Maldives : la flagellation des adultères est un principe fondamental de l’islam (ministre)

Le mariage est le seul garant de la reconnaissance de paternité, pilier du patriarcat. Toute sexualité hors mariage doit être combattue par tous les moyens (ex : le voile). Bâtards et filles-mères doivent être bannis de la société, car source de matriarcat.

Source : Maldives won’t allow debates on anti-Islamic issues: Foreign Minister, Haveeru, 26 novembre 2011. Extrait traduit par Poste de veille

Les Maldives sont membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ce pays justifie la flagellation au nom de la religion. L’islam contrevient au droit international qui interdit les châtiments cruels, inhumains et dégradants ainsi que la torture. Les Maldives interdisent également la pratique de toute autre religion que l’islam sunnite.

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Le gouvernement ne permettra pas que des débats sur les principes fondamentaux de l’islam aient lieu aux Maldives, a déclaré aujourd’hui Ahmed Naseem, ministre des Affaires étrangères.

Les commentaires du ministre viennent deux jours après que Mme Navi Pillay, Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, ait appelé à un débat public aux Maldives sur la flagellation des femmes reconnues coupables de relations sexuelles extraconjugales.

«Qu’y a-t-il à discuter sur la flagellation ? Il n’y a pas matière à débat sur une règle claire de la religion islamique. Personne ne peut débattre avec allah, a dit le ministre Naseem. Notre ministère des Affaires étrangères ne permettra pas que cela se produise. Le gouvernement s’en remet aux recommandations du ministre des Affaires islamiques sur les questions religieuses. Les Maldives sont un pays 100 pour cent musulman».

Dans le cadre de sa visite de quatre jours aux Maldives, Mme Pillay a dit aux parlementaires jeudi que la flagellation des femmes reconnues coupables d’adultère est l’une des formes de violence contre les femmes parmi les plus inhumaines et dégradantes. Elle a également appelé les autorités maldiviennes à abroger la disposition «discriminatoire» de la constitution qui exige que chaque citoyen soit musulman.

Les commentaires de la responsable des droits humains de l’ONU ont suscité des manifestations dans la capitale Male, certains allant jusqu’à demander son arrestation. Vendredi, les manifestants ont encerclé le bâtiment de l’ONU, ils ont condamné les remarques de Mme Pillay et exigé des excuses de l’ONU et des parlementaires.

Visitez les Maldives sunnites, assistez à la flagellation publique de 150 femmes pour adultère

Source : 150 women face adultery flogging on Maldives, The Independent, 22 juillet 2009

Selon l’expert d’Amnesty cité dans cet article, la flagellation est une peine cruelle, inhumaine et dégradante interdite par le droit international.  Il s’agit d’une forme de torture et ceux qui la subissent souffrent de séquelles tant psychologiques que physiques pendant des années. Les Maldives n’appliquent pas la peine de mort et ne coupent pas la main des voleurs. Par contre, la flagellation y est pratiquée et la très grande majorité des victimes de cette barbarie  sont des femmes.

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Photo : Les Maldives, un paradis sur terre. La mer, le soleil, les palmiers… et la charia dans toute son horreur

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150 femmes font face à la flagellation pour adultère aux Maldives

Près de 150 femmes vivant aux Maldives seront flagellées sur la place publique après avoir été trouvées coupables par les tribunaux de ce pays musulman conservateur d’avoir eu des rapports sexuels hors mariage. Environ 50 hommes ont également été condamnés à cette peine.

Qui est le père ?

Plus tôt ce mois-ci, une femme de 18 ans reconnue coupable d’avoir eu des rapports sexuels avec deux hommes différents s’est évanouie après avoir reçu 100 coups de fouet. Comme l’adolescente était enceinte au moment du prononcé de la sentence, l’exécution du châtiment a été reportée après l’accouchement et le tribunal a déclaré que sa grossesse était une preuve de sa culpabilité. Par contre, les deux hommes ont été acquittés, l’un d’eux ayant échappé à toute punition après avoir simplement nié l’accusation.

