Québec : « Pour les Afghans, les filles ne comptent pas » (père accusé d’avoir battu sa fille)

«Pourquoi Zeus nous oblige à passer par les femmes pour avoir des fils? […] Quel besoin a-t-on des femmes, quand l’esclave est là pour les travaux ménagers, et l’adolescent désirable pour les ébats amoureux ?» – Eschyle, poète antique grec

Source : Quand une fille ne vaut pas grand-chose, Michael Nguyen, Journal de Québec, 1 mars 2013

  Il vit au Québec depuis sept ans…

Crime-dhonneur-asiatique
Ceci n’est pas une image de Zakia

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Toujours sous tutelle pour surveiller sa virginité

Zakia est allée magasiner sans avertir son père, Afghan ­d’origine. Sa punition : une volée de coups de poing, de coups de bâton et des menaces avec un couteau, a-t-elle raconté aux ­policiers. La jeune femme de 18 ans a dû sauter du deuxième étage pour s’enfuir de son père, qui ne considère pas ses huit filles comme de vrais enfants. [   ]

La Patria Potesta du Pater Familias

Voilà une cause criminelle qui fait son chemin dans notre système judiciaire. Elle ne se déroule pas en Afghanistan, pays d’origine du père, mais bien à ­Montréal. L’histoire est d’autant plus troublante que la famille de la victime a choisi de prendre le parti du père. Ce dernier a d’ailleurs surpris un juge aguerri en déclarant avoir «trois enfants et huit filles». Pour lui, seuls les garçons sont considérés comme ses enfants.

Le cas de cette famille afghane, arrivée à Montréal il y a sept ans, n’est pas sans ­rappeler la triste affaire Shafia, où les trois filles et la première épouse de ­Mohammad Shafia ont été tuées par le mari, sa deuxième épouse et un de leur fils, à ­Kingston, en 2009. Car, à la suite du drame de Zakia ­l’automne dernier, le père a même dit ­vouloir tuer sa fille en donnant comme exemple «un homme qui a tué ses enfants», de mentionner le procureur de la ­Couronne lors de l’enquête sur remise en liberté de ­l’accusé. … L’homme est accusé de menaces et de voies de fait sur sa fille, mais il est aussi accusé d’avoir frappé sa femme. [   ]

«Je vis de l’argent du gouvernement»

L’homme, qui était livreur en ­Afghanistan, n’a d’ailleurs pas d’emploi au Québec. «Je vis de l’argent du gouvernement», avait-il déclaré en dari ­l’automne dernier, tandis que ses propos étaient traduits par une interprète. [   ]

Le juge, qui a qualifié la situation ­«d’extrêmement pénible», a longuement ­réfléchi avant de rendre une décision qui a finalement penché en faveur de ­l’accusé. Le père a donc été libéré en attendant la suite des procédures, mais il a dû ­verser un dépôt de 500 $, tandis qu’un de ses «trois enfants» et une de ses filles ont versé 1 000 $ chacun. Il ne pouvait pas s’approcher de sa fille et de sa femme, et avait même dû déménager, mais ces conditions ont été révoquées à la fin de ­janvier. L’accusé est donc retourné vivre au ­domicile familial.

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