Europe orientale : avortement des petites filles avec l’essor des nouvelles technologies

Diverses théories ont été avancées pour masquer la véritable cause du meurtre des petites filles. En Chine, ça serait la politique de l’enfant unique. En Inde, ça serait parce que la dot va de la famille de l’épouse à celle de l’époux. Au Pakistan, la dot va en sens inverse, il n’y a pas de politique de l’enfant unique, et malgré l’interdiction de l’infanticide par l’islam, cela arrive pourtant très fréquemment… La véritable raison, c’est que toute société patriarcale a tendance naturellement à pratiquer le meurtre des filles (chez les patriciens romains, on tuait toutes les cadettes). En effet, la filiation passe de père en fils et non de mère en fille. Déjà, le statut de la femme est dévalorisé. Ensuite, pour garantir cette filiation, il faut garantir la paternité de l’enfant, et pour cela contrôler la virginité-chasteté-fidélité des femmes à travers l’institution du mariage. Qui dit indépendance économique dit indépendance sexuelle. C’est pour cela que dans le patriarcat, les femmes sont sous tutelle : non seulement elles n’ont aucun droits sur leurs enfants qui sont la propriété exclusive du mari, mais en plus elles ne peuvent pas toucher de salaire elles-même. Ce qui fait des femmes une charge dont il faut se débarrasser au plus vite. Les petites filles sont rentabilisées le plus rapidement possible, en les vendant en mariage. Il est donc nécessaire de limiter la charge que représente la naissance d’une fille. A cela s’ajoute le meurtre des femmes pour diverses raisons typiques au patriarcat (adultère, fornication, violences conjugales…), le manque de femmes est alors compensé par les prises de guerre, dont il est le motif principal.

L’avortement sélectif en Europe orientale

Synthèse de presse quotidienne du 12 décembre 2013 sur Genethique

Masculinisation des naissances en Europe orientale

Le rapport Population et Sociétés, publié au mois de décembre 2013 par l’Institut national d’études démographiques (INED) fait état de la masculinisation des naissances en Europe orientale, à l’exception du Kosovo. Ce phénomène bien réel depuis les années 1990 était passé inaperçu à cause des mutations que ces pays ont connues (démantèlement du bloc communiste et conflits).

Parfois pire que l’Inde

Si l’Inde et la Chine « sont réputés pour détenir un rapport masculinité (ou sex-ratio) déséquilibré […] ce phénomène touche aussi plusieurs pays d’origine orientale et les diasporas d’origine asiatique« . Le rapport de l’INED constate que le « déséquilibre entre filles et garçons à la naissance dépasse parfois celui de l’Inde ». La norme est établie à 105 naissances de garçons pour 100 naissances de filles. Le sex ratio dans le sud du Caucase (Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie) se situe entre 110 et 117. L’Azerbaïdjan est le deuxième pays après la Chine à détenir un fort taux de masculinisation des naissances. Dans l’ouest des Balkans, « les niveaux observés sont plus faibles, autour de 110-111 naissances masculines pour 100 naissances féminines » mais la persistance de ce déséquilibre constitue un facteur d’alerte.

Le rapport met en avant trois causes :

  • 1/la préférence traditionnelle pour les naissances masculines, identifiée comme cause principale,
  • 2/ l’accès à l’offre moderne de sélection prénatale, incluant l’échographie et l’avortement,
  • 3/ l’effet aggravant de la baisse de la fécondité.

Une méthode de planification familiale

Ainsi « la baisse récente de la fécondité et l’émergence d’offre moderne de service de santé […] ont renforcé le souhait de sélection prénatale en fonction du sexe ». L’avortement reste utilisé dans les pays de l’ancien bloc soviétique comme une « méthode de planification familiale », sauf en Albanie.

La banalisation du rôle des technologies nouvelles

Le Quotidien du médecin retient, dans les conclusions du rapport, le danger représenté par la « banalisation du rôle des technologies nouvelles dans les pratiques discriminatoires ». Ces méthodes font aujourd’hui l’objet d’un débat bioéthique européen.

Rapport « La masculinisation des naissances en Europe orientale » Population et Sociétés (Christophe Z. Guilmoto, Géraldine Duthé), 12/2013 – Le Quotidien du médecin (Coline Garré) 12/12/2013 – Lapresse.ca, reprise AFP, 12/12/2013

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