Brit Shalom : une alternative symbolique à la circoncision juive – Heureux d’avoir gardé leur fils intact

A l’avènement du patriarcat, lorsque le géniteur devint père en s’appropriant les enfants de la mère par le mariage, il s’ensuivit une guerre terrible d’autorité parentale. A qui appartenait l’enfant ? A la famille de la mère ou à celle du père ? Pour affirmer sa propriété sur l’enfant, le père instaura le sacrifice du premier né, qui fut ensuite remplacé par la circoncision masculine. La circoncision permet ainsi au père de briser par la douleur le lien fusionnel mère-enfant. Outre son rôle de diabolisation de la sexualité hors mariage, la circoncision est une reconnaissance de paternité, et la sanctification du sang masculin (mythe du sang paternel) au détriment du sang féminin (lignée maternelle fiable) diabolisé (menstrues et grossesse impures).

BRIT SHALOM : UNE FAMILLE JUIVE DÉCIDE DE NE PAS CIRCONCIRE

Témoignage de Shawn Stark paru sur Beyond the Bris le 16.10.2013 sur Droit au Corps

Brit Shalom

Ma femme, Amari, était enceinte de sept mois et nous étions à notre rendez-vous avec la sage-femme. A ce point-là de la grossesse, nous savions que nous aurions un garçon. Vers la fin de notre visite, la sage-femme nous a demandé ce que nous avions prévu de faire au sujet de la circoncision.

La mère, contre la circoncision

Amari et moi sommes tous deux juifs et nous en avions discuté une ou deux fois auparavant. Je le voyais comme ça : « Nous sommes juifs. Mes grands-parents sont des survivants de l’Holocauste. Notre fils sera circoncis. » Cependant, Amari était contre cette procédure, bien qu’elle était prête à le faire si c’était si important pour moi.

Une idée qui me rendait malade

Je n’avais jamais assisté à un bris. L’idée de couper le prépuce d’un bébé me rendait malade. C’est alors que j’ai réalisé : comment allais-je être capable de voir mon fils subir cela ? J’ai mis cette pensée de côté, imaginant que j’y ferai face lorsque cela arriverait.

Une circoncision symbolique

Ce qui nous ramène au rendez-vous avec la sage-femme. Ma réponse fut alors : « Nous sommes juifs donc il doit y avoir un bris. Mais je ne sais pas vraiment comment je ferai pour être dans la même pièce, l’idée me dégoûte… » C’est alors que la sage-femme a dit quelque chose qui a tout changé. Elle a dit : « Vous savez, il y a des alternatives. Il y a des moyens d’honorer votre religion sans couper le prépuce de votre fils. » VRAIMENT!?

Pas question de faire subir cela à mon fils !

La sage-femme m’a alors donné un livre écrit par un rabbin au sujet de la circoncision. Je l’ai rapporté à la maison et je l’ai lu de bout en bout. J’en suis sorti convaincu qu’il n’était pas question que je fasse subir cela à mon fils. Cela m’a conduit à la recherche d’un rabbin qui accepterait d’effectuer un bris sans circoncision.

Ma quête commence

J’ai parlé à un rabbin d’une synagogue réformiste et lui ai confié mon désir d’avoir une cérémonie sans circoncision. Il s’est fendu d’une réponse désinvolte qui ne prenait pas en considération l’importance que la question avait pour moi. Il a dit : « Ainsi vous voudriez le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière ? » Puis il a continué en m’expliquant, dans le détail, comment j’en viendrais à regretter la décision de ne pas circoncire.

Le brit shalom, une alternative à la brit milah

Au moment où je me sentais vaincu, j’ai trouvé un site web qui donne la liste de plus de 100 rabbins qui officient le brit shalom, une alternative à la brit milah. (Brit shalom contient les éléments symboliques de la cérémonie d’alliance, mais sans la circoncision.) A l’époque, il n’y avait qu’un seul rabbin dans la liste pour toute la Colombie-Britannique… mais il se trouve qu’il résidait dans ma ville, Vancouver ! Par la suite, j’ai découvert que son nom venait d’être ajouté trois semaines avant que je ne le trouve. Je pense que c’est l’univers qui nous récompensait pour avoir suivi nos cœurs.

Certains du bon choix

J’ai établi avec le Rabbin David Mivasair un contact tellement profond et riche de sens. J’ai grandi en allant à l’école juive, à la synagogue, et pourtant je n’avais jamais rencontré de rabbin dont les mots m’aient inspiré autant que les siens. Si je n’avais pas encore été certain que nous avions fait le bon choix, je l’étais à présent.

Cérémonie devant l’océan Pacifique

Après avoir rencontré le rabbin trois ou quatre fois, vint le moment de la cérémonie. Au huitième jour de la vie de mon fils Kai, nous avons célébré une cérémonie en face de notre maison, devant l’océan Pacifique. Nous avions convié notre bon ami à jouer de la guitare tandis que nous chantions tous en hébreu. Le Rabbin Mivasair expliqua à tout le monde la signification profonde de ce que nous faisions de manière éloquente et riche de sens.

Brit Shalom, cérémonie juive sans circoncision

Bénir chaque partie de son corps

Au lieu de circoncire notre fils, Amari et moi avons décidé que chaque membre de notre famille proche bénirait une partie de Kai avec de l’huile d’olive. J’ai béni son biceps et expliqué que c’était pour qu’il ait la force de rester fidèle à ses convictions, à celui qu’il était. Ma femme a béni son coeur, lui souhaitant d’être rempli d’amour pour tout et pour tous. Chaque membre de notre famille a pu faire de même.

Transférer l’énergie du groupe

La cérémonie s’est conclue en réunissant tout le groupe derrière nous. Kai était en tête, Amari et moi derrière lui, touchant ses épaules, et tout le monde derrière nous touchant les épaules de la personne devant elle. Nous avons récité une bénédiction, avec l’énergie du groupe passant et grandissant de main en épaule jusqu’à Kai.

Heureux de l’avoir gardé intact

Kai a maintenant cinq mois et Amari et moi ne pourrions être plus heureux d’avoir choisi de le garder intact. Nous encourageons toutes les personnes à faire leurs recherches et à suivre leurs cœurs. Il est impossible de se tromper en faisant cela.

Une famille juive célèbre un Brit Shalom

Shawn Stark a grandi dans une communauté juive dans une banlieue de Montréal, au Canada, où il est allé à l’école élémentaire juive. Par la suite, il a déménagé à Vancouver. Il a rencontré sa femme Amari lors d’un mariage à Montréal et elle a déménagé de Londres à Vancouver sept mois plus tard. Ils résident actuellement à Vancouver, vivant sur la plage et aimant la vie.

Traduction française : Droit au Corps

Ressources sur le lien entre judaïsme et intactivisme : en fin d’article.

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