Poutine : 3 enfants par femme pour une « Russie souveraine » – Le déclin démographique du patriarcat

« Si la nation n’est pas capable de se préserver et de se reproduire (…), alors on n’a même pas besoin d’un ennemi extérieur, car tout s’écroulera tout seul », telle est l’inquiétude de Poutine.

Le mariage d’amour est une utopie moderne responsable de la généralisation de la famille monoparentale matrilinéaire. La liberté des femmes et de la sexualité hors mariage sont fondamentalement incompatibles avec le couple, le mariage et la paternité. L’instauration de l’esclavage des femmes (patriarcat) n’avait qu’un seul et unique but, contrôler leur sexualité pour garantir la reconnaissance de paternité et le droit des pères. Sans ces mesures répressives, paternité et couples sont inéluctablement en voie d’extinction. Il va falloir faire un choix de civilisation : revenir sur le droit des femmes, ou envisager  de nouvelles structures familiales, sans père ni mari.

Lire Définition du Matriarcat : une société sans père ni mari, mais pas sans oncles

Poutine appelle les Russes à faire plus d'enfants pour sauver le pays du déclin

« La norme en Russie doit devenir une famille avec trois enfants », a déclaré Vladimir Poutine. (AFP/BULENT KILIC)

Afin d’enrayer le déclin démographique, le président russe encourage les femmes à avoir au moins trois enfants.

Faites plus d’enfants. C’est, en substance, le message adressé par le président russe Vladimir Poutine ce mercredi à ses compatriotes. « La norme en Russie doit devenir une famille avec trois enfants », a-t-il déclaré dans son adresse annuelle à la Nation, sous peine de voir le pays s’appauvrir et devenir incapable de « préserver son territoire ».

Travailler ou materner, faut-il choisir ?

Pour atteindre cet objectif, le président russe ne compte pas lésiner sur les moyens. « Il faut mettre en place des conditions favorables, tout d’abord pour les femmes, afin qu’elles n’aient pas peur que la naissance d’un deuxième et d’un troisième enfant ne mette un frein à leur carrière », a-t-il ajouté. Pour cela, il a précisé que les autorités russes examinaient les moyens d’encourager financièrement les familles choisissant d’avoir un troisième enfant, et comptaient régler rapidement la question des jardins d’enfants, qui manquent cruellement dans le pays.

Cinq millions d’habitants en moins depuis 1991

Selon Vladimir Poutine, les Russes doivent dès maintenant privilégier les familles nombreuses sous peine que la Russie ne devienne dans les années à venir « un pays pauvre, vieillissant et incapable de préserver son indépendance et même son territoire ». « Si la nation n’est pas capable de se préserver et de se reproduire (…), alors on n’a même pas besoin d’un ennemi extérieur, car tout s’écroulera tout seul », a-t-il averti. « Pour que la Russie soit souveraine et forte, nous devons être plus nombreux », a-t-il poursuivi.

La Russie, qui compte actuellement un peu plus de 143 millions d’habitants, a perdu plus de cinq millions d’habitants depuis la chute de l’URSS en 1991, et des études publiées ces dernières années ont prévu un déclin démographique important. Un rapport de l’agence de notation financière S&P, publié en février 2011, avait estimé que la Russie pourrait perdre encore 24 millions d’habitants d’ici à 2050.

Une politique nataliste efficace face à la concurrence de l’islam ?

La Russie entre deux mondes est un ouvrage de géopolitique d’Hélène Carrère d’Encausse publié en 2010 aux Éditions Fayard. Le défi démographique n’est pas correctement relevé selon l’auteure : pour elle, la politique nataliste de Poutine mise en place en 2006 ne suffira pas à renverser la tendance à la chute démographique malgré des signes encourageants.

L’auteure rappelle que les musulmans constituent 20 millions des habitants de la Russie, et reprend l’idée, déjà avancée 30 ans plus tôt par elle-même (notamment dans L’Empire éclaté), que la forte natalité des républiques musulmanes de Russie va donner un rôle de plus en plus majeur à ceux qui restent actuellement une minorité.

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