Se prostituer pour payer ses études : quand la solidarité familiale fait défaut

Le couple a toujours été un contrat économico-sexuel : sexe contre avantages matériels. La sécurité de la femme et de ses enfants dépend de la personne avec qui elle a des relations sexuelles. Le couple est structurellement vénal et proxénète. Sans structure familiale alternative, sans sexe, sans couple et sans père, les femmes sont donc contraintes à vendre leur corps pour garantir leur sécurité matérielle et celle de leurs enfants.

Ces jeunes qui se prostituent pour payer leurs études

Sur le Dauphiné le 10 octobre 2011

“Au début, c’est difficile, reconnaît une étudiante. Puis on se dit que ce n’est qu’un corps. De toute façon, je choisis les hommes et ce que je fais ou pas.”

“Au début, c’est difficile, reconnaît une étudiante. Puis on se dit que ce n’est qu’un corps. De toute façon, je choisis les hommes et ce que je fais ou pas.”

C’est plus rentable qu’un job étudiant… Alors Chloé, Morgane et Marie ont franchi le pas. Le banc de la fac la journée, le trottoir la nuit.

Elles sont étudiantes à Paris ou en province et, pour financer leurs études, ont choisi de se prostituer plutôt que d’avoir un emploi moins bien payé et plus contraignant. Un phénomène que tous les experts peinent à appréhender.

À l’heure où les syndicats étudiants soulignent le coût élevé des études, Chloé, 32 ans, confie : “C’est parce que j’ai commencé la prostitution, que j’ai pu reprendre mes études” dans le secteur médico-social.

Chloé “revendique” son choix et refuse d’être considérée comme une victime, tout comme cette étudiante de 24 ans, en master de lettres à Grenoble et “escort” depuis deux ans via un site internet. “Pour moins d’heures de travail, on gagne beaucoup plus. Ça s’accorde bien avec des études”, lâche-t-elle. Marie, étudiante de 25 ans en licence en province, s’est tournée vers la prostitution après avoir redoublé sa première année de fac, où elle avait un job étudiant.

“Mes parents font partie de la classe moyenne, je n’ai pas le droit aux bourses, ni au logement du Crous. Avec ce moyen, je peux réussir à étudier pour obtenir mes diplômes et construire mon avenir professionnel”, ajoute-t-elle.

“Au début, c’est difficile, reconnaît Marie. Puis on se dit que ce n’est qu’un corps. De toute façon, je choisis les hommes et ce que je fais ou pas”.

“Se prostituer sans contrainte (sans proxénète), c’est coucher avec une personne que l’on choisit mais qui paie. Physiquement, c’est moins difficile que les journées à rallonge où je courais entre jobs et cours”, fait valoir l’étudiante, qui dit gagner 2 000 à 3 000 € par mois.

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