Israël : une mère en divorce condamnée à 100€ par jour pour refus de circoncision, pour éviter la fin du mariage et de la paternité

A l’avènement du patriarcat, lorsque le géniteur devint père en s’appropriant les enfants de la mère par le mariage, il s’ensuivit une guerre terrible d’autorité parentale. A qui appartenait l’enfant ? A la famille de la mère ou à celle du père ? Pour affirmer sa propriété sur l’enfant, le père instaura le sacrifice du premier né, qui fut ensuite remplacé par la circoncision masculine. La circoncision permet ainsi au père de briser par la douleur le lien fusionnel mère-enfant. Outre son rôle de diabolisation de la sexualité hors mariage, la circoncision est une reconnaissance de paternité, et la sanctification du sang masculin (mythe du sang paternel, le rabbin suce le pénis coupé du bébé) au détriment du sang féminin (lignée maternelle fiable) diabolisé (menstrues et grossesse impures).

ISRAËL : CONDAMNÉE À 100 EUROS/JOUR POUR REFUS DE FAIRE CIRCONCIRE SON FILS (MÀJ)

Le 28 novembre 2013 sur Droit Au Corps

Une femme israélienne a été condamnée par un tribunal rabbinique à payer 100 euros par jour tant qu’elle refusera de faire circoncire son fils, procédure demandée par son mari avec qui elle est en instance de divorce.

Brit milah : rituel de circoncision chez les juifs

Cérémonie de circoncision juive, prêt de Jérusalem en 2012 (Reuters/Ronen Zvulun)

 « Le véritable but, c’est la douleur corporelle à infliger à ce membre …. Car, si, dès la naissance on fait saigner ce membre en lui ôtant sa couverture, il sera indubitablement affaibli. » – Moïse ben Maïmon, alias Maïmonide – Guide des Égarés – Volume III Chapitre 39

Maïmonide insiste sur le fait que le déchirement du prépuce doit être pratiqué avec l’ongle. La Métsitsa, ou  l’aspiration du sang de la plaie, est traditionnellement faite par la bouche du Mohel. Le Zohar sur le Lévitique 12,3 fonde la raison de la métsitsa sur des considérations kabbalistiques.

Histoire du scandale

Dans un jugement sans précédent, une mère israélienne a été condamnée à payer 500 shekels (100 euros) par jour tant qu’elle refusera de faire circoncire son fils.

Pas une obligation légale

Il n’y a pas d’impératif légal pour les juifs d’Israël à faire circoncire leurs enfants, mais Elinor, mère d’un petit garçon de un an, est en instance de divorce devant le tribunal rabbinique de Haïfa, et son mari a fait appel devant la cour pour faire pression sur elle afin qu’elle fasse circoncire leur enfant.

Parfait et juste comme il est

« Je me suis bien renseignée sur la circoncision, et j’ai réalisé que je ne pouvais pas infliger ça à mon fils. Il est parfait juste comme il est, » a confié Elinor à la chaîne israélienne Channel 2.

« Je n’ai pas le droit de porter atteinte à ses parties génitales, ni de le mutiler, et le tribunal n’a aucune autorité pour m’y forcer. » Ce qu’a confirmé son avocat.

Pour affirmer l’autorité du père sur l’enfant

Elinor a ajouté qu’elle était sans emploi et n’avait pas les moyens de payer l’amende, qui s’élève aujourd’hui à 800 euros. Elle a affirmé qu’à la naissance du bébé son mari n’avait eu aucune objection à éviter la circoncision, mais qu’il avait brusquement changé d’avis durant la procédure de divorce.

L’utopie moderne de la double autorité parentale

Les juges rabbiniques chargés de l’affaire n’ont pas partagé le point de vue d’Elinor : « La circoncision est une procédure standard qui est réalisée sur chaque bébé juif mâle, donc quand un parent la réclame, l’autre parent ne peut la retarder à moins qu’il n’y ait un danger médical avéré, » ont-ils écrit.

NDLR – L’autorité parentale conjointe est une utopie moderne qui ne date que de 1970 en France. Auparavant, seul le père de famille (pater familias) avait des droits sur l’enfant. « L’enfant appartient au père et non à la mère, comme la pomme appartient au propriétaire et non au pommier. » – Code Napoléon de 1804. Entre le père et la mère, il va falloir trancher : – autorité paternelle unique (patriarcat) : abolir le droit des mères et des femmes OU – autorité maternelle unique (matriarcat) : abolir le droit des pères et donc, la reconnaissance de paternité.

Pour éviter la fin du mariage

D’après le quotidien israélien Haaretz, ils ont expliqué leur jugement ainsi : « Si on laisse l’opportunité à la mère d’empêcher la circoncision ou d’utiliser son objection [à la procédure] comme un moyen de prendre l’avantage dans le cas du divorce, nous pourrions nous retrouver face à un raz-de-marée de cas similaires et les cas de divorces prendraient une ampleur terrifiante. Cette tendance doit être stoppée immédiatement au nom du bien commun, qui a la priorité sur l’individu. »

L’autorité maternelle, antisémite ?

Ils ont aussi explicitement fait référence au débat croissant autour de la circoncision rituelle masculine ailleurs dans le monde et exprimé leur crainte du précédent qui pourrait advenir par une femme juive israélienne autorisée à ne pas faire circoncire son fils.

« Cela fait un moment maintenant que nous sommes témoins des attaques médiatiques et juridiques contre la brit milah dans de nombreux pays d’Europe et des États-Unis, » a écrit le juge. « Le peuple d’Israël est unanimement [sic] contre ces attaques, les considérant comme une autre facette des démonstrations d’antisémitisme qui doivent être combattues. Comment le monde réagira-t-il si même ici la question de la circoncision est laissée à la discrétion de chacun, suivant ses propres croyances ? »

Le pouvoir familial absolu des tribunaux religieux

En Israël, les tribunaux religieux ont complète autorité sur toutes les affaires matrimoniales des citoyens juifs, y compris les divorces. L’appel de la mère auprès du tribunal du district de Haïfa a été rejeté et elle compte maintenant faire appel devant la Cour Suprême, son dernier recours.

Sources : 972magHaaretz.

Comment aider cette maman ?

Tant qu’elle refuse que son fils soit circoncis, Elinor est condamnée à payer 100 euros par jour (500 shekels). La condamnation ayant été rendue le 21 novembre, cela signifie qu’elle doit déjà 800 euros au moment où nous écrivons ces lignes !

Un système de dons a été mis en place pour pour aider Elinor, qui n’a pas les moyens de s’acquitter de cette importante somme d’argent.

Mise à jour : Eran Sadeh précise que les dons serviront à financer la bataille juridique qui s’annonce et non pas à payer les amendes. Ronit Tamir a précisé ensuite que le mieux était d’attendre un peu avant de donner afin de savoir combien les frais de justice allaient coûter, mais que le système de don avait été mis en place rapidement car de nombreuses personnes voulaient aider immédiatement Elinor. Elle indique que plus de détails arriveront très bientôt. Eran et Ronit sont responsables de mouvements israéliens contre la circoncision (Gonnen et Kahal), ils aident Elinor depuis le début de l’affaire : voir leurs messages plus bas (qui proviennent du groupe de soutien officiel, voir ci-dessous).

Aider Elinor en faisant un don

Une pétition (en hébreu) a également été mise en place pour soutenir la maman.

Signer la pétition

Une pétition en langue anglaise est en cours de création.

Enfin, un groupe de soutien Facebook a été ouvert et compte actuellement plus de 1600 membres.

Rejoindre le groupe Facebook

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