Tombe Etrusque (Italie antique) : le guerrier était une femme, et les bijoux appartenaient à l’homme

Les Étrusques furent une civilisation matriarcale autochtone du nord de l’Italie avant l’arrivée des romains (envahisseurs aryens). Ils étaient considérés comme des «indigènes» en Italie, et leurs royaumes ont prospéré avant l’expansion romaine. Ce peuple préférait les plaisirs de la vie à la guerre et aux conquêtes militaires. Les récits contemporains et leur art indiquent que les femmes étrusques ont eu un statut d’égalité avec les hommes, et ceux-ci ont été autorisés à socialiser librement (liberté sexuelle). D’après l’historien Théopompe, aucun d’eux ne pouvait être sûr de sa filiation paternelle. La filiation des étrusques était donc maternelle. Les femmes étrusques sont donc des femmes libres. Elles disposent de leur propre fortune et possessions, alors que leurs voisines grecques et romaines sont sous la tutelle de leur père, puis de leur époux : les femmes étrusques occupaient une place importante dans la société.

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Oups !!! Le prince guerrier Etrusque était une princesse

Par Tia Ghose,  le 18 Octobre 2013 sur Live Science

incinerated human remains in an etruscan tomb

Une tombe de 2600 ans découverte en Toscane, qui semblait contenir un prince guerrier, révèle en faite les restes d’une princesse guerrière d’âge moyen, armée d’une lance.

Le mois dernier, les archéologues annonçaient une grande découverte : une tombe complètement scellée, taillée dans la roche en Toscane, en Italie. Le tombeau intact contenait ce qui semblait être le corps d’un prince Etrusque tenant une lance, inhumé avec les restes de sa femme. Plusieurs organes de presse ont donc écrit sur la découverte du prince guerrier de 2600 ans. Mais la tombe réservait une autre surprise.

Une analyse de l’ossature révéla que le guerrier était en faite une princesse, ainsi que Judith Weingarten, une diplômée de l’Ecole Britannique d’Athènes, le rapporta dans son blog, à la façon de Zénobie, l’impératrice de l’Est. [Voir les photos de la tombe Etrusque intacte].

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Un mystère non traduit

Les historiens savent relativement peu de choses sur la culture Etrusque qui fleurit dans l’Italie actuelle jusqu’à son absorption par la civilisation romaine autour de 400 av-JC. A la différence de leurs voisins très connus, les grecs et les romains, les Etrusques n’ont pas laissé beaucoup de documents historiques, leur langue n’ayant pas été déchiffrée. Nous n’avons d’eux que les descriptions subjectives et péjoratives des chroniqueurs gréco-romains antiques. Leurs tombes fournissent donc le seul aperçu fiable de leur culture.

Lance et bijoux, pour homme ou femme ?

La nouvelle tombe déscellée par les archéologues en Toscane, a été trouvée dans la nécropole Etrusque de Tarquinia, classée Héritage Mondial par l’UNESCO, où plus de 6000 tombes ont été taillées dans le rock.

« La chambre souterraine daterait du début du Vième siècle av-JC. A l’intérieur il y a deux lits funéraires sculptés dans la roche », Alessandro Mandelosi, archéologue de l’Université de Turin qui a exploré le site, dans une correspondance internet.

Quand l’équipe ouvrit la dalle scellée qui bloquait la tombe, ils découvrirent deux larges plateformes. Sur l’une d’elles reposait un squelette tenant une lance. Sur l’autre se repose un squelette partiellement incinéré. L’équipe trouva aussi des bijoux, et une boîte de bronze, qui pouvaient appartenir à une femme, selon les chercheurs.

« Sur le mur intérieur, le tenant toujours d’un doigt, il y avait un aryballos (un type de flasque), réalisé à la peinture à l’huile, dans le style grec corinthien » rapportait Mandelosi.

Au premier abord, la lance suggérait que le squelette sur la plus grosse plateforme était un guerrier mâle, probablement un prince Etrusque. Les bijoux appartenant au second corps suggérait qu’il s’agissait là de l’épouse du prince. Mais l’analyse de l’ossature révéla que le prince tenant la lance était en faite une femme, âgée entre 35 et 40 ans, tandis que le second squelette était un homme.

Couple ou fratrie ?

Ceci étant, que pensent les archéologistes de la lance ? « La lance pourrait être placée ainsi comme un symbole d’union entre les deux défunts. » propose Mandelosi dans Viterbo News 24 le 26 septembre. Weingarten ne croit pas à l’explication du symbole d’union. A la place, la lance démontre le haut statut de la femme. Leur explication est erronée affirme Weingarten à LiveScience. « Elle a été inhumée avec la lance près d’elle, et non de lui ».

Libertines et naturistes, des enfants sans père

Cette confusion met en lumière comment les préjugés patriarcaux peuvent biaiser l’interprétation des tombes anciennes. En l’occurance, les modes de vie grecs et romains ont pu tromper l’analyse de cette tombe. Tandis que les femmes grecques étaient cloîtrées, les femmes Etrusques, selon l’historiens grec Théopompe, avaient plus de libertés, travaillant dehors, se prélassant nues, buvant librement, ayant plusieurs amants, et élevant leurs enfants sans connaître l’identité de leur père.

Archéologie : science ou religion ?

Au lieu d’utiliser les objets trouvés pour interpréter les sites, les archéologues devraient en premier analyser les os, ou d’autres techniques sophistiquées avant de se jeter sur des conclusions hâtives (Idem pour les datations NDLR), affirme Weingarten.

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Les hommes aussi aiment les bijoux

« Jusqu’à récemment, et hélas toujours dans certains pays, la détermination des sexes st basée sur le contenu des tombes. Et cela, en retour, est basé entièrement sur nos préconceptions. A claire illustration est la joaillerie : nous associons la joaillerie avec les femmes, ce qui n’a souvent pas de sens dans l’Antiquité » affirme Weingarten. « Les hommes aimaient aussi le bling bling » .

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