Angleterre : le repassage des seins pour éviter les grossesses hors mariage se répand

Dans toute société traditionnelle, c’est le mariage qui définit la paternité. Toute sexualité hors mariage peut engendrer des enfants sans père légitime. Tous les moyens sont bons pour lutter contre. C’est le principe même du patriarcat.

Repasser les seins des jeunes filles pour éviter les viols: la pratique se répand

Par:  le 8/10/13 – sur 7 sur 7

Quand l’immigration africaine apporte des coutumes atroces

La pratique barbare qui consiste à repasser les seins naissants des jeunes filles dans le but de dissimuler leur développement est née en Afrique mais se propage aujourd’hui en Angleterre.

Les seins des fillettes d’à peine dix ans sont aplatis avec des fers à repasser, le plus souvent par leurs mères, pour cacher les signes de la puberté et ainsi les protéger contre le viol et les grossesses non désirées. Mais en plus d’une douleur folle, cette pratique peut mener à des abcès, une incapacité d’allaiter plus tard, des kystes, une défiguration permanente.

Personne ne veut en parler

Selon la CAMEWomen’s and Girls’ Development Organisation, cette coutume douloureuse et dangereuse se passe en Angleterre « mais comme partout ailleurs, personne ne veut en parler ».

Une Camerounaise témoignait fin septembre dans les pages du Daily Mail:

« Ça se passe dans ma communauté mais personne n’en parle. Les mères le font à leurs filles et leur disent que c’est pour leur bien. C’est mal mais on nous dit que c’est une pratique culturelle. C’est ce qu’on disait aussi sur les mutilations génitales féminines au début mais aujourd’hui, on sait que c’est faux. Nous avons besoin de la même chose pour le repassage des seins. » Au Cameroun, des pierres et des coquilles de noix de coco brûlantes sont utilisées. Effrayant.

Le « repassage des seins », supplice des jeunes Camerounaises, pour éviter les filles-mères

24/10/2012 / CAMEROUN sur France 24

Capture d’écran issue d’une reconstitution par l’association camerounaise OGCEYOD, basée à Limbe, dans l’ouest du Cameroun.
À la puberté, des milliers de jeunes Camerounaises sont victimes d’une pratique barbare : des femmes de leurs familles, parfois leurs propres mères, tentent de faire disparaître, en l’écrasant, leur poitrine naissante. Ces dernières pensent ainsi « protéger » la jeune fille d’une sexualité précoce.
D’après une enquête menée en 2005 par deux médecins, près d’un quart des femmes camerounaises ont été victimes de cette pratique. Le « repassage » ou « massage » des seins existerait aussi au Togo et en Guinée.
ACTUALISATION 4/12/2012 : Le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma, a précisé dans une tribune publiée sur Internet que le repassage des seins était  « un fait contesté et combattu par tous les moyens légaux par les pouvoirs publics. » Il ajoute qu’une  « réforme législative engagée, notamment l’avant-projet de code pénal en cours de refonte, intègre une incrimination spécifique permettant de lutter contre le phénomène du repassage des seins des jeunes filles en prévoyant des dispositions particulières pour la répression des atteintes à la croissance d’organes. »

« Beaucoup de femmes s’inquiètent quand la puberté de leur fille arrive vers 8 ou 9 ans. Elles considèrent que c’est trop tôt »

Georgette Arrey Taku est la secrétaire exécutive de Renata, le Réseau national des associations de tantines, qui s’occupe de l’éducation sexuelle des Camerounaises. Une organisation qui travaille en collaboration avec les pouvoirs publics camerounais.

Une pratique d’un âge inconnu

Il est difficile de dire quand cette tradition a commencé. Tout ce que l’on sait, c’est que des femmes aujourd’hui âgées ont déjà subi ce traitement à leur adolescence. La dernière étude sur le sujet concluait que le massage des seins était pratiqué dans tout le Cameroun, et particulièrement dans le centre et l’ouest. Cette pratique existe chez les riches comme chez les pauvres.

Les mères protègent ainsi leurs filles

Si le repassage des seins est autant ancré dans les mœurs, c’est parce que les mères qui l’ont subi se sont vues expliquer par leur propre mère que c’était pour les protéger. Elles répètent donc le geste pour protéger leur fille à leur tour. C’est un cercle vicieux qui fonctionne sur l’ignorance plus que sur la tradition.

Pour contrôler la sexualité

Beaucoup de femmes s’inquiètent quand la puberté de leur fille arrive, vers 8 ou 9 ans. Elles considèrent que c’est trop tôt et donc se mettent en tête que la fille va attirer les garçons et risque une grossesse précoce. Des jeunes filles se font masser jusqu’à 14 ou 16 ans. En faisant disparaître leurs seins, les mères imaginent ainsi contrôler leur effet sur les hommes et donc leur sexualité. Ceci est évidemment une illusion, nous accueillons régulièrement dans notre association des filles-mères qui ont pourtant eu les seins massés. C’est pourquoi nous tentons de convaincre les parents que seul le dialogue peut permettre une éducation sexuelle efficace.
 

La poitrine d’une victime. © Réseau national des associations des tantines.

« Les femmes, le plus souvent la mère ou une des tantes, utilisent des spatules, des pierres à écraser ou encore des pilons »

Brûler et écraser les jeunes poitrines

Sur le moment, la douleur est inimaginable. Les femmes, le plus souvent la mère ou une des tantes, utilisent des spatules, des pierres à écraser ou encore des pilons. Ces objets sont chauffés et servent à frapper la poitrine naissante. Sur le coup, cela entraîne des brûlures, mais aussi des infections et des abcès. Les conséquences à long terme ne sont pas moins catastrophiques. Des femmes sont suivies par des gynécologues pendant des années après le ‘massage’. Et, d’après certains spécialistes, les victimes seraient davantage sujettes aux cancers du sein. Par ailleurs, dans l’intimité, ces poitrines abîmées deviennent un véritable complexe. J’ai rencontré une fille qui n’osait même plus se déshabiller devant ses amies.

Même dans les églises

Notre travail, c’est de faire comprendre aux mères que le massage des seins cause bien plus de tort à la jeune fille qu’une puberté normale. Nous sommes beaucoup sur le terrain, à la sortie des églises, dans les réunions traditionnelles de mères de famille. Nous faisons témoigner celles qui ont pris conscience du mal qu’elles avaient fait. Mais faire changer les mentalités prend du temps, d’autant qu’il n’existe pas de loi interdisant cette pratique.
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