Le Pays Basque lance sa monnaie locale alternative, l’eusko

Le pays Basque, ancienne société païenne matriarcale a lancé sa monnaie complémentaire, l’Eusko, pour faire face à la pénurie monétaire de la crise. Elle se développe au sein d’un réseau associatif de consommateurs et de producteurs, un Système d’Échange Local. Voilà ce qu’est la véritable rébellion, voilà l’exemple à suivre pour les peuples qui se veulent souverains. Le Projet Prométhée du Mouvement Matricien a aussi pour objectif d’intégrer dans sa Société Confédérale Segmentaire associative des SEL et monnaies locales de manière pyramidale, au sein des familles, clans, tribus et nations…

Le Pays Basque lance son eusko

Publié le 31 janvier 2013 sur 20 minutes

DEVISE – L’ association Euskal Moneta a mis jeudi en circulation une nouvelle monnaie «complémentaire basque, écologique et solidaire»

Si vous habitez à Bayonne, Espelette ou Saint-Jean-de-Luz, il vous est possible depuis jeudi de faire vos courses chez certains commerçants avec des coupures de 1,2,5,10 ou 20 eusko. «Au total 13 bureaux de change sont ouverts, 192 entreprises ont accepté d’adhérer à notre projet dans tout le Pays basque nord, et des dizaines d’autres nous ont contactées», explique Dante Edme-Sanjurjo, membre du comité de pilotage de l’eusko.

Viser l’ancrage local et toutes les économies

Pour constituer son réseau, Euskal Moneta n’a pas fait seulement appel à des commerces bio ou des acteurs de l’économie sociale. Contrairement à certaines monnaies locales très engagées comme l’Abeille de Villeneuve-sur Lot, la Muse dans la région d’Angers ou la Sol Violette de Toulouse, l’eusko mise avant tout sur l’ancrage local. «A l’exception de la grande distribution, on prend tous les candidats là où ils sont, ensuite nous leur proposons l’aide de nos bénévoles pour traduire leur menu ou leur affichage en basque ou pour trouver des fournisseurs locaux», explique Dante Edme-Sanjurjo.

>> Les monnaies locales, comment ça marche ?

En pratique seuls les adhérents de l’association pourront utiliser cette devise locale. Une adhésion conditionnée au paiement d’une cotisation de 5 à 20 euros pour les particuliers et de 60 à 240 euros pour les prestataires. Mais seuls les prestataires pourront reconvertir leurs euskos en euros, avec des frais de commission de 5 % du montant changé. «Cette commission a pour objectif d’inciter les prestataires à développer les débouchés locaux à leurs revenus en euskos, au lieu de les reconvertir en euros. Ce mécanisme renforce l’effet relocalisateur de l’eusko»,  explique l’association sur son site Internet.

Au total, 17 monnaies de ce type circuleraient en France et presque autant sont en projet.

Claire Planchard
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