Arabie Saoudite : femmes interdites de conduite pour prévenir le sexe hors mariage source de bâtards

Comme toujours, la sexualité hors mariage est une remise en cause de la reconnaissance de paternité et du droit des pères, pilier du patriarcat. Tous les moyens sont bons pour la prévenir.

Le Guardian publie un article justifiant l’interdiction de conduire pour les Saoudiennes

Un exemple frappant de relativisme culturel, quand de grands médias publient des chroniqueurs islamistes, en l’occurrence Ahmed Abdel-Raheem, qui justifient l’oppression des femmes vivant sous la charia. 

J’ai mené une enquête auprès de mes anciennes élèves saoudiennes au campus Al-Lith pour femmes de l’Université Um al-Qura à La Mecque.

GB-Ahmed-RheemElles m’ont aidé à distribuer un questionnaire à grande échelle à leurs collègues des différents départements de l’université ainsi qu’à leurs parents et amies. Ce n’était pas vraiment scientifique, mais leurs réponses sont dignes d’intérêt. Je leur ai offert de répondre de manière anonyme, mais certaines ont quand même tenu à s’identifier.

À ma grande surprise, 134 répondantes (sur 170) ont déclaré que le droit de conduire n’est pas une nécessité, que la conduite ouvre la porte au harcèlement sexuel et encourage les femmes à retirer leur niqab sous prétexte qu’il réduit leur champ de vision au volant. Certaines craignent également un retournement des maris, qui pourraient appuyer l’affirmation voulant que les femmes au volant sèment la sédition dans la société.

Les résultats de mon enquête informelle sont presque identiques à ceux d’une enquête menée par mes anciennes étudiantes saoudiennes. Elles ont constaté que 3.209 femmes sur 3.710 sont opposées à la levée de l’interdiction de conduire, pour les mêmes raisons que celles mentionnées ci-dessus. Même celles qui étaient favorables à la levée de l’interdiction (environ 501) ont ajouté des conditions essentielles à leur appui : l’adoption de lois prévenant le harcèlement sexuel et permettant aux femmes de conduire en toute sécurité sur des voies qui leur seraient réservées.

Cela démontre que les efforts continus de l’Occident pour exporter ses valeurs sont vains. Le féminisme occidental a peu de chance de prendre racine dans des pays comme l’Arabie saoudite, et ce n’est pas ce que désirent de nombreuses saoudiennes. Pensez à ce  que Amany Abdulfadl , membre du Centre égyptien pour le suivi des priorités des femmes, a écrit en 2007 dans Al- Ahram Weekly: la définition occidentale de l’égalité ne peut fonctionner dans notre monde arabe car nos femmes ne trouveront pas des jungles où couper du bois, et nos hommes n’auront jamais de seins pour allaiter ».

Les gens en Arabie Saoudite ont leurs propres besoins et vues morales. Ce qui fonctionne dans d’autres sociétés peut ne pas convenir à l’Arabie saoudite, et vice versa. Bref, au lieu de lancer des campagnes pour changer les lois sur la conduite dans le Royaume, l’Occident devrait d’abord demander aux femmes saoudiennes si c’est vraiment ce qu’elles veulent, et les pays occidentaux devraient accepter leur réponse même si elle n’est pas à leur goût.

Source : Word to the west: many Saudi women oppose lifting the driving ban, par Ahmed Abdel-Raheem, The Guardian, 2 novembre 2013. Extrait traduit par Poste de veille

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