Rapport de l’ONU : mères ado – mariage d’enfants & déscolarisation – les symptômes du patriarcat

Le mariage a toujours été le commerce du ventre des femmes à l’usage exclusif du mari pour lui donner des héritiers légitimes. Afin de garantir la paternité de l’enfant, une répression sexuelle sévère est absolument nécessaire (chasteté, virginité, fidélité…) qui nécessite l’esclavage des femmes. Celles-ci devenant un poids mort économique, il faut la vendre en mariage le plus vite possible, afin de la rentabiliser, d’où les mariages précoces dès les premiers signes de fertilité. Interdire l’accès à l’éducation des femmes participe à leur mise sous tutelle nécessaire pour contrôler leur sexualité.

L’ONU s’inquiète du sort des millions de mères-adolescentes

Publié le 30/10/2013 à 20:25, sur La Dépêche

Le Niger, le pire pays pour être mère
Les Nations unies s’inquiètent du sort des 7,3 millions d’adolescentes qui deviennent mères chaque année essentiellement dans les pays en développement, dans un rapport rendu public mercredi à Londres.

95% dans les pays pauvres

Au total, 95% de ces naissances ont lieu dans les pays en développement, qui voient chaque jour 20.000 filles de moins de 18 ans mettre un enfant au monde, note le rapport sur la population mondiale 2013 réalisé par le fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

5% dans les pays riches

A titre de comparaison, seulement 680.000 enfants naissent chaque année de mère-adolescente dans l’ensemble des pays développés (5%) dont près de la moitié aux Etats-Unis.

Patriarcat Rom (Roumanie) : mariage forcé d’enfants consanguins, dot, virginité, impureté de la mère

1 fille sur 5 à 1 sur 2

Dans les pays en développement, ces naissances touchent une femme mineure sur 5. Au Niger, ce sont une mineure sur deux (51%) qui sont concernées.

27% ont moins de 15 ans

Parmi les 7,3 millions de jeunes filles mineures qui deviennent mères chaque année, 2 millions ont moins de 15 ans, note encore le rapport.

Des sociétés ultra-patriarcales et/ou islamiques

Ainsi, « une fille sur 10 a un enfant avant l’âge de 15 ans au Bangladesh, en Guinée, au Mali, au Mozambique, au Niger et au Tchad ».

Ces chiffres sont extrapolés à partir des sondages effectués par l’UNFPA qui montrent que 19% des femmes des pays en développement âgées de 20 à 24 ans ont signalé avoir eu leur premier enfant avant l’âge de 18 ans.

Pakistan, Inde & Indonésie

Parmi cette échantillon représentant 36,4 millions de femmes, près de la moitié (17,4 millions) vivent en Asie du Sud, 10,1 millions en Afrique subsaharienne et 4,5 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Mariage précoce et déscolarisation

Le « principal facteur déterminant » en matière de grossesses précoces est le faible niveau d’éducation, de même que les mariages d’enfants.

Le rapport note cependant une diminution de la fréquence de ces grossesses dans les pays en développement, principalement chez les filles de moins de 15 ans, « attribuée en grande partie à une réduction du nombre de mariages arrangés impliquant de très jeunes filles ».

Un chiffre en hausse malgré tout

Néanmoins, en Afrique subsaharienne, « si les tendances actuelles se maintiennent, on s’attend à ce que le nombre de filles de moins de 15 ans qui enfanteront passera de 2 millions par an de nos jours à environ 3,3 millions par an en 2030 ».

Mourir en donnant la vie trop tôt

Ces grossesses précoces engendrent un risque de décès maternel ou de fistule obstétricale (lésions internes entraînant une incontinence) deux fois plus important chez les mères de moins de 15 ans que pour les mères plus âgées.

Chaque année 70.000 adolescentes meurent des suites de complications de la grossesse et de l’accouchement et 3,2 millions subissent des avortements dangereux.

Enceintes malgré elles

« Trop souvent, la société rejette tout le blâme de la grossesse sur l’adolescente alors que la réalité, dans la plupart des cas, est que cette grossesse n’est pas le résultat d’un choix délibéré mais au contraire d’une absence de choix et de circonstances indépendantes de sa volonté », a estimé le Docteur Babatunde Osotimehin qui a supervisé le rapport.

« Nous devons réfléchir aux changements à apporter aux politiques et aux normes appliquées par les familles, les communautés et les pouvoirs publics », a-t-il appelé de ses vœux.

Et la théorie du genre ?

Le rapport préconise donc de « favoriser la scolarisation des filles », « mettre un terme au mariage d’enfants », « modifier les attitudes relatives aux rôles attribués aux hommes et aux femmes », « accroître l’accès des adolescents aux services de santé sexuelle et reproductive » et mieux aider les mères adolescentes.

© 2013 AFP
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