Manifeste des filles de France (FN) : corrections historiques et anthropologiques

Bonjour,

Je viens de lire votre manifeste, et je tiens à apporter quelques corrections historiques.

 


Histoire du droit des femmes en France

Certes il faut défendre le droit des femmes, certes la France n’a jamais appliqué de juridiction aussi dure que la charia islamique à l’encontre des femmes, mais il serait faux de dire que la France est le pays qui a le plus défendu le droit des femmes. Il suffit pour cela de revoir l’histoire du droit familial français, et de nombreux faits de société.

Ex : le Code Napoléon de 1804 n’a rien à envier à la charia islamique.

Le Code Napoléon, charia catholique du patriarcat gréco-romain : histoire du droit des femmes

La charia catholique

Idem sous l’ancien régime, la Renaissance, ou dans la religion catholique : mise sous tutelle des femmes (incapacité juridique totale) chasteté, virginité, condamnation de la procréation hors mariage (condamnation des mères célibataires et des enfants conçus hors mariage), bordels de l’Eglise pour filles-mères, trafic des enfants bâtards, tours d’abandon, hospice-prison et couvents-refuges pour filles-mères, stérilisation forcée des filles-mères et retrait de leurs enfants à la naissance, mariage forcé à la chaîne des fillettes abandonnées… Mariage pédophile (12 ans) forcé / arrangé dans le seul but de donner des enfants légitimes au mari… Au Vatican, la majorité sexuelle est encore de 12 ans et l’âge du mariage de 14 ans. Elle était de 11 ans en 1832 en France.

Code Napoléon : « L’enfant à pour père le mari. Les noces désignent le père. L’enfant appartient au père et non à la mère, comme la pomme appartient au propriétaire du pommier et non au pommier. »

  • Ce n’est qu’en 1970 qu’on a accordé aux mères des droits sur leurs propres enfants.
  • Jusqu’en 1975, l’adultère est puni de 2 ans de prison pour la femme seulement.
  • A partir de 1965, les femmes peuvent enfin avoir leur propre compte en banque.
  • A partir de 1942, les femmes peuvent enfin gérer elles mêmes des biens immobiliers.

Pourquoi le patriarcat ?

Il faut déjà comprendre pourquoi la femme a été esclave par le passé, même en France (tutelle, contrôle total de sa sexualité, rapt de ses propres enfants) : pour la reconnaissance de paternité. C’est un fait anthropologique indéniable, nous y reviendrons : point de paternité sans « charia », qu’elle soit islamique, catholique, juive, hindouiste, ou papou…

L’âge d’or mythique médiéval

Vos références aux « moyen âge » ou « l’âge sombre » : il faut rappeler que de la chute de Rome jusqu’à la papauté d’Avignon, c’est une période plus mythologique qu’historique. Les archives sont rares et douteuses, et sont souvent des copiés collés de la société celtique pré-chrétienne, ou des faux écrits et inventés à la Renaissance. L’histoire recommence à devenir fiable à partir du 15e siècle seulement.

Le moyen âge a cela d’incohérent : toute société où le statut de la femme est élevé est systématiquement matrilinéaire (le nom et l’héritage passent de mère en fille, d’oncle à neveux maternels). Hors Clovis l’a aboli en ratifiant la loi salique, d’inspiration romaine, lorsqu’il s’est converti à l’Eglise romaine.

Même Jean Marie Le Pen le dit, et le dénonce.

Quand à l’amour courtois, il s’agit bien d’un amour chaste, car hors mariage, mais il ne faut pas se leurrer : si les rapports charnels avaient été possibles, ils l’auraient fait.

Mère ou putain ?

D’autre part, une femme au banquet n’est pas un signe d’estime de la femme. Chez les grecs et les romains, seules les putains y étaient admises. Les mères de famille étaient enfermées au gynécée. Jusqu’au 20e siècle en Europe, seules les putains étaient admises dans les tavernes.

Jeanne la féministe

Avant de finir au bûcher, le féminisme de Jeanne la Pucelle fut retenu dans le chef d’accusation de l’inquisition : port d’arme, monture à cheval, port de vêtements d’hommes (rappel : le port du pantalon a été légalisé en France en 2013 seulement, car outil d’émancipation), désertion de la maison familiale sans tuteur et sans consentement de son tuteur. On est plus très loin de l’Arabie Saoudite ! N’oublions pas que sa virginité a aussi été vérifiée, scellé de reconnaissance de paternité.

