Arabie saoudite: peine légère pour le viol et le meurtre de sa fille de 5 ans – la patria potesta du pater familias

LE DROIT GRÉCO-ROMAINLe « pater familias » (père de famille), dispose de la « patria potestas » (puissance paternelle). Il a droit de vie ou de mort sur toute sa maisonnée (épouse, enfants, esclaves…). Ils sont, selon la dure formule romaine,  »dans sa main, in manu ». Caton l’Ancien (homme d’état romain, 2e Siècle av-JC.) formule ainsi le code conjugal  : « Le mari est juge de la femme ; son pouvoir n’a pas de limites ; il peut ce qu’il veut. Si elle a commis quelque faute, il la punit ; si elle a bu du vin, il la condamne ; si elle a eu commerce avec un autre homme, il la tue. »

Lire Le patriarcat gréco-romain & histoire du droit des femmes

5 ans, violée par son père, le crâne fracassé et des côtes cassées

Par L’EXPRESS.fr, publié le 04/02/2013

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Un prédicateur a été condamné à verser une compensation financière à la mère de son enfant. Hospitalisée en décembre 2011 avec le crâne fracassé et des côtes cassées, la fillette a succombé à ses blessures.

Le prix du sang

Un prédicateur saoudien a été récemment condamné à une courte peine de prison et à verser une compensation financière pour le viol et le meurtre de sa fille de cinq ans, ont rapporté samedi dans un communiqué trois militantes saoudiennes des droits de l’Homme.

L’enfant appartient exclusivement au père

NDLR : L’autorité parentale conjointe est une utopie moderne qui ne date que de 1970 en France. Auparavant, seul le père avait des droits sur l’enfant conçu dans le mariage.

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Selon ces militantes, la petite Lama, hospitalisée le 25 décembre 2011 avec le crâne fracassé, des côtes cassées et des traces de brûlures, a succombé à ses blessures le 22 octobre dernier. La mère, qui était divorcée et n’avait pas pu voir sa fille dans les mois précédant l’hospitalisation, et une assistante sociale ont aussi évoqué des séquelles de viols particulièrement cruels, selon ces militantes. Le père qui participait régulièrement à des émissions de télévision sur les préceptes islamiques, a reconnu être l’auteur de ces atrocités.

Des doutes sur la virginité de son enfant de 5 ans

Fayhan al-Ghamdi, un prédicateur islamique régulièrement invité sur les plateaux des chaînes de télévision musulmanes, a avoué avoir utilisé des câbles électriques et un bâton pour infliger des sévices à sa fille, affirment les résistantes du groupe «Women to Drive» dans un communiqué.

Elles disent que le père avait des doutes sur la virginité de son enfant et l’avait fait examiner par un médecin. Randa Al-Kaleeb, une travailleuse sociale de l’hôpital où la fillette a été admise, a déclaré que le dos de l’enfant avait été brisé et qu’elle avait été violée «partout». La mère a indiqué avoir été informée par le personnel hospitalier que «le rectum de sa fille avait été déchiré et que le père avait tenté de le refermer en le brûlant ».

La patria potesta du pater familias

Un homme ne peut pas être condamné à mort pour le meurtre de son enfant ou de son épouse. Le 26 janvier, il a été condamné à verser une compensation financière à la mère, appelée « prix du sang » dans la jurisprudence saoudienne basée sur la charia (loi islamique), et à une peine de prison correspondant à la durée de sa détention préventive, selon les militantes.

L’exception de la peine de mort

En Arabie saoudite, qui procède chaque année à des dizaines d’exécutions, le viol et le meurtre sont passibles de la peine capitale, mais un homme ne peut pas être condamné à mort pour le meurtre de son enfant ou de son épouse, qui valent en général entre 5 et 12 ans de prison à leurs auteurs.

Éternelles mineures sous tutelle des hommes

Dans leur communiqué, les trois militantes saoudiennes ont dénoncé la mansuétude du jugement à l’égard du père, l’estimant révélatrice du statut des femmes en Arabie saoudite, où une interprétation rigoriste de l’islam les place sous le tutorat des hommes. Les Saoudiennes sont interdites de volant, doivent sortir couvertes et ne peuvent voyager à l’étranger qu’accompagnées d’un proche parent. La mixité reste interdite sur les lieux de travail et à l’école.

NDLR : Dans l’ancien dictionnaire de Furetière, à l’époque de Molière (17e siècle) 

MARI. subst. masc. Celui qui est joint à une femme par un contrat civil pour la procréation des enfants légitimes. Les femmes en France sont sous la tutelle perpétuelle du mari, ne peuvent faire aucun acte non autorisé par leur mari. Le mari est maître de la communauté. Le mari est obligé de donner un douaire à sa femme.

La femme est, elle, définie comme l’évolution de fille, et passe de la tutelle de son père à la tutelle de son mari. Cette définition tient à peu de choses près jusqu’au début du XXème siècle. A ceci près que l’amour vient progressivement devancer le mariage alors qu’il le suivait auparavant. On distingue le mari de l’époux, le premier étant le maître et le second l’être aimé.

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