Egypte : fatwas délirantes pour prévenir le sexe hors mariage source d’enfants illégitimes

Toute sexualité hors mariage est une remise en cause de la reconnaissance de paternité et du droit des pères, piliers du patriarcat. 

Nouvelle fatwa : une femme qui se baigne dans la mer commet l’adultère et doit être punie

Le 5 décembre 2013 sur Dreuz Info

Islamic-Swimwear-for-Women-in-ArabLa nouvelle fatwa, qui dit que les femmes qui se baignent dans la mer commettent l’adultère, ne doit pas être prise à la légère : elle a été formulée par les Frères musulmans.

La semence mâle de la mer

Quand une femme va se baigner, et étant donné qu’en arabe le mot mer est masculin, quand « l’eau touche les parties intimes de la femme, elle devient adultère et doit être punie », dit en résumé un rapport intitulé « les erreurs de jugement des fatwas des Frères musulmans et des salafistes » publié par le quotidien égyptien Al Masry Al Youm.

L’une des sources les plus prestigieuses et respectées du monde musulman, l’Université islamique du Caire Al Azhar, a étudié 51 fatwas produites par les Frères musulmans et les salafistes pendant la présidence de Morsi, et qui révèle comment les islamistes voient les femmes.

Des créatures étranges qui n’existent que pour le sexe

« Les fatwas édictées par les deux groupes (les Frères musulmans et les salafistes) montrent qu’ils voient les femmes comme des créatures étranges qui n’existent que pour le sexe. Ils considèrent la voix féminine, leur regard, leur présence en dehors des murs de leur maisons comme une « offense ». Certaines fatwas montrent que c’est la femme qui représente une offense. »

• Fruits et légumes phalliques : Une fatwa interdit aux femmes de « manger certains légumes voire même de toucher les concombres et les bananes » en raison de leur forme phallique qui pourrait conduire les femmes dans une mauvaise voie.

Air conditionnée complice d’adultère : Une autre fatwa ordonne aux femmes « d’éteindre l’air conditionné quand leurs maris ne sont pas à la maison, car cela pourrait indiquer aux voisins qu’elle est seule à la maison et ils pourraient commettre l’adultère avec elles ».

Mariage précoce & écoles de proximité contre la fornication : Une autre impose le mariage aux filles dès l’âge de 10 ans « pour les empêcher de dévier du droit chemin », tandis qu’une autre interdit aux filles de fréquenter des écoles situées à plus de 25 km de leur domicile.

Pas de sexe sans vêtements : Un fatwa plus que surprenante a décidé qu’un couple qui a des relations sexuelles sans vêtements verrait son mariage annulé.

La femme bouclier : Et une autre enfin autorise d’utiliser les femmes comme bouclier humain lors des manifestations violentes.

Il est remarquable que la prestigieuse université Al Azhar ait dénoncé ces aberrantes fatwas des Frères musulmans.

Allaiter pour légaliser la mixité

Remarquable si l’on veut bien se souvenir qu’elle a émis une fatwa qui impose aux femmes « de nourrir au sein les hommes de leur entourage car ils deviendront ainsi des membres de la famille, ce qui justifiera qu’ils se trouvent en leur compagnie ».

Le Gatestone Institute avait lui relevé quelques unes des fatwas prises par les Frères musulmans et les salafistes durant la présidence de Mohamed Morsi :

  • Destruction des pyramides et des sphinx,
  • Annulation des accords de Camp David,
  • Condamnation à mort de toute personne qui proteste contre le président Mohamed Morsi,
  • Interdiction faite aux musulmans de souhaiter un joyeux Noël,
  • Interdiction faite aux taxis égyptiens de transporter des prêtres chrétiens,
  • Interdiction de toutes émissions de télévision qui se moque ou prend les islamistes à la légère,
  • et interdiction faites aux femmes de se marier avec un homme qui a pris part à l’ancien gouvernement Moubarak.

—> Au delà du ridicule extrême, ces fatwas révèlent plusieurs faits notables.

La religion, tout un programme politique

• D’abord elles prouvent au delà du doute, même du plus aveugle islamophile, que l’islam n’est pas une religion mais un système politico-religieux, et qu’à ce titre chaque mosquée est potentiellement une source de conflit avec le pays occidental où elle est installée.

• Ensuite, elle montre qu’en matière de politique étrangère, de connaissance de l’islam, Alain Juppé, qui avait rencontré les Frères musulmans d’Egypte lors du « printemps arabe », et les avait considéré comme des partenaires pour construire la démocratie, a un immense problème de comprehension du monde qui l’entoure.

