St Valentin : il abat la mère de ses enfants après un divorce sur fond de commerce

Le crime passionnel est-il moins grave qu’un crime non passionnel ? L’amour est-il une circonstance atténuante légitime pour un meurtre ? Le divorce rappelle que le mariage est un contrat financier, surtout lorsqu’un fond de commerce est en jeu. Quand l’amour est mêlé aux intérêts matériels, les drames ne sont jamais bien loins.

Paris : il abat son ex-femme le jour de la Saint-Valentin

La gérante d’un bar-restaurant a été tuée par balles vendredi dans son établissement à Paris, avenue de la Grande-Armée. Son ex-mari, déjà connu pour violences conjugales, a été arrêté aussitôt après.

Stéphane Sellami avec Alexandre Arlot | Publié le 15.02.2014, 11h39 sur Le Parisien

Paris (XVIe), hier. La police analysait hier soir la scène du crime, dans le bar-restaurant l’Aiglon près des Champs-Elysées.

Paris (XVIe), hier. La police analysait hier soir la scène du crime, dans le bar-restaurant l’Aiglon près des Champs-Elysées. | (LP/Philippe Lavieille.)

Il a peut-être sciemment choisi le jour de la fête des amoureux pour commettre l’irréparable. Hier vers 18 heures, avenue de la Grande-Armée, à deux pas des Champs-Elysées à Paris, un homme a fait irruption dans un bar-restaurant, l’Aiglon, avant de faire feu, au moins à trois reprises, en direction de la gérante des lieux.

« j’ai tué ma femme… j’ai tué ma femme… »

Touchée de deux balles en plein thorax, la victime, âgée de 41 ans, s’est écroulée tandis que l’auteur des coups de feu quittait l’établissement. A la sortie du commerce, des policiers de la brigade anticriminalité (BAC) du XVIIe arrondissement en patrouille ont aperçu le tireur en train de ranger son arme. Ce dernier, manifestement dans un état second, était en train d’ânonner les paroles suivantes : « j’ai tué ma femme… j’ai tué ma femme… »

Sous l’emprise de l’alcool

Aussitôt interpellé, le meurtrier présumé, qui serait âgé de 45 ans et qui semblait être sous l’emprise de l’alcool, a été conduit dans les locaux du 1 er district de police judiciaire (DPJ), en charge de l’affaire.

La victime, Fillatre Kiorouna, née au Laos, a succombé à ses blessures, quelques minutes après les coups de feu, malgré l’intervention rapide des secours. « La gérante de ce commerce a été prise pour cible alors qu’elle se trouvait derrière le comptoir de son établissement, précise Christophe Crépin, chargé de la communication pour le syndicat de police Unsa. L’auteur présumé des faits n’a pas opposé de résistance au moment de son interpellation. »

Mère de quatre enfants

Selon nos informations, la victime venait d’obtenir le divorce de son compagnon. Le couple était domicilié en Seine-et-Marne. L’homme est connu des services de police pour « des violences conjugales et des violences sur concubine ».

« Nous avons vu des gens courir et il y avait beaucoup d’agitation, confie une fleuriste dont la boutique est située à proximité de l’Aiglon. Nous avons entendu des bruits mais sans pouvoir distinguer s’il s’agissait de coups de feu. La gérante de ce bar était une femme sympathique, toujours disponible et qui bossait dur. » Fillatre Kiorouna avait repris cet établissement au mois de décembre 2012. Cette élégante femme brune aux cheveux longs, toujours « bien apprêtée » était mère de quatre enfants dont certains en bas âge. « Son restaurant était bien tenu et c’était un endroit agréable pour manger, poursuit le même témoin. Il n’y a jamais eu d’incident dans son établissement. Nous savions qu’elle était en instance de séparation et que son divorce s’annonçait difficile… »

Elle reprend seule le commerce après le divorce

L’audition du meurtrier présumé devait avoir lieu hier soir. « Il est prostré, précisait un proche de l’affaire. Il va être examiné par un médecin pour déterminer s’il peut être auditionné tout de suite. L’arme du crime, un revolver, a été saisie et soumise à expertise. Selon les premiers éléments de l’enquête, rien ne laissait présager d’une telle issue à cette séparation. Ce couple avait monté une affaire ensemble avant que la victime ne décide de reprendre ce commerce. »
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