Un gynécologue égyptien invite à légaliser l’excision en Occident – Consacrer l’impuissance sexuelle et la soumission des femmes

Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité. Toute sexualité hors mariage peut engendrer des enfants sans père, illégitimes, et doit donc être interdite. Lire Origine de la circoncision, de l’excision et des sacrifices d’enfants : culte du sang et changement de filiation

Selon le Dr Kandil, il n’y a pas de preuve de la nocivité de l’excision pour les femmes

Le 05/11/2012 sur Poste de Veille

Le Dr Mohamed Kandil est professeur d’obstétrique et de gynécologie à la Faculté de médecine de l’Université Menofyia en Égypte, et il est membre du Comité de rédaction de l’International Journal of Collaborative Research on Internal Medicine & Public Health (journal international sur la recherche collaborative en médecine interne et santé publique). Il a publié sur le site F1000 Research un résumé des résultats de sa recherche sur l’excision.
Excision=f1000Cet article a pour but unique de décriminaliser l’excision dans les pays occidentaux.

Voici les conclusions du Dr Kandil (traduction par PdV) : «Les législateurs du monde entier sont invités à réviser les lois concernant l’excision des filles. Les parents originaires de sociétés où l’excision est pratiquée et qui ont immigré dans les pays occidentaux, devraient être informés convenablement au sujet des éventuelles complications, mais ils devraient aussi être informés sur le fait que les données concernant ces complications ne sont pas tirées d’études randomisées et contrôlées. Ceux qui insistent pour exciser leurs filles devraient être autorisés de le faire, mais ils devraient être conseillés à ne pas dépasser l’excision de type 1. [enlever le prépuce du clitoris]»

Commentaire de Poste de veille (avec l’aide d’un expert)

Des études statistiques scientifiques impensables

Excision-hopital » Quand l’auteur parle «d’études randomisées et contrôlées  », il nous rit en pleine face, pour la raison que de telles études sont impensables dans un tel contexte. Pour les réaliser il faudrait recruter deux groupes, chacun composé d’un nombre à peu près identique de sujets. Pour les besoins de la cause on peut avancer le chiffre de dix mille personnes dans chaque groupe. Le premier groupe sera formé de petites filles excisées et le second de non excisées (groupe contrôle). Les deux groupes devront être similaires ou presque en termes d’âge, d’éducation, de religion, de milieu, de culture, de statut économique et social et de condition de santé.

Un suivi à long terme impossible

Les conséquences immédiates et tardives de l’excision devront être colligées méthodiquement, ce qui implique que les deux groupes devront être évalués et suivis durant des années (une vingtaine au moins), soit jusqu’après le mariage des filles, leurs grossesses et leurs accouchements. Il faut donc s’assurer du consentement des sujets. Celui de leur parent suffira au début, mais parvenues à l’âge adulte ces filles devront renouveler le consentement de leurs parents et quand elles se marieront le consentement du conjoint devra également être obtenu. Le fait est que sans consentement aucune étude ne peut être menée. Or il est difficile d’obtenir le consentement des gens surtout que le sujet est d’ordre intime et qu’il implique des questionnaires exhaustifs tant sur le plan physique que psychologique.

Des questions intimes très gênantes

Rapporter dans les détails les orgasmes ou les douleurs lors de l’acte sexuel ou bien la déception et la frustration, n’est pas facile, surtout que les questionnaires dans de tels cas sont pointus, très élaborés et répétitifs. De plus, lors des grossesses et des accouchements les dossiers médicaux devront être examinés pour y colliger les éventuels problèmes ou complications. On peut imaginer l’ampleur des moyens consacrés à cette étude, des dizaines de professionnels, médecins, infirmières, intervenants sociaux, psychologues, éthiciens, statisticiens, experts légaux, archivistes, sans compter les centaines de millions de dollars qui devraient être dépensés pour mener à bien ces travaux, lesquels s’étendront sur au moins vingt ans sinon davantage. En d’autres termes une telle étude est irréaliste et elle n’est pas justifiée déontologiquement en vue des preuves accablantes de la nocivité de l’excision.

L’ablation totale du clitoris pour supprimer tout plaisir

L’auteur est franchement malhonnête quand il dit que l’excision devrait être du type 1, celle qui se contente d’enlever le prépuce du clitoris, car ce type d’excision n’est pas celui que les gens exigent. Ceux qui font exciser leurs filles demandent qu’on leur coupe le clitoris au complet. Enlever le prépuce du clitoris n’a pas le même sens qu’enlever le prépuce du pénis. Les juifs et à leur suite les musulmans exercent la circoncision des garçons pour des raisons religieuses, c’est l’équivalent du baptême, le garçon est alors admis parmi les fidèles. Les filles elles, n’ont pas besoin de cette intervention pour être admises comme fidèles. L’excision du clitoris n’est pas un rite religieux, le but de cette mutilation est expliqué plus bas. L’auteur cherche donc à « dorer et à faire passer la pilule » :  il parle d’excision de type 1, alors que celle qui sera pratiquée sera du type 2 ou 3 aux conséquences autrement plus graves.