• Les Frères musulmans continueront à être présentés comme modérés tant que les médias continueront à dissimuler leurs fatwas, leurs déclarations, leurs actions.

• Il est intéressant que des spécialistes comme Alain Gresh ou Pascal Boniface nient le fait que le Hamas, la branche terroriste des Frères en Palestine, utilise sa population comme boucliers humains dans les conflits avec Israël, alors qu’une fatwa le stipule clairement.

• Cela montre que les coupables ne sont pas les musulmans dont les cerveaux vivent au Moyen âge, mais les bienheureux complices d’extrême gauche qui voient en les islamistes l’arme chimique parfaite pour détruire les démocraties exécrées. Islamo-gauchistes est le mot juste.

Et enfin, ces fatwas montrent à quel point le processus démocratique avait été confisqué par Morsi et sa « junte religieuse », et combien les occidentaux, Obama en tête, qui dénoncent le coup d’état sont dans l’erreur.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

A propos de l’auteur

Jean Patrick Grumberg est journaliste et photographe de rue. Ancien lobbyiste, il a vécu à Paris, puis à Los Angeles et Tel Aviv, et vit en Californie. Il est contributeur au site Dreuz et d’autres médias francophones et anglophones.

Autres perles

Fatwa pour voiler les fillettes à partir de l’âge de deux ans

Auteur: cheikh Abdallah Al-Daoud

Lors d’une intervention sur la chaîne d’émissions religieuses Al-Majd, le prédicateur saoudien Abdallah Al-Daoud a estimé qu’il fallait « imposer le hijab aux fillettes à partir de deux ans ». Selon la tradition musulmane, les filles doivent porter le voile couvrant les cheveux à partir de la puberté. « Si la fillette peut susciter un certain désir, ses parents doivent lui couvrir le visage et lui imposer le voile (…) pour ne pas tenter » les pervers, a estimé le prédicateur. Et des pervers, il y en a, c’est vrai. Comme cet autre Saoudien, l’imam Fayhan al-Ghamdi qui a violé, brûlé, brisé les côtes et tué sa fille de cinq ans. Il a été relâché moyennant une amende de 36.000 euros (environ). Je trouve cette fatwa un peu laxiste, pas vous? Ne pensez-vous pas qu’il faudrait enfin se décider à voiler les images des embryons de sexe féminin lors des échographies? Les petites filles, c’est haram.

Fatwa contre des lycéennes musulmanes rockeuses

Auteur: le grand mufti indien Ahmad Bashiruddin

La plus haute autorité religieuse sunnite de l’État du Jammu et Cachemire, en Inde, a lancé une fatwa contre trois lycéennes d’une quinzaine d’années, rockeuses du groupe Praakaash (littéralement « de l’obscurité à la lumière », en fait elles viennent d’expérimenter le chemin inverse). Leur tort: avoir donné à Srinagar un concert sans être voilées et devant des hommes. Le grand mufti Bashiruddin Ahmad conseille aux femmes de chanter uniquement chez elles devant des membres féminins de leur famille. À voix basse aussi? Voilées derrière un paravent? La musique, c’est haram.

Fatwa contre la Saint-Valentin

Auteur: le Jakim, département malais du développement islamique

La Malaisie, pays fédéral de 29 millions d’habitants, compte deux tiers de Musulmans -le reste de la population étant majoritairement d’ethnie chinoise, et de confession bouddhiste, taoïste ou chrétienne. Son islam est réputé modéré, mais comme en Iran et Arabie Saoudite, la Saint-Valentin est boycottée. En 2005, le Jakim, l’autorité musulmane fédérale aofficiellement émis une fatwa contre « ce piège à vices ». La Saint-Valentin pousse à mettre son aimé sur un piédestal, or l’idolâtrie est le premier péché. Mais ce que craignent vraiment les religieux, c’est que « le baiser volé dans un parc ne mène à des relations sexuelles hors mariage ». L’amour, c’est haram.

Fatwa contre le mariage civil

Auteur: le grand mufti de la République libanaise, cheikh Mohammad Rachid Kabbani

Le chrétien maronite Michel Sleiman, président de la République libanaise, plaide pour la reconnaissance du mariage civil dans le cadre de la mise en place d’un « État laïc moderne ». Par contre, le cheikh sunnite Mohammad Rachid Kabbani, mufti de la République, fulmine contre une telle idée. Le 12 février, le mufti faisait connaître la position officielle de l’autorité sunnite: « Tout responsable musulman qui approuve la légalisation du mariage civil est considéré comme apostat et traître à la religion musulmane! ». Fermez le ban. Ou plutôt ne les publiez pas. Le civil, c’est haram.

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