libertines ont joué contre elle./Photo DDM ()Diane Mistler, 45 ans, était jugée jusqu’à hier par les assises des Pyrénées-Orientales pour avoir commandité l’assassinat de son mari. Cette femme échangiste aurait demandé à l’un de ses nombreux amants de le tuer avec un fusil harpon.

«J’aimerais bien savoir ce que je fous là ! Je n’ai jamais demandé à M. Diguelman de tuer mon mari !» n’a eu de cesse de clamer Diane Mistler devant les assises des Pyrénées-Orientales. Rejugée jusqu’à hier pour avoir, selon l’accusation, commandité l’assassinat de son mari, cette veuve de 45 ans comparaissait avec son ancien amant, Frantz Diguelman, accusé d’avoir tué son époux à sa demande, le 22 avril 2007, à la sortie d’un club échangiste de La Grande-Motte (Hérault). Cet ancien banquier a été abattu sous les yeux de sa femme d’un coup de fusil harpon et de vingt coups de couteau.

Après avoir bénéficié d’un non lieu, Diane Mistler a été condamnée en avril 2011, à Montpellier, à 25 ans de réclusion pour complicité d’assassinat. Son amant avait écopé de 23 années de réclusion. Quelques mois plus tard, en l’absence de preuves tangibles, Diane Mistler avait été remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Ça doit être la dernière fois qu’il bande !

«J’aimais mon mari. Est-ce qu’on a une preuve contre moi ?, a lancé, à plusieurs reprises, la veuve à la cour. On me juge pour ma façon de vivre, parce que j’avais de nombreux amants. Mais tout ça est faux. Il faut que Diguelman arrête de dire n’importe quoi !». Depuis le box des accusés, Frantz Diguelman, comme en première instance, a maintenu sa version : «Elle m’a mis la pression. Le matin même, elle m’a dit : ce soir, ça doit être la dernière fois qu’il bande ! Je devais me rendre aux abords du club, attendre qu’il sorte et le tuer. Elle le sait ! Elle m’a demandé ça parce qu’elle m’a juré qu’elle ne supportait plus qu’il la contraigne à l’échangisme, à coucher avec d’autres hommes».

Du poison à Agen, ou des citrons confits de Madagascar ?

Diane a rapporté au tribunal qu’elle lui disait «ça par jeu, comme elle le disait d’ailleurs à tous ses amants». Avant d’assurer que si elle «s’était rendu compte que Frantz Diguelman était amoureux, elle se serait enfuie».

Seulement, pour l’accusation, elle avait un mobile pour vouloir tuer son mari. Ce dernier, lassé par ses trop nombreuses aventures, aurait voulu divorcer. Cela n’aurait pas été sans conséquence sur le train de vie de cette croqueuse d’hommes. «On était un couple libertin, tous ces amants c’était un jeu entre moi et lui, objecte-t-elle. Il y avait des hauts et des bas au sein de notre couple mais on s’aimait».

Frantz Diguelman avait rencontré Diane Mistler quelques mois avant l’assassinat. Il travaillait dans un bar voisin du commerce qu’elle tenait. Visiblement toujours très épris de sa maîtresse, il a également livré à la cour un épisode qui n’a fait que renforcer le faisceau de présomptions pesant sur elle. Il se serait ainsi rendu à Agen, à sa demande, pour y rencontrer une proche de Diane qui lui a remis une poudre blanche destinée à empoisonner son mari. «C’était pas de la poudre blanche, mais des citrons confits de Madagascar qu’on ne trouve pas ici», a toujours maintenu la veuve originaire de cette île.

Un meurtrier aveuglé par l’Amour ?

Hier, peu convaincu par ses explications, l’avocat général a demandé à ce qu’elle soit condamnée à 22 ans de prison. Éric Dupond-Moretti, son avocat, s’est acharné à souligner «qu’il n’y avait aucune preuve contre elle et qu’elle devait donc être acquittée». Me Simon Cohen, le défenseur de Frantz Diguelman, contre qui l’avocat général avait requis 18 ans de prison, a demandé la clémence des jurés pour son client «qui a été aveuglé par l’amour».

Hier soir, les jurés se sont retirés pour délibérer.

Guillaume Atchouel

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