Les « sauvages » amérindiens réapprennent l’amour de la patrie aux Français

Article 44 de la constitution Iroquoise :  » La descendance se fait par le lien maternel. Les femmes sont la source de la Nation, elles possèdent le pays et sa terre. Les hommes et les femmes sont d’un rang inférieur à celui des mères. « 

Publié le vendredi 30 juillet 2010 sur Egalité et Réconciliation

Danse avec la Loue

Les 26 et 27 juin 2010, dans la nature franc-comtoise proche de Besançon, se tenait à Ornans l’évènement « Danse avec la Loue », le 2e Pow Wow d’Europe. 50 représentants des peuples-nations amérindiennes rendent visite aux français pour présenter leurs danses traditionnelles, chants tribaux et rituels religieux, ainsi que des innovations culturelles (chorégraphies et musique blues) : Sénécas (Iroquois), Lakotas (Sioux), Dakota, Cheyenne, Hopis, Apaches, Navajo, Algonquins, Cri, Pawnee, Mayas et Aztèques… L’évènement est organisé par l’association Four Winds, soutenue par la municipalité, l’UNESCO, et le consulat états-uniens, et est relayé par France 3.

Baba-cool dreadeux et bikers identitaires

Les 15000 spectateurs sous la canicule allaient du baba-bobo à dreadlocks en costume afro-tibétain, au biker celtique-sudiste sur sa Harley grondante, en passant par le « wanna-be » grimé, plus peau-rouge que les peaux-rouges, ainsi qu’une majorité de monsieur tout-le-monde… Stands à souvenirs touristiques, un peu de charité bizness à repentance exotique… l’évènement garde malgré tout une ambiance de fête sacrée.

Identité indienne et mutations sociales

Des stands et conférences exposent les cultures, les projets et les difficultés sociales des premières nations américaines : débat sur l’identité indienne, les mutations sociales au sein des réserves, les projets sociaux, la destruction des forêts primaires, les prophéties Maya pour 2012, les médecines traditionnelles… Les conférenciers sont souvent des personnalités amérindiennes militantes des droits des peuples autochtones : chefs descendants de Sitting Bull ou Crazy Horse, avocats, étudiants à Genève dans les sciences de l’éducation, exilés politiques tels Boby Castillo de l’American Indian Movement (sympathisant de la cause Palestinienne)…

Ainsi, Paul Crane Tohlakai, responsable indien Navajo, nous explique la spoliation de leurs terres, le génocide culturel, la négation de leur identité, et le non respect des traités signés dont sont victimes les autochtones américains.

Hommage aux drapeaux et anciens combattants

La cérémonie d’entrée du Pow Wow commence. Au son des tambours et des chants, avancent à pas de danse martelés la procession de nos visiteurs. Ô surprise ! Parmi cette explosion de plumes multicolores, ces nations premières brandissent drapeaux sur drapeaux ! … américain, canadien, mexicain, la réserve Oglala de Pine Ridge (Lakota), et suisse (pays partenaire)… mais les français ont oublié d’apporter le leur. Heureusement que les amérindiens avaient invité à la procession sacrée deux anciens combattants français portant fièrement les étendards des vétérans, pour leur rendre hommage, parce que « c’est comme ça que nous montrons le respect » affirme le Navajo Paul Crane Tohlakai, maître de cérémonie de l’évènement. « On demandera en honneur aux drapeaux de vous lever et enlever vos chapeaux en signe de respect » enchaîne-t-il ! Les couleurs sont hissés en haut des mâts, mais notre drapeau tricolore manque toujours. Nos indiens exigent que nous allions en chercher un ! L’incident étant réglé, la journée continue. Le lendemain, grâce l’intransigeance des amérindiens, la cérémonie d’entrée ne manque cette fois-ci pas de drapeaux.

L’étonnement se lit sur le visage des spectateurs français. Ne sort-on pas les drapeaux uniquement pour la coupe du monde et le 14 juillet ? Tout ce flamboiement de nationalisme et de patriotisme a de quoi interloquer tous ceux qui rêvent d’un monde sans frontière et sans identité. Comment nos « bons sauvages » ayant tant souffert de l’extermination et de l’esclavage par les vilains blancs, peuvent-ils aimer leur patrie et arborer fièrement ces étendards ?