Le chef de la Cour pénale du pays, le juge Abdulla Mohamed, a déclaré à Minivan News que la flagellation vise la dissuasion et n’est pas conçue pour causer des blessures, ajoutant que le bourreau n’a pas le droit de lever le bras plus haut que son épaule. « Le public doit savoir que cette femme ou cet homme a fait ces choses et il évitera de les faire», a-t-il dit. Quant à savoir pourquoi moins d’hommes que de femmes sont poursuivis, il a dit: «Un homme va disparaître après avoir causé ce problème alors que la femme aura peut-être des relations avec plusieurs hommes et ne saura pas qui est responsable. Ou bien l’homme nie tout.»

Mais Faiz Abbas,  le spécialiste d’Amnesty International aux Maldives, a qualifié la flagellation de « peine cruelle, inhumaine et dégradante interdite par le droit international des droits de l’homme. Cette pratique est humiliante et ceux qui la subissent souffrent pendant des années de séquelles tant psychologiques que physiques. [Il s’agit] d’une forme de torture ». Les dernières statistiques officielles dont dispose l’organisme datent de 2006 et montrent que 184 personnes ont été condamnées à la flagellation pour des relations sexuelles extra conjugales en vertu du code pénal qui comprend des éléments de la charia. Sur les 184 personnes, 146 étaient des femmes et dans la majorité des cas, la peine n’a pas encore été infligée.

Aux Maldives, une île-État composée de plus de 1200 atolls, la flagellation est devenue un enjeu politique après la flagellation de l’adolescence au début de ce mois à l’extérieur d’un édifice gouvernemental à Malé, la capitale. Des rapports disent que l’adolescente a eu besoin de soins hospitaliers après avoir été fouettée devant une foule d’hommes qui l’ont huée.

Il y a eu ensuite un certain nombre de manifestations en faveur de la flagellation et plusieurs articles publiés ont défendu cette pratique. Depuis que cette affaire a été publicisée, certaines personnes ont réclamé l’expulsion d’Ommidi Maryam, un journaliste britannique qui a rapporté l’incident dans le média local Minivan News. « Il est difficile de dire s’ils représentent un sentiment généralisé parce que les gens ont peur de parler», a dit Omidi. «Mais des gens m’ont appelé pour offrir leur soutien».

Dans leur premier scrutin libre tenu l’année dernière, les Maldives ont élu comme président Mohamed Nasheed, un ancien prisonnier d’opinion. Mais les militants disent que le président aux vues libérales ne se sent pas libre de parler parce qu’il dépend des alliés islamistes de sa coalition et que les opposants se servent du débat sur la charia comme levier politique.

Le Parti islamiste Adhaalath, qui est membre de la coalition gouvernementale, a nié avoir organisé ces manifestations.

Pourtant, certaines voix se sont exprimées. « Nous ne coupons pas la main de tous ceux qui volent et nous n’appliquons pas la peine de mort, alors pourquoi devons-nous maintenir ces pratiques inhumaines, en particulier lorsque les statistiques montrent que les victimes sont des femmes», a déclaré la députée Eva Abdulla.

Des rapports indiquent que ces dernières années, de nombreuses mosquées aux Maldives sont tombées sous l’influence d’imams étrangers conservateurs. Le précédent président, Maumoon Abdul Gayoom, le dirigeant dont le règne a été le plus long en Asie et qui s’était positionné comme le « défenseur de l’islam » au pays, a cherché à utiliser la religion pour amortir sa chute. Le gouvernement, à son tour, a dit que les formes les plus conservatrices de la religion ont pu se propager avec la levée des restrictions à la liberté d’expression.

Pour M. Nasheed, un ancien activiste politique qui a purgé six peines de prison, la controverse est une dure épreuve. Bien qu’il penche en faveur de la modernisation, il demeure tributaire de l’appui du Parti Adhaalath, un parti conservateur. Ce parti aurait une emprise sur le ministère des Affaires islamiques que M. Nasheed a créé l’année dernière, apparemment pour le récompenser de son appui.

Hier soir, le porte-parole du président, Mohamed Zuhair, a dit à The Independent que le gouvernement est voué au respect de ses obligations au titre des traités internationaux qui interdisent la torture. Il a ajouté: «Le président tient des réunions avec toutes les parties concernées pour tenter de régler cette question. »
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