Turkménistan – la police des mœurs traque les femmes qui ont des relations hors mariage

L’esclavage des femmes n’a qu’1 seule et unique origine : la répression de toute sexualité hors mariage, garante de la reconnaissance de paternité et du droit des pères, pilier du patriarcat.

TURKMÉNISTAN – La femme, suspect à tous les coins de rue

COURRIER INTERNATIONAL le 9 DÉCEMBRE 2013

Dessin de Kazanevsky.

L’ère de la puissance et du bonheur

Depuis plus d’un mois, des raids de la police turkmène se multiplient dans les cafés, les restaurants, les discothèques et même dans les rues. Objectif : interpeller les femmes sous prétexte de lutte contre la prostitution, qui souillerait « l’ère de la puissance et du bonheur », dénomination officielle de l’époque actuelle depuis l’arrivée au pouvoir du président Gourbangouly Berdymoukhammedov en 2007.

Prouver son statut marital

« Le procédé est le suivant : des policiers en costume noir entrent d’un pas décidé dans un établissement, font sortir de force les femmes présentes et les amènent au commissariat », relate le site centrasiatique Fergananews. Sont ciblées les femmes seules, mais aussi les femmes accompagnées. Il faut ensuite que la dame prouve, documents à l’appui, son statut marital.

Examen gynécologique , traque des MST et d’usage de drogues

« Il y a eu des cas où, en pleine fête familiale, des femmes ont été arrêtées avec leur mari et leurs parents », dénonce le titre. En plus de cette humiliation, on leur impose un examen gynécologique pour détecter des maladies sexuellement transmissibles, et une analyse d’urine permettant de repérer l’usage de drogues (en hausse depuis plusieurs années dans ce pays frontalier avec l’Afghanistan). Des rumeurs concernant l’interdiction pour les femmes de conduire un véhicule, à partir de 2016, enflent dans le pays.
Advertisements