Matriote ?

Si la maternité était si valorisée en France ancienne, on ne dirait pas la Mère Patrie, mais la Mère MATRIE. Il est vrai que la parité et la répartition des tâches au foyer est une imposture, puisque la source du problème ne se trouve pas là, mais dans la structure de parenté : l’éternel problème de la reconnaissance de paternité (lire la juridiction française à ce sujet). Si la maternité avait été si valorisée, pourquoi interdire la filiation par la mère ? Et pourquoi condamner les mères célibataires ?

Définir le féminisme bobo

Ce féminisme est effectivement une imposture dans la mesure où il cache les vrais causes du patriarcat : la paternité. A l’opposé, on trouve le « féminisme socialiste » des compères de Marx (Engels, lafargue, Kollontaï) qui avaient prouvé le lien entre esclavage des femmes – mariage et paternité, pourtant formellement affirmé dans toutes les juridictions patriarcales : codes civils grecs, romains, catholique, juif…

L’histoire du viol

Le viol a toujours été une norme dans les sociétés patriarcales traditionnelles. Ce n’est qu’au début du 20e siècle que la loi française a reconnu le viol. Avant on parlait d’efforcement, et seuls le père et le mari étaient lesés : diminution de la dot, remise en cause de la paternité du mari… et seule la femme était fautive (tentatrice), et donc répudiée ou envoyée au couvent. Rien ne prouve qu’elle n’était pas consentante.

Par ailleurs, il existe un viol légal de toujours : le mariage traditionnel, qui a toujours été arrangé, ou forcé, avec son devoir conjugal qui de fait était un viol légal. Et c’est ainsi qu’est né le mariage : un viol, le rapt des femmes, par la guerre et la conquête. Se rappeler du viol des Sabines lors de la fondation de Rome, ou de l’usage du mariage par kidnapping, dont les traces sont encore vivaces dans le rituel du mariage catholique romain, et dans bien d’autres parties du monde.

Qui sont les violeurs ?

Les violeurs d’aujourd’hui sont comme vous le savez essentiellement des « islamo-racailles ». Pourquoi ? Parce que dans toute société / religion patriarcale, une femme qui couche hors mariage est une putain qui doit être traitée comme telle. L’honneur d’une femme est dans le mariage, et nul part ailleurs. Cela était aussi vrai dans la société catholique d’antan. Et c’est bien pour prévenir le viol (extrêmement courant à cette époque) et l’homosexualité (quand les femmes sont interdites hors mariage), que l’Eglise a favorisé, entretenu, et géré d’innombrables bordels, soupape de sécurité de l’institution « sacrée » du mariage.

Lien : A Paris, l’Eglise catholique exploitait 3000 bordels et 40 000 prostituées : mères célibataires, vierges violées, veuves ou répudiées

Ainsi, 13% des femmes étaient prostituées, essentiellement des femmes qui avaient eut le malheur de procréer hors mariage, et donc bannies par leur famille et leur village. A Paris, c’est 70 000 putains, ce qui ferait aujourd’hui 100 000, contre 2000 seulement aujourd’hui.

Peut-on condamner le viol ?

Condamner le viol est un épineux problème juridique. Pourquoi ? Parce qu’il n’y aura jamais la preuve absolue que la victime n’était pas consentante (chantage). Des traces de violence ? Il existe déjà une condamnation pour coups et blessures. Pédophilie ? Les relations entre mineurs et majeurs sexuels sont déjà condamnées. Condamner le viol revient toujours à la notion toute patriarcale de l’Honneur de la famille (vertu = virginité). Et c’est pour cela que dans toute société patriarcale traditionnelle, c’est la violée qui est coupable de séduction, et condamnée. Elle entâche l’honneur de la famille. Elle doit être tuée, bannie, enfermée au couvent, ou doit épouser son violeur.

Pute ou salope ?

