Les hommes battus après le mariage et la naissance, se taisent pour garder les enfants

Le couple (mariage d’amour) est une utopie moderne contre-nature vouée à l’échec. Le mariage a été inventé dans le seul but de garantir la reconnaissance de paternité. Sans esclavage des femmes, ni couple ni paternité ne peuvent perdurer.

« Les hommes battus réagissent comme les femmes violentées »

Par Angelina Guiboud, publié le 20/07/2011 sur L’EXPRESS.fr

280 000 hommes auraient été victimes de violences conjugales en 2010 selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Deux d’entre eux se confient.

Mariage et naissance, le début du cauchemar

La publication du témoignage de deux hommes battus a provoqué de nombreux commentaires sur LEXPRESS.fr. Les voici.

« Une rencontre heureuse. Une vie amoureuse charmante, délicieuse même. Mariage avec contrat de séparation des biens. Quatre ans s’écoulent. Naissance de notre fille. Puis le début des cris, des crises, des hurlements, des insultes, des objets jetés, des menaces avec couteau et ciseaux… « 

Avec ses mots, Pierre dévoile le scénario presque classique des hommes maltraités par leur conjointe. Dans les nombreux témoignages recueillis sur L’EXPRESS.fr, le mariage et l’arrivée d’un enfant sont souvent l’élément déclencheur de la violence conjugale. C’est le schéma subi, aussi, par Fred. « Dès le lendemain de mon mariage, je découvrais l’ogre que j’avais épousé. »

« Pendant quatre ans, tout s’est passé au mieux dans notre couple. Mais à la naissance de notre fils, Achille, elle a commencé à m’insulter, se rappelle Olivier. Les agressions verbales devenaient récurrentes et sa logorrhée débutait dès 8h du matin et ce jusqu’à notre coucher. J’ai compris qu’il y avait un problème lorsque nous étions en Italie. Elle est rentrée en France me laissant seul avec mon enfant âgé d’un an », déplore l’homme, depuis divorcé.

Manipulatrice et sectaire

Avant les coups physiques, pleuvent les coups psychologiques. TelD se rappelle que son épouse a commencé par le « manipuler et le couper de sa famille et de ses amis ». Un an après le début de leur idylle, il était devenu « un zombie apeuré ». « Puis, elle m’a jeté de tout, raconte -t-il. Assiettes, plats – même pleins et chauds. Elle m’a baffé, à tel point qu’il m’est arrivé de fuir par la fenêtre de la cuisine! Pourquoi? Parce que si je réponds, les a priori sont contre moi. Mon ex fait 1,58m pour 52 kg. Moi 1,91m pour 110 kg. »

Le « scepticisme des juges »

S’il réplique, l’homme battu devient bourreau. S’il dénonce, il s’expose aux moqueries des policiers et des proches. Alors, souvent, il préfère se taire, et attendre. « Chaque fois que j’ai voulu évoquer ce genre de violences […] je n’ai rencontré que le mépris ou, au mieux, le silence », raconte Didier. Et la seule solution devient alors souvent la fuite. « J’ai fini par partir et demander le divorce. Heureusement, nous n’avions pas d’enfants », relativise Tel D.

Se taire pour garder les enfants

Pour Homme-Maltraité-01, s’échapper n’était pas envisageable. « Pourquoi je ne pars pas? J’attends que mes enfants grandissent. » « Quand il y a des enfants en jeu, les hommes violentés réagissent de la même manière que les femmes battues: protéger et avoir la garde de leur progéniture avant toute autre considération », analyse Lyo.

En France, les femmes sont surprotégées par la justice

Lyly_75 raconte fièrement le combat mené par son père violenté. « Ma mère cette folle, cherchait par tous les moyens à le déstabiliser pour que celui-ci finisse par la frapper. Coups de poing, jets d’objets divers, un jour elle a même saisi un couteau. Et jamais mon père n’a répliqué. » Au cœur de ces violences conjugales, la jeune femme se remémore le « bourrage de crâne » quotidien dont elle et ses sœurs étaient victimes. « Lors du divorce, je me souviens avoir entendu ma mère cracher au visage de mon père: ‘Si tu tentes quoi que ce soit, je forcerais tes filles à t’accuser de viol’. »

La peur de perdre ses enfants

Les hommes craignent, face au « scepticisme des juges », de ne pas obtenir la garde de leur enfant et de les laisser aux mains d’une épouse violente. C’est parole contre parole. « En France, les femmes sont surprotégées par la justice. Cela peut être un bien dans certains cas mais, dans d’autres, cela a un effet désastreux sur les hommes » qui ne se sentent pas soutenus, commente Esprit es-tu là.

Ne plus s’engager pour ne plus souffrir

Une fois le cap de la séparation ou du divorce franchi, reste la reconstruction. Les hommes battus confient qu’il est très difficile d’aimer de nouveau. « Je me suis remis avec une femme mais avec l’incertitude des lendemains: pas de mariage, pas de Pacs ni d’enfants. On vit ainsi: heureux ‘a minima' », constate Pierre. « La vie est bien faite, nuance Fred. J’ai rencontré quelqu’un ayant vécu la même chose que moi (dans le sens inverse) et qui comprend mes peurs et mes angoisses comme je comprends les siennes. »

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