Femen Tunisie : Amina enfermée en asile psychiatrique par sa famille – les femmes sous tutelle

Jusque dans les années soixante, plus ou moins sous tutelle, les femmes pécheresses étaient bannies des sociétés chrétiennes : mères célibataires, tentatrices, fornicatrices, adultères, prostituées… que l’on enfermait au couvent ou dans des prisons pour femmes, ou bien que l’on déportait dans les colonies. Il en était de même des victimes de viol et d’inceste, coupables d’avoir séduit, entachant l’honneur de leur père (dot) et de leur mari (légitimité des enfants). Si le partenaire impliqué était une personne suffisamment influente, il était facile pour celle-ci de la faire passer pour folle, de l’enfermer à vie à l’asile, et de détruire sa dangereuse mémoire par les méthodes de l’époque (électrochocs, bains d’eau glacée, lobotomie, drogues…). Lire Inceste fantasmé (théorie de la séduction) : l’imposture de Freud pour cacher les vices de la bourgeoisie patriarcale

Amina, Femen tunisienne, internée de force par sa famille ?

Créé le 22-03-2013 à 10h37 – Mis à jour à 15h50 par Le Nouvel Observateur

La jeune femme, qui avait posé seins nus sur la Toile pour protester contre la situation des femmes en Tunisie, est portée disparue depuis quelques jours.

Amina, militante Femen menacée de mort en Tunisie, sur le plateau de l'émission "Labes". (Photo publiée sur le compte Facebook d'Amina)

Amina, militante Femen menacée de mort en Tunisie, sur le plateau de l’émission « Labes ». (Photo publiée sur le compte Facebook d’Amina)

Nous craignons pour sa vie

Qu’est-il arrivé à Amina ? Cette jeune Tunisienne de 19 ans qui a diffusé des photos d’elle seins nus pour lancer les Femen en Tunisie est injoignable depuis quelques jours, indique le mouvement sur sa page Facebook. « Nous craignons pour sa vie », s’inquiète l’organisation. Jeudi, la page des Femen en Tunisie sur laquelle les photos d’Amina ont été publiées avait été piratée.

Des menaces de mort : « pour nous tu n’es qu’une racaille, au diable la liberté de la femme »

Le 1er mars, la jeune femme avait créé sa propre page de soutien au mouvement ukrainien, « Femen Tunisian fanpage », déclenchant la colère de nombreux islamistes radicaux qui n’ont pas hésité à lui répondre par des menaces de mort. « Elle souhaitait lancer les Femen en Tunisie »explique la fondatrice du mouvement Inna Shevchenko dans « Libération ». Mais en utilisant Internet, Amina s’est exposée à toutes les critiques. « Rhabille-toi, tu es moche », « pour nous tu n’es qu’une racaille, au diable la liberté de la femme »pouvait-on notamment lire sur la page Tunisialeaks.

« Amina doit être flagellée »

Quelques jours avant de disparaître, Amina était passée sur un plateau de télévision pour expliquer son geste : « On n’enlève pas nos hauts pour des raisons sexuelles, nous les Femen, nous avons le courage de crier fort nos revendications pour libérer la femme », avait-elle déclaré.

A la place de la lapidation

Aujourd’hui, l’appel à la peine de mort lancé par Adel Almi, président de « l’Association Centriste de Sensibilisation et de Réforme » relayé dans les médias, fait craindre pour l’avenir de la jeune femme. « Amina doit être flagellée une centaine de fois sachant que, vu l’ampleur de son péché, la jeune fille mérite la lapidation à mort », a-t-il lancé.

Sans nouvelles de la Tunisienne, dont les comptes Facebook et Skype sont inactifs depuis trois jours, les Femen appellent leurs militantes à manifester leur soutien sur Twitter.

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