Pakistan, champion du viol : la justice islamique ferme les yeux pour préserver l’honneur familial

Dans une société où toute sexualité hors mariage est interdite (afin de préserver la paternité), il est compréhensible que le viol devienne l’ultime échappatoire à toute cette énergie sexuelle refoulée mais incontrôlable.

Pakistan : Le Conseil de l’idéologie islamique cautionne le viol

Source : Pakistan’s Council of Islamic Ideology Condones Rape, par Mohshin Habib, Gatestone Institute, 18 octobre 2013. Traduction par Nancy Verdier pour Europe Israël

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Hommes et femmes inégaux devant Allah

Les 57 pays membres de l’Organisation de la Coopération islamique ne reconnaissent pas l’universalité de la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU. Ces pays ont ratifié la Déclaration du Caire sur les droits de l’homme en islam de 1990 qui stipule que les droits et libertés sont bornés par la charia. Selon cette Déclaration, les hommes et les femmes sont égaux devant allah mais ne sont pas égaux en droits.

Le droit au viol des minorités ethniques

Certains cas de viol hideux révélés au Pakistan ont suscité des questions quant aux libertés civiles de la nation. Selon un rapport de la Commission des droits de l’Homme en Asie, une femme d’une minorité défavorisée, âgé de 26 ans et enceinte de deux mois, a été brutalement battue et violée en plein jour par cinq assaillants dans le quartier de Tharparker dans la province du Sindh, le 4 septembre dernier.

Elle était accompagnée de son mari, leurs trois enfants et des parents, et tous se rendaient au travail comme ouvriers dans une briqueterie. Motaan a été attrapée par les cheveux et a été emmenée à l’intérieur d’un centre communautaire (islamique ?) avec son mari et leurs trois enfants ; les autres parents ont pu s’échapper. Ils ont été battus sauvagement, les mains et les pieds attachés, puis ont été contraints de regarder le viol de Motaan.

Pressions pour ne pas porter plainte

La Commission Asiatique des Droits de l’Homme a affirmé que la famille s’était rendue au poste de police pour signaler le viol et les agressions, mais qu’un membre de l’Assemblée provinciale, Mahesh Kumar Malani, apparemment sous la pression de la police avait menacé la famille en leur enjoignant de ne pas porter plainte.

Viol collectif de fillettes

Quelques jours plus tard, le 13 septembre, une fillette de cinq ans a été brutalement violée à Lahore et son corps fut découvert plus tard gisant près d’un hôpital.

Le lendemain, une fillette de 12 ans dans la ville de Faisalabad et une étudiante de première année dans la ville de Toba Tek Singh ont également subi un viol collectif.

Viols secrets pour préserver l’honneur familial

Dans une société conservatrice comme le Pakistan, la plupart des cas de viols sont, si possible, gardés secrets par les familles des victimes pour le bien de l’honneur familial. Néanmoins, l’année dernière, 7516 cas de violence contre les femmes ont été signalés au Pakistan, y compris 822 cas de viols.

NDLR : toute sexualité hors mariage est une remise en cause de la reconnaissance et du droit des pères, pilier du patriarcat. Il n’y aura jamais aucune preuve absolue qu’un viol n’était pas en réalité consentant. S’il y a violence, c’est la violence qui est condamnable, et rien ne prouve que la violence a eut lieu en même temps que l’acte sexuel. Derrière la question du viol, c’est la vertu sexuelle de la victime qui est en jeu, une valeur du patriarcat.

4 témoins adultes pour attester un viol

Les victimes, cependant, sont découragées d’avoir recours à la justice par l’ordonnance pakistanaise connue sous le nom d’Ordonnance Hudood.  L’ordonnance dit qu’à la lumière de la Charia, quatre témoins musulmans adultes sont nécessaires avant qu’un violeur présumé puisse être déclaré coupable.

Fouet et lapidation pour les victimes de viol

Selon l’ordonnance Hudood, de nombreuses victimes, y compris des jeunes filles comme Zihan Mina, Safia Bibi, Bibi et Zafran, ont été condamnés à des coups de fouet ou de mort par lapidation.

En effet, il n’y aura jamais la preuve absolue que la prétendue victime n’était pas consentante – NDLR

Des tests ADN pour prouver le viol ?

Dans le Sindh, la province dominante du Pakistan, qui abrite 52% de la population du pays, quelques membres de l’Assemblée provinciale, avec Sharmila Farooki, tentent de faire adopter une loi exigeant des tests ADN en cas de viol. Les tests ADN obligatoires auraient  lieu dans les 12 heures du dépôt de plainte pour viol aux autorités. Le projet de loi décrit la façon dont la preuve par ADN peut et ne peut pas être utilisée devant les tribunaux. Ce projet appelle également le gouvernement provincial à créer des laboratoires médico-légaux où se dérouleraient les tests.

L’ADN inacceptable pour prouver un viol

Le combat sera rude pour faire adopter le projet de test ADN. En septembre, la 192 ème Conférence idéologique islamique de deux jours qui s’est tenue à Islamabad, a été conduite par le Conseil de l’Idéologie islamique [CII] dans le but de fournir aux individus des orientations qui englobent tous [les aspects de l’existence] à la lumière des enseignements islamiques. Les membres de la CII ont souligné que dans les cas de viol, l’ADN comme preuve primaire n’est pas acceptable (l’ADN ne constitue pas une preuve du non-consentement, mais seulement de l’acte sexuel – NDLR). Bien que la CII n’ait pas une voix prépondérante dans le processus législatif, elle a une influence énorme sur le gouvernement provincial et fédéral pakistanais. Elle conseille le gouvernement sur les affaires religieuses et a un fort soutien public.

La Loi sur la Protection des Femmes est anti-islamique

Le président du Conseil, Maulana Muhammad Khan Sherani, a déclaré aux journalistes que le Conseil rejetait la Loi sur la Protection des Femmes de 2006, car ses dispositions n’étaient pas conformes aux injonctions islamiques. Il a dit que l’ordonnance de Hudood traite de ces infractions et que la loi islamique détermine les procédures permettant d’évaluer la culpabilité en cas de viol.

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