Les nations amérindiennes seraient-elles devenus fascistes ?

S’agirait-il d’un défilé du BBR ou de légions peaux-rouges de la Wehrmacht ? Malgré toutes les horreurs qui ont ensanglanté leurs relations avec les colons européens, malgré tous les génocides (comparables à ceux des deux guerres mondiales), par les conquistadors Cortés et Pizarro ou le général Custer, malgré les massacres (Wounded Knee – 1890), malgré les traités signés qui n’ont jamais été respectés (guerre des Black Hills, 1876-1877), malgré les escroqueries et la corruption par l’alcool, malgré avoir été parqués dans des réserves insalubres, sans terres fertiles, transformés en ghettos malfamés, désolés par l’alcoolisme, le chômage et la délinquance… malgré tout, ces authentiques américains aiment l’Amérique et ses drapeaux.

Ils incarnent eux aussi la gauche du travail (conscience de la classe ouvrière) et la droite des valeurs (morale, traditions, patriotisme). Ils nous montrent la voie de la réconciliation entre colons et colonisés. Ils sont un exemple pour nos français issus de nos anciennes colonies d’Afrique. Les amérindiens ont peut-être d’avantage souffert qu’eux ! Puissent-ils eux aussi demain être fier de brandir le drapeau de leur pays d’adoption !

Réenracinez-vous !

En raillant les « wanna-be », ces baba-bobo grimés, plus amérindiens que les amérindiens, certains natifs-américains nous confient en privé « nous vous montrons comment vous ré-enraciner : traditions, spiritualité, patriotisme… quand allez-vous donc revendiquer vos propres racines, vos racines tribales celtiques ?! ». Quelques indiens très enthousiastes achetaient à l’extérieur du Pow Wow des charcuteries et pâtisseries régionales. Gastronomie de nos terroirs, traditions ancestrales… voilà ce que ces touristes tribaux veulent goûter chez nous ! Au lieu de cela, ils n’ont pu que constater la honte-de-soi, cette névrose identitaire de la repentance, contaminant les français, réduisant notre drapeau tricolore révolutionnaire à un symbole des « heures les plus sombres de l’histoire », lors de cet événement qui fut hélas, un « échange » culturel à sens unique. Quand les amérindiens viennent visiter la France, c’est la France fière et authentique qu’ils aimeraient rencontrer !

L’enseignement des sauvages

Les amérindiens peuvent nous apporter de nombreux enseignements. La fierté identitaire, le sentiment farouche d’indépendance, le sacrifice dans la résistance, le respect spirituel d’une nature sauvage sacralisée… Durant la seconde guerre mondiale, les Navajo s’engagèrent pour crypter les transmissions militaires grâce à leur langue complexe. La constitution de la confédération Haudenosaunee des 6 nations Iroquoises a servi d’inspiration à la rédaction de la déclaration d’indépendance des USA, et de sa constitution, ainsi que pour les fondements de l’ONU. Le système de parenté Iroquois a été le sujet d’étude ethnologique puis l’inspiration des authentiques féministes du siècle dernier. Sachons donc à l’avenir entretenir de véritables échanges culturels et intellectuels avec ces peuples en voie de disparition.

Articles connexes à lire

Les peuples amérindiens d’Amérique du Nord étaient presque tous matriarcaux. Certaines tribus avaient adopté le système patrilinéaire qui était surtout le fait des tribus nomades des Grandes Plaines. Le système matrilinéaire était largement répandu chez les sédentaires de l’Est et de l’Ouest. L’époux habitait chez sa femme. Les femmes étaient les gardiennes des compétences sociales. Dans la mythologie, la femme aurait créé l’homme pour être son compagnon. Aux hommes revenait la responsabilité de maintenir en vie la tribu. Dans certaines tribus, le chef était désigné par la plus ancienne femme de la tribu; dans d’autres, certaines participaient aux conseils de guerre. Indépendamment de cela, les hommes dirigeaient les tribus, mais étaient subordonnés au droit de veto des femmes.

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