Conditions d’hygiène déplorables et bouchers sans anesthésie

Dans les pays pauvres, les gens n’ont pas les moyens de payer le chirurgien, l’anesthésiste et les frais de l’intervention en milieu hospitalier. L’excision se pratique et continuera de se pratiquer dans les pires conditions.

La source de nombreux problèmes

L’article minimise les conséquences immédiates de l’intervention chirurgicale si celle-ci est pratiquée en milieu hospitalier sous anesthésie en respectant les règles d’asepsie. Il la compare à d’autres interventions gynécologiques sans toutefois mentionner que les autres interventions visent à régler un problème réel de santé, tandis que l’excision, non seulement ne règle aucun problème, mais elle devient elle-même la source de nombreux problèmes dont certains sont immédiats et d’autres plus tardifs, mais qui affecteront la victime toute sa vie.

Il parle de trois types d’interventions:

  1. La première consiste à enlever le prépuce du clitoris (type 1), or cette intervention n’est jamais pratiquée car elle ne permet pas d’éliminer la zone érogène.
  2. C’est donc l’ablation partielle ou totale du clitoris (type 2) qui est pratiquée,
  3. ou celle du type 3 qui consiste à enlever le clitoris, les petites lèvres et à suturer le tout pour ne laisser qu’un petit orifice pour l’urine et le sang des menstruations.

Deux objectifs principaux sont assignés à ces mutilations:

  1. le premier est de réduire le risque d’expérience ou d’aventure sexuelle après la puberté,
  2. le second est d’ôter à la fille l’organe qui lui fait ressembler à un garçon, le clitoris étant en quelque sorte un pénis miniature.

Consacrer l’impuissance sexuelle et la soumission des femmes

L’excision n’est pas une coutume culturelle ou religieuse porteuse de valeur, elle poursuit plutôt un but précis, celui de consacrer l’impuissance sexuelle et la soumission des femmes. Celles qui ne sont pas excisées sont alors réputées être dévergondées ou à risque de l’être, elles sont sexuellement imprévisibles et dangereuses, elles sont menaçantes pour les hommes (père, frère, oncle, cousin, voisin, mari potentiel etc.) parce que le désir et le plaisir poussent à l’initiative, donc à l’action et à la liberté, voire à l’émancipation. Mais elles le sont également pour les femmes qui voient en elles des rivales potentielles, vu leur capacité de jouir et de donner davantage de satisfaction sexuelle aux hommes. En Égypte les mères font exciser leurs filles pour ne pas anéantir leurs chances de trouver un mari. Une fille non excisée éveille les soupçons, c’est une putain en puissance. Tout cela se résume dans la peur de la sexualité et de la puissance sexuelle féminines.

Gynécologues fanatiques, les chrétiens coptes pratiquent aussi

Les médecins égyptiens ont de tout temps combattu l’excision. Le gynécologue qui aurait osé la pratiquer ouvertement aurait été dénoncé comme un boucher et un charlatan. Et pourtant, les départements de gynécologie étaient truffés de musulmans fanatiques, c’était à la fin des années 60 et au début des années 70, à preuve les coptes étaient barrés de la gynécologie, un copte n’avait aucune chance d’accéder à la résidence en gynécologie et si par chance il y accédait, il était assuré de couler aux examens et de ne jamais obtenir son titre de spécialiste. Actuellement les gynécologues islamistes et même ceux qui ne le sont pas ou peu, ne se gênent pas pour offrir publiquement leur service à ceux qui veulent exciser leurs filles et qui en ont les moyens.

Au nom du respect des cultures locales

L’auteur de l’article n’a pas fait ce qu’on appelle une métanalyse des publications antérieures pour appuyer ses réfutations. Il se contente de mettre en doute les résultats des études antérieures et prétend par la suite qu’il s’agit de réfutations scientifiquement établies. À noter qu’au nom du respect des cultures locales, il critique le fait que l’Organisation mondiale de la santé plaide contre l’excision dans les pays africains, alléguant du même souffle que la preuve n’est pas faite que l’excision sous toutes ses formes comporte des risques pour la santé des femmes ! Or ces risques sont plus que réels et plus l’excision est mutilante, plus les risques sont importants. D’ailleurs cet éminent médecin se contredit puisqu’il insiste sur l’importance de se contenter de l’intervention relativement peu mutilante de type 1. S’il recommande de ne pas en couper davantage, c’est qu’il reconnait implicitement les graves conséquences des mutilations génitales. Mais cela ne l’empêche pas de les nier ou de soulever des doutes à leur sujet tout au long de l’article. Il s’agit là d’une attitude islamique typique tirée en droite ligne du coran : affirmer une chose et son contraire.

