Un gay donne son sperme à des lesbiennes. Séparée, la mère le poursuit pour une pension alimentaire 13 ans après

L’analyse matricienne : La reconnaissance de paternité est le noeud de tous les conflits sociétaux. Les hommes comme les femmes se plaignent que la reconnaissance de paternité soit ou obligatoire, ou non appliquée. Légalement, la reconnaissance de paternité est absolument obligatoire, même si le père ne le veut pas, et même si la mère ne le veut pas. Dans un sens comme dans l’autre, le père comme la mère peuvent imposer une paternité non désirée. Par contre, aujourd’hui, seules les femmes ont le droit de se refuser une maternité non désirée, et ce que la plupart voudraient, c’est que le père reconnaisse l’enfant, exactement quand elles le veulent. 

Par  | Yahoo.fr mar. 30 oct. 2012

REVUE DE PRESSE. Le «Guardian» rapporte l’histoire de Mark Langridge, qui avait voulu aider un couple de lesbiennes en donnant son sperme. Aujourd’hui, il doit payer une pension, alors que la seconde maman n’est obligée à rien.

La garantie morale de ne pas être père

L’histoire rapportée par le Guardian est un peu ubuesque. Il avait accepté de donner son sperme pour qu’un couple de lesbiennes ait deux enfants. Aujourd’hui, il se retrouve obligé de verser une pension alimentaire. Mark Langridge, en couple avec son partenaire depuis 16 ans, avait pourtant obtenu la garantie de ne pas être impliqué financièrement dans la vie des enfants. Selon The Guardian, il avait reçu plusieurs fois l’assurance que la situation des deux mamans était assez bonne pour pouvoir soutenir les deux enfants. Il les avait rencontrées en soirée, peu de temps auparavant.

Après la séparation du couple lesbien, le géniteur trinque

Mais voilà, les deux femmes se sont séparées et comme la mère non biologique n’a pas adopté les enfants et qu’elles n’étaient pas en partenariat civil, la Child Support Agency (CSA) s’est tournée vers le père quand la mère biologique a demandé à recevoir une pension. La seconde mère, elle, continuerait à vivre près des enfants et à entretenir une relation avec eux mais elle n’a pas été sollicitée. «C’est absurde qu’on me court après alors que l’autre mère ne contribue en rien».

Un contrat moral qui ne vaut rien

Le contrat moral que Mark Langridge a passé avec le couple n’a aucune valeur selon la loi. Le père biologique n’est protégé que si le don de sperme a été fait à travers une banque ou dans une institution. Ici, l’insémination aurait été faite au domicile des deux femmes. Il faut dire qu’en 1998 et en 2000, les années de naissances des deux enfants, seules les femmes avec un partenaire masculin pouvaient être inséminées dans une clinique. Rien n’y fait, «les deux parents biologiques sont responsables financièrement, que leurs noms soient inscrits sur le certificat de naissance ou non», explique la CSA. Le nom de Mark Langridge n’est effectivement sur aucun des certificats. De plus, les mères auraient coupé le contact avec lui en 2004, et à aucun moment il n’aurait été impliqué dans l’éducation des enfants.

 »Donner du sperme nous semblait une très gentille chose à faire »

En juin, il aurait finalement reçu une lettre du service. «J’ai informé le CSA de la situation, mais c’est tombé dans l’oreille d’un sourd», regrette-t-il. Les 32 euros par semaine qu’il devrait payer paraissent dérisoire. Mais enchaînant les petits boulots, Mark Langridge assure qu’il ne peut pas payer. Il n’est pas le seul père biologique dans cette situation. Il demande aujourd’hui à ce que la loi de 2009 sur l’insémination artificielle soit rétroactive et ouverte à tous les types d’inséminations.

« Shaun et moi ne voulions pas d’enfant à nous, explique-t-il au Daily Mail, mais donner du sperme nous semblait une très gentille chose à faire. (…) Je ne l’ai fait que par bonté de cœur et aujourd’hui, on me fait payer pour ça. »

La compagne de la mère n’a aucune responsabilité

Ce qui choque l’homme plus que tout est que la seconde mère des fillettes n’a aucune obligation légale de contribuer financièrement auprès des filles qu’elle a élevées, bien qu’elle ait abandonné son ex avec les deux enfants, ce qui ne fait selon lui qu’accentuer l’urgence de moderniser les lois parentales.

Une discrimination des hommes

« Bien entendu, affirme Mark au Guardian, si j’avais su à l’époque que les choses se dérouleraient ainsi, je n’aurais jamais donné mon sperme. Je voulais seulement aider une femme dans le besoin(…). Notre seul crime a été d’accepter d’aider quelqu’un. Je trouve absurde qu’on me poursuive pour cet argent alors que l’autre mère des petites ne fait aucune contribution. Comment cela peut-il être légal en Angleterre où nous sommes censés prôner l’égalité? »

Des lacunes juridiques obsolètes

Si Mark a songé à demander une modification à la loi, il lui en coûterait plus de 100 000$ en frais d’avocats qu’il ne peut se permettre. II espère donc que le gouvernement modifiera la loi. De quoi faire très peur à tout homme ayant fait don de sperme sans signer de document légal! Bien que ce recours de la part de la mère qu’on vient d’abandonner avec deux enfants soit compréhensible, cette histoire met en lumière de sérieuses lacunes dans les lois régissant ce genre d’arrangements et un sérieux besoin de les ajuster à la réalité des familles modernes.

Un donneur de sperme amené à payer une pension alimentaire ?

En Allemagne, un couple de mères lesbiennes réclame à leur donneur de sperme une pension alimentaire pour leur enfant âgé bientôt de quatre ans.

Un donneur de sperme amené à payer une pension alimentaire ?

Alors que l’anonymat des donneurs de sperme a récemment créé le débat en France, l’Allemagne est confrontée à une tout autre polémique :  il pourrait bientôt être possible de réclamer une pension alimentaire à un papa biologique.

Un contrat moral qui ne vaut rien

L’histoire commence il y a cinq ans lorsque Klaus Schröder, un enseignant allemand de 52 ans, décide d’aider un couple de lesbiennes à avoir un enfant. A l’époque, les deux femmes s’engagent à ne rien réclamer au donneur.

Quand le père s’attache

Mais l’histoire se complique vite et le papa biologique devient un membre de la famille à part entière. Il voit son fils, David, environ une fois par mois et paye même les frais de baptême. Les deux femmes décident alors de réclamer une pension alimentaire au papa biologique. Surprise pour l’homme qui pensait ne rien devoir payer :  il apprend que la loi est du côté des deux jeunes femmes. En effet, selon la législation en vigueur, si un lien de parenté est clairement établi entre un père et son fils, le papa doit subvenir aux besoins de l’enfant. Seule exception possible : que le second parent adopte le petit.

Vers une avalanche de demandes de pensions

Afin de se protéger, Klaus Schröder a décidé de contester sa paternité. Et si cette dernière est officiellement reconnue, il affirme qu’il ira alors en justice pour faire jurisprudence. L’Etat allemand autorise les banques de sperme à dévoiler l’identité des donneurs dans certains cas. Si les mamans obtiennent gain de cause, d’autres demandes de pension alimentaire feront probablement suite.

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