Où les femmes ne peuvent travailler sans l’accord du mari, afin de contrôler leur chasteté

La chasteté dans le cadre du mariage est le seul moyen de garantir la reconnaissance de paternité et le droit des pères sur l’enfant. L’autonomie financière des femmes signifie aussi leur indépendance sexuelle, et donc, leur capacité à procréer sans père reconnu.

En France :

  • Code Napoléon de 1804 : Interdiction de travailler sans l’autorisation du mari, interdiction de toucher elle-même son salaire,
  • 1907 La femme mariée qui travaille a le droit de disposer de son salaire (mais pas de gérer ses autres biens)
  • 1942 Vichy – L’épouse peut gérer ses biens propres. Fin des interdictions concernant le travail des femmes mariées.
  • 1945 La notion de « salaire féminin » est supprimée. « À travail égal, salaire égal » s’inscrit dans la législation française. Plusieurs lois rappellent ce principe en 1972, 1983 et 2005, notamment.

Dans quinze pays, les femmes ne peuvent travailler sans l’accord de leur mari

Le Monde.fr avec AFP | 24.09.2013 à 18h33 • Mis à jour le 24.09.2013 à 19h05

En iran, la législation donne le droit aux hommes de s'opposer à ce que leurs femmes travaillent.

En Iran, la législation donne le droit aux hommes de s’opposer à ce que leurs femmes travaillent. | REUTERS/MORTEZA NIKOUBAZL

Dans pas moins de quinze pays, les femmes ne peuvent pas travailler sans avoir l’autorisation de leur mari, selon un rapport de la Banque mondiale, paru mardi 24 septembre. « De nombreuses sociétés ont accompli des progrès, s’engageant petit à petit à supprimer les formes tenaces de discrimination contre les femmes, mais il reste encore beaucoup à faire », souligne le président de la Banque mondiale, Jim Yong-kim, en préambule du rapport sur les « Femmes, les affaires et le droit ».

Pas seulement dans les pays islamiques

Parmi les 143 pays couverts par ce rapport, 15 – dont l’Iran, la Syrie, la Bolivie ou le Gabon – donnent le droit aux hommes de « s’opposer » à ce que leur femme travaille, et à les « empêcher d’accepter un emploi« . En Guinée, par exemple, elles doivent saisir les tribunaux pour faire annuler la décision de leur mari de s’opposer,« au nom des intérêts de la famille«  à ce qu’elles entrent dans la vie active. A noter qu’en Russie, 456 professions, telles que conducteur de camion agricole, aiguilleur de trains ou plombier, leur sont d’office interdites, indique la Banque mondiale.

LES HOMMES SYSTÉMATIQUEMENT DÉSIGNÉS « CHEFS DE FAMILLE »

Dans au moins 29 pays, tels que l’Arabie saoudite, le Honduras, le Sénégal, la loi fait par ailleurs systématiquement des hommes les « chefs de famille », et leur confie ainsi le contrôle de « décisions cruciales » sur le choix du lieu de vie, l’obtention de documents officiels ou l’ouverture d’un compte bancaire.

NB : dans les familles matriarcales, les mères et grands-mères sont cheffes de famille. Exemple : les Moso du Yunnan en Chine.

Éternelles mineures jusqu’en 1981 dans l’Espagne catholique

La Banque mondiale rappelle que certains pays occidentaux ont eux aussi tardé à accorder l’égalité de droits entre sexes. L’Espagne a ainsi attendu 1981 pour permettre aux femmes de se pourvoir en justice sans l’assentiment de leur mari.

Ce rapport recense par ailleurs un certain nombre d’avancées mondiales. En deux ans, 48 changements de législation, répartis dans 44 pays, ont « accru » la parité hommes-femmes, notamment en Côte d’Ivoire où les femmes sont, depuis 2013, libres de travailler sans l’accord de leur mari.

Ces progrès sont parfois fragiles, souligne le rapport, qui pointe les récents« revirement législatifs » en Egypte où des règles constitutionnelles de non-discrimination sexuelle ont été supprimées avec l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans, depuis écartés du pouvoir.