Viagra et cannabis pour faire jouir la femme excisée

Pour ce qui est de la jouissance sexuelle, l’excision est souvent responsable de douleur intense pendant le coït ; bien qu’elle n’enlève pas toute la source du plaisir, il est certain qu’elle en enlève une grande partie ; pas besoin d’études randomisées pour cela. La consommation généralisée de cannabis et plus récemment de viagra par les hommes musulmans est suffisante comme preuve. Les hommes fument le cannabis pour ses supposées vertus aphrodisiaques dont l’effet le plus apprécié est de prolonger l’érection, car les femmes reprochent à leurs maris de jouir trop vite et de les laisser insatisfaites. Ce n’est pas qu’elles ne ressentent pas de plaisir, c’est que l’absence de clitoris les empêche de parvenir à l’orgasme.

Un média ‘scientifique’ douteux

Enfin le média « scientifique » dans lequel cet éminente « étude » est publiée est sujet à caution. Média « alternatif » ouvert à tous et qui « défie » les revues scientifiques reconnues en établissant de « nouveaux standards », il accepte les articles peu susceptibles d’être publiés dans les revues reconnues. Les articles sont publiés immédiatement après leur « examen interne » (par qui ou quel comité de lecture ? Aucune indication n’est mentionnée). Ce n’est qu’après sa publication que l’article est révisé « rapidement » par des « pairs ». Il suffit donc que deux ou trois personnes « approuvent » l’article pour qu’il soit jugé avoir été examiné par des pairs (peer review) et catalogué (subito presto). Un article n’est pas catalogué s’il ne reçoit que des commentaires négatifs. S’il est très mauvais mais bénéficie de quelques avis complaisants, il est malgré tout maintenu ! Il y a des frais substantiels pour la publication des articles, mais qu’on se rassure l’Arabie Saoudite est pleine aux as et bientôt on publiera à grand renfort de publicité les « vérités scientifiques » du coran tels qu’elles sont « admises » par les « savants » les plus célèbres !

La reconstruction chirurgicale du clitoris

Source : Exciser la souffrance, Libération, 4 novembre 2012

En France, entre 55.000 et 60.000 femmes sont excisées. La reconstruction chirurgicale du clitoris est une réponse au traumatisme de l’excision. Mais pas la seule. Reportage dans la nouvelle unité de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, près de Paris.

La clitoridoplastie

Excisionfn0[   ] L’idée de cette structure d’accueil est venue, au début des années 2000, du Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (Gams), une association qui accompagne des femmes victimes de mutilations sexuelles -comme l’excision – ou de mariage forcé. A cette époque, l’urologue Pierre Foldès (1) commençait à effectuer des opérations de réparation chirurgicale auprès de femmes excisées, à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye. C’est lui qui a inventé en 2001 cette opération appelée «clitoridoplastie», pour laquelle il est mondialement reconnu et qui s’est diffusée peu à peu en France (une quinzaine d’hôpitaux et de cliniques la pratiquent) ainsi qu’en Afrique. C’est également lui qui a formé la gynécologue Emmanuelle Antonetti-Ndiaye. [   ]

Une approche pluridisciplinaire

L’unité née à Rothschild, première à donner une réponse non exclusivement chirurgicale, a essaimé dans une dizaine de villes françaises, dont Strasbourg, Rouen, Lyon, Marseille et Angers. Quant au Dr Foldès, il prépare l’ouverture, dans quelques mois, d’un centre d’accueil pour les femmes victimes de violences (du harcèlement au viol en passant par l’excision) qui aura également une approche pluridisciplinaire.

L’immigration de l’excision

En France, bien que l’excision régresse depuis le début des années 80, on estime qu’entre 55 000 et 60 000 femmes en sont victimes. Il s’agit surtout de migrantes et de leurs filles. D’après l’enquête Excision et Handicap publiée en 2009 – la plus complète en la matière -, quatre femmes excisées sur dix ont subi une mutilation sur le sol français. Les autres l’ont vécu dans leur pays d’origine. Cette pratique est surtout répandue en Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso, en Guinée, et en Afrique de l’Est, surtout en Égypte, en Éthiopie et au Soudan. Même si elle recule, lentement, on compte entre 130 et 140 millions de femmes excisées dans le monde. Une situation que l’Unicef dénonce comme une violation des droits humains fondamentaux.

20 ans de réclusion criminelle

La loi française prohibe cette pratique : le code pénal sanctionne d’une peine allant jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle les «violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente». Le 1er juin, un couple de Guinéens a d’ailleurs été condamné par la cour d’assises de la Nièvre à la prison ferme pour l’excision de leurs quatre filles. La loi française s’applique aussi lorsque la mutilation a été commise à l’étranger, mais la procédure judiciaire est lente et aboutit trop souvent à un classement sans suite. [   ]

Publicités