Le bonheur conjugal (livre) : Ben Jelloun sonde la crise du couple – « Le mariage est l’illusion absolue que vivent des millions de gens »

Publié le 09/11/2012 sur La Dépêche

Tahar Ben Jelloun est l’invité d’honneur du salon «Vivons livres !» samedi et dimanche à Toulouse. Il sera également vendredi soir à Muret avec le Prix du jeune écrivain.

La haine féminine de la jalousie

Tahar Ben Jelloun, le plus connu des écrivains marocains./ Photo DDM, Thierry Bordas ()Double actualité pour Tahar Ben Jelloun. Le romancier figure sur les listes des meilleures ventes avec «Le bonheur conjugal», évocation saignante des relations de couple. Un peintre frappé par un accident vasculaire cérébral se remémore combien son histoire d’amour a déraillé dans la guerre ouverte face à une femme terriblement haineuse (quand lui la trompait allègrement). Sombre tableau.

Interview

Tahar Ben Jelloun est aussi l’invité d’honneur du salon «Vivons livres !», organisé par le Centre régional des lettres, les 10 et 11 novembre, au centre de congrès Pierre-Baudis.

Le titre de votre livre est particulièrement ironique…

  • Il correspond parfaitement au récit. Le mariage est l’illusion absolue que vivent des millions de gens. Mon livre pourrait être utile à ceux qui s’engagent dans la vie matrimoniale. Il leur permettrait d’éviter les illusions et de faire l’apprentissage du vivre ensemble.

Pourquoi votre couple connaît-il si vite l’échec ?

  • A cause du choc des cultures, qui existe aussi dans le foyer conjugal. Dans un couple, tout démarre par le sentiment amoureux. Mais il s’épuise et on se retrouve face à la réalité avec une brutalité insoupçonnée.

Le cinéma joue un rôle important dans votre roman. Vous avez placé des extraits de dialogues de films dans chaque début de chapitre…

  • Je suis un cinéphile passionné depuis l’enfance. A 15 ans, je dirigeais le ciné-club de Tanger. Le cinéma m’accompagne quotidiennement et je me suis amusé à l’intégrer dans le livre. C’est devenu un jeu de citer Guitry, Lang ou Bergman.

Bergman qui est une référence logique dans une histoire de couple…

  • Il a passé sa vie à parler de cela, dans «Les Fraises sauvages», «Persona» et bien sûr «Scènes de la vie conjugale». J’ai découvert son cinéma quand j’avais 14 ans. J’ai tout de suite ressenti une grande complicité.

Vous venez au salon «Vivons livres !» comme invité d’honneur…

  • Le terme est un peu pompeux. J’aurais plaisir à mieux faire connaître la littérature de mon pays puisque le Maroc est le pays invité. Et je retrouverai Marc Sebbah, le créateur du Prix du jeune écrivain de Muret. Nous nous connaissons depuis 30 ans. Nous avons découvert ensemble beaucoup d’auteurs comme Marie Darrieussecq.

Comment va la littérature marocaine ?

  • Je connais mal celle qui est écrite et publiée en arabe. Mais la littérature francophone existe bien. Le salon sera l’occasion de se pencher sur elle, de voir jusqu’où elle va. Une chose est sûre, elle est axée sur les problèmes sociaux et beaucoup de femmes écrivent. La société marocaine n’est pas figée, elle est en pleine évolution.

Tahar Ben Jelloun et Atiq Rahimi, vendredi 9 novembre à 20h30 au Théâtre municipal de Muret. Entrée libre. Salon «Vivons livres !» samedi 10 et dimanche 11 novembre au centre des congrès Pierre-Baudis. Entrée libre.

«Le Bonheur conjugal» (Gallimard, 364 pages, 21 €).

Propos recueillis par Jean-Marc Le Scouarnec

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