Les saoudiennes pistées par SMS pour surveiller leur chasteté

Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité, pilier du patriarcat. Toute sexualité hors mariage peut engendrer des enfants sans père, ou des bâtards illégitimes. Elle doit donc être durement réprimée. Tous les moyens sont légitimes pour la prévenir.

Grande avancée scientifique: les Saoudiennes pistées électroniquement

Eric Azan | le 21.11.2012 sur Fait Religieux

Un rêve qui deviendra bientôt réalité : une puce pour savoir à tout moment où se trouve sa femme.

Un rêve qui deviendra bientôt réalité : une puce pour savoir à tout moment où se trouve sa femme.

Prévenir la famille dès qu’elle quitte le royaume

On n’arrête pas le progrès. Vous connaissez le bracelet électronique pour pister les délinquants, sexuels notamment. Eh bien, d’ingénieux Saoudiens ont eu l’idée d’adapter le principe pour leurs femmes. C’est vrai, ça, la moukère qui se fait la malle sans que l’on s’en aperçoive à temps, c’est la honte. Eh bien, finie la honte ! Les Saoudiennes sont désormais soumises à une nouvelle mesure de contrôle avec un système électronique mis en place par les autorités avertissant leur famille dès qu’elles quittent le royaume.

Sous tutelle d’un « gardien »

Les Saoudiennes n’ont pas le droit de quitter le royaume sans une autorisation de leur « gardien » (père, époux, frère, tuteur, voire son propre fils pour une veuve ou une divorcée), et doivent produire à l’aéroport ou aux frontières du royaume une « feuille jaune » signée par ce dernier servant d’autorisation de voyager.

Ô miracle de la technologie ! Depuis la semaine dernière, le « gardien » de la femme saoudienne  reçoit sur son téléphone un message SMS l’informant que la femme placée sous sa garde légale a franchi les frontières du royaume, même si elle voyage en sa compagnie.

C’est la militante Manal al-Chérif, icône de la campagne pour obtenir le droit des femmes à conduire qui a relayé l’information sur Twitter, après avoir été alertée par un couple. L’époux, qui voyageait pourtant en compagnie de sa femme, a reçu un message par SMS des services de l’émigration, l’informant que son épouse « a quitté l’aéroport international de Ryad ».

A quand le puçage des femmes ?

Cette nouvelle décision a été violemment dénoncée toujours sur Twitter, rare bulle de liberté dans le royaume. « Qu’ils nous passent les menottes, tant qu’ils y sont », affirme une femme. « Il ne reste plus qu’à équiper nos femmes d’une puce électronique, pour qu’on puisse suivre tous leurs déplacements! », ironise un homme.

« C’est la technologie au service d’une mentalité arriérée. Ils veulent garder les femmes prisonnières », commente son côté la romancière et éditorialiste Badriya al-Bichr, qui a dénoncé dans ses romans l’état de servitude des Saoudiennes, estimant que « le gouvernement ferait mieux de s’occuper des femmes soumises à la violence familiale ».

Le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire

Le royaume applique une interprétation rigoriste de l’islam et il s’agit du seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire. Des militantes avaient lancé en juin 2011 une campagne pour braver cette interdiction, et avaient adressé une pétition au roi, mais sans obtenir gain de cause. Outre les restrictions sur leurs déplacements, les femmes sont obligées de sortir voilées, qu’elles soient Saoudiennes ou étrangères. L’interdiction de la mixité rend en outre difficile l’accès des femmes à plusieurs métiers et cette situation fait que le taux de chômage dépasse les 30% parmi les Saoudiennes selon une étude officielle, alors que le royaume fait appel à quelque huit millions de travailleurs étrangers.

Le paradis sexuel d’Allah

Et ça continue après la mort, voyez-vous. Vous savez tous qu’après leur décès, « les dévoués serviteurs d’Allah seront honorés dans les Jardins du Délice sur des lits se faisant face. On leur fera circuler des coupes d’une boisson limpide, claire, volupté pour les buveurs, ne contenant pas l’ivresse, inépuisable. Près d’eux seront des houris, vierges d’égale jeunesse [quarante en principe, faut ce qu’il faut], aux regards modestes, aux yeux grands et beaux, et qui seront comme des perles cachées.»

Pour les femmes, je ne sais pas. Mais il m’étonnerait que chaque bonne musulmane défunte soit entourée au paradis de quarante étalons vigoureux, d’égale jeunesse…

Post-scriptum: cinq Saoudiennes qui se trouvent aux États-Unis mais sont harcelées par leurs familles ont pu faire modifier leurs visas en remplaçant leur statut d’ « étudiantes » par celui de « victimes ». Elles sont désormais aidées financièrement par le gouvernement américain, nous apprend Al Arabiya.

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