La pute demande une rémunération pour ses prestations sexuelles. La salope est la fille facile et gratuite, elle aime le sexe gratuitement, pour l’amour du sexe seulement. Il y’aurait plus de salopes, il y aurait moins de putes. Respectons celles qui par le don gratuit de leur corps luttent activement contre la marchandisation du sexe. Le problème n’est pas le sexe mais sont tarif. Le sexe est toujours payant dans le patriarcat (mariage / bordel).

Jupes, chevelure et maquillage

Et oui, dans toute société patriarcale, islamique ou catholique, jupes courtes, chevelure ondoyante et maquillage sont réservées aux prostituées, aux courtisanes, aux hétaïres. Le corps des épouses/mères doivent être cachés, pour ne pas tenter à la fornication et à l’adultère, source d’enfants illégitimes. Le patriarcat catholique a disparu ? Il revient par le patriarcat islamique !

L’ensauvagement de notre pays ?

Sachez que les sauvages et les barbares ont souvent une bien plus haute estime des femmes. Le statut de la femme bantoue, celte, germaine… a toujours été bien supérieur à celui de la femme-esclave civilisée greco-romaine. « la barbarie empire » : non, l’empire et la barbarie sont bel et bien antinomiques.

Galanterie et respect des femmes

Cela a toujours été une marque de décadence aux yeux de l’église. Les gentilhommes sont galants et courtois auprès des courtisanes, c’est à dire les call-girl de l’ancien temps.

Femme objet et consommation de la femme

Aujourd’hui en 2013 on vend des femmes ? Non, on ne montre que des images de femme, parce que cela fait vendre. C’est juste du marketing, parce que le sexe a toujours été sera toujours le coeur de toute société, car source de vie.

Jusqu’aux années 50, il y avait 100 fois plus de prostitution qu’aujourd’hui. Vendre des femmes, c’est échanger des femmes contre de l’argent. Où peut on aujourd’hui acheter des femmes ? Il n’y a jamais eut aussi peu de prostitution qu’aujourd’hui. S’il y a bien une marchandisation des femmes, c’est le mariage traditionnel, toujours arrangé ou forcé, moyennant une dot, proportionnelle à la beauté, la jeunesse et le rang social de la promise. La sociologie du couple révèle aussi bien souvent une prostitution non dite, engendrée par les rapports de forces économiques.

Contre la « consommation sexuelle » ?

Il y a consommation sexuelle s’il y a rémunération contre sexe. Contre la sexualité ? Alors castrons les hommes et excisons les femmes. Contre la sexualité hors mariage ? Alors vive la charia ! Et réouvrons les maisons closes, mal nécessaire à la pérennité du mariage, selon les propres mots des Pères de l’Eglise.

L’image sacrée de la féminité ?

Parce que la société chrétienne d’antan sacralisait la féminité ?
Selon les textes de loi non : condamnation des bâtards et des filles mère, répression sexuelle violente contre la fornication et l’adultère (chasteté, virginité, fidélité)…

Oui mais il y a la Vierge Marie… seulement la vierge marie, son culte n’est pas d’origine chrétienne. Le nouvel empire romain catholique n’a fait que recycler et assimiler l’ancienne déesse-mère des païens récalcitrants : déesse Basque, Isis, Artémis…

Et la Vierge n’est pas vierge du nez, mais bien de son sexe. Quand elle a annoncé sa grossesse, elle a bien failli finir lapidée, car adultère. Le culte de la virginité est bien typique des sociétés patriarcales car fondées sur la reconnaissance de paternité et la filiation paternelle, au détriment de la mère.

Qu’est qu’une femme objet ?

Désirer une femme est-ce l’objetifier ? Condamner le désir n’est il pas la cause de l’esclavage des femmes, afin de contrôler leur sexualité, pour garantir la reconnaissance de paternité ? N’est ce pas pour prévenir le désir masculin qu’on a inventé la burka ? Le bizness du mariage, et les rapports de forces économiques au sein du couple n’est il pas une objetisation de la femme, qui désormais se prostitue de son propre gré en auto entrepreneuse ?

Cerner la vraie cause du problème

La structure de parenté est la vraie cause du problème. Et c’est dessus qu’il faut agir pour obtenir de vrais résultats, et ne pas sombrer dans un féminisme classique sans avenir.

Cordialement.

Frédéric Mariez.

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