Il pousse le mari de sa maîtresse dans un ravin. Le crime passionnel : une circonstance atténuante ?

En France, le crime passionnel est une des formes d’homicide les moins sévèrement punis.

« La violence qu’on se fait pour demeurer fidèle à ce qu’on aime ne vaut guère mieux qu’une infidélité.  » de François de La Rochefoucauld

Le mari tué par l’amant?

Le Matin, le 13.08.2013

Dans le val d’Anniviers (VS), la police a découvert des restes humains. Après identification, il s’agirait de ceux d’un homme que l’amant de sa femme aurait poussé dans un ravin. Selon un témoin, ce serait dans ce quartier de Sion que l’amant et sa maîtresse auraient été hébergés.

La police avait découvert des restes humains près de la chapelle des Pontis, dans le val d'Anniviers.

La police avait découvert des restes humains près de la chapelle des Pontis, dans le val d’Anniviers. 
Image: DR

Le cadavre dévoré par les bêtes

L’arme du crime? Un simple sentier pédestre pour faire disparaître le mari de sa maîtresse. C’est du moins ce que l’enquête ouverte par le Ministère public du Valais central devra éclaircir. Mardi passé, la police valaisanne a découvert des restes humains au pied des falaises qui se trouvent en dessous de la chapelle des Pontis, dans le val d’Anniviers (VS).

«Nous avons reçu des informations qui faisaient état de la présence éventuelle d’un corps au bas des falaises. Ce sont donc des agents de l’unité spéciale de la police cantonale valaisanne qui ont mené les recherches à cet endroit, ils ont dû descendre ces falaises en rappel. La semaine passée, ils ont découvert ce qu’il restait du corps», précise Jean-Marie Bornet, porte-parole de la police valaisanne. Selon nos informations, comme le meurtre remonterait au mois de juin, le corps a été dévoré par des bêtes.

Un crime passionnel : une circonstance atténuante ?

Il a donc fallu plusieurs jours pour retrouver l’identité de la victime. C’est d’ailleurs grâce à des analyses ADN que le cadavre a pu être identifié. Selon le communiqué de presse de la police, il s’agit d’un ressortissant suisse âgé de 39 ans qui résidait dans la région sierroise. Sans vouloir confirmer un crime passionnel, le Ministère public n’exclut pas qu’il s’agisse d’un meurtre. Pour l’instant deux personnes ont été appréhendées et placées en détention provisoire.

Selon nos informations, l’homicide de D. C.* remonterait au 7 juin 2013. La victime est un Suisse d’origine italienne, cuisinier de formation, établi à Sierre. Au dire d’un proche, il menait une vie compliquée: «Nous avons arrêté tout contact avec lui, car il nous créait toujours des problèmes. Cela fait des mois que nous ne l’avons pas revu et nous ne souhaitons plus rien avoir à faire avec lui.»

Cocu dès le mariage

Voilà quelques années que ce Sierrois s’était marié avec une jeune femme, qui durant leur mariage s’était entichée d’un autre homme. L’amant avait apparemment une situation instable. Jaloux, il n’aurait plus supporté la présence de D. C. et l’aurait donc poussé dans le ravin. «C’est un endroit très abrupt, où se trouvent d’importantes falaises», ajoute Jean-Marie Bornet.

Cachés pendant deux mois

Sans domicile fixe, l’amant et sa maîtresse auraient trouvé refuge chez une dame, où durant deux mois ils auraient réussi à se cacher. Selon un témoin: «Ils ont pu habiter deux mois dans un immeuble de Sion. C’est une dame qui les a hébergés. Et c’est à cet endroit qu’ils ont été appréhendés par la police.» La police n’a pour l’instant pas souhaité confirmer cette information ni donner davantage de détails quant aux deux personnes appréhendées. La victime n’avait plus beaucoup de proches dans la région, ses parents étaient décédés depuis plusieurs années, et l’homme n’avait plus de contacts avec les autres membres de sa famille. Pourquoi D. C. a-t-il accompagné sa femme et son amant à la chapelle des Pontis? Se méfiait-il de quelque chose? Etait-il déjà mort lorsqu’ils l’ont fait basculer dans le ravin? Autant de questions auxquelles l’instruction devra répondre.

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