Les français ne reconnaissent plus la Première Amante du président – Élire des célibataires ?

Les relations sexuelles légitiment-elles l’accès à un emploi ? Coucher avec le chef de l’Etat doit-il permettre d’accéder à un poste à l’Elysée ? N’est-ce pas là une forme de prostitution ? L’Etat doit-il statuer sur les relations sexuelles ? Après le premier président célibataire, la première présidence sans première dame ? L’équipe présidentielle représente le peuple français sur la scène internationale : une société sans mariage.

Sondage : les Français ne veulent plus du statut de première dame

Didier Micoine et Henri Vernet | Publié le 24.01.2014, sur Le Parisien

ARCHIVES. Notre sondage exclusif BVA est sans appel : 54 % des personnes interrogées ne souhaitent ni statut ni surtout moyens pour les conjoints de président de la République.

ARCHIVES. Notre sondage exclusif BVA est sans appel : 54 % des personnes interrogées ne souhaitent ni statut ni surtout moyens pour les conjoints de président de la République. | LP / Matthieu de Martignac

Aucune reconnaissance de l’amante officielle du président

Qu’elle s’appelle Valérie, Carla, Cécilia ou qu’elle porte un tout autre prénom, les Français ne veulent plus de première dame. C’est ce que révèle notre sondage exclusif BVA*. Une nette majorité (54 %) opte pour une solution radicale : ni rôle ni statut officiel ni, surtout, moyens de la République affectés à l’épouse ou la compagne du président (ou un jour au conjoint de la présidente).

Quelle place pour celle qui partage le lit de l’Élu ?

Le débat est certes revenu au premier plan à cause de la love affair à l’Elysée, la liaison prêtée au chef de l’Etat avec l’actrice Julie Gayet, mais il n’a rien de neuf. Il se pose en fait à chaque entrée à l’Elysée d’un nouveau couple présidentiel : faut-il absolument un bureau, des collaborateurs, des officiers de sécurité et une mission spécifique pour celle qui partage la vie de l’élu des Français ?

La « femme-de » légitime-t-elle son poste ?

Certaines ont répondu d’elles-mêmes à la question, comme Claude Pompidou qui ne cacha jamais son peu de goût pour ce palais et cet apparat. Ou comme Cécilia Sarkozy qui ne se « voyait pas, disait-elle, dans ce rôle-là » et prit la poudre d’escampette au bout de quelques mois. Si d’autres, question d’époque et de génération sans doute, se coulèrent parfaitement dans le moule, à l’image de Mmes de Gaulle et Giscard d’Estaing, ou y ajoutèrent une touche personnelle de piment comme Danielle Mitterrand ou Bernadette Chirac, les plus récentes dans le rôle, Carla et Valérie, eurent d’emblée du mal à concilier leur carrière professionnelle et leur nouvelle vie de « femme de… »

Une ambiguïté au sommet de l’Etat

A l’évidence, là se trouve la « clarification » que demandent les Français : la fin d’une ambiguïté au sommet de l’Etat. C’est un candidat qu’ils ont élu, pas un couple. Ils sont d’ailleurs majoritaires (75 % selon un récent sondage BVA) à saluer la discrétion affichée par Hollande sur sa vie privée. Cécilia Attias (ex-Sarkozy) qui vit désormais aux Etats-Unis — pays où la first lady a un véritable rôle — se dit favorable à la création d’un statut de première dame. « On ne peut pas littéralement gommer » celle qui partage la vie du président, plaide-t-elle.

Il faut élire des présidents célibataires

«J’ai été première dame rapidement», commence Cécilia Attias au micro de RTL où elle était invitée mercredi soir. «Comment peut-on dire qu’une première dame ne peut pas exister ? (..) On ne peut pas gommer le conjoint (..) On ne peut lui pas demander uniquement de placer des fleurs sur des buffets ! Ou alors il faut élire des présidents célibataires» tempête l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy, qui a passé cinq mois à l’Elysée, de mai à octobre 2007, avant de quitter la place avec pertes et fracas.  

Pour le fan club de la première dame

Bernadette Chirac, elle, rejette tout statut officiel mais prône le maintien de la situation actuelle : « Il faut un secrétariat, tout de même, dit-elle, mais le statut, c’est ridicule. C’est le président qui est élu. » Un secrétariat, ne serait-ce que pour traiter l’abondant courrier et les requêtes que les Français ont pris l’habitude d’adresser à la dame de l’Elysée depuis… Mme Coty, sous la IVe République !

Madame Pièces jaunes la préférée

Les Français, on l’a vu néanmoins, balayent les deux solutions. Ce qu’ils préfèrent, c’est le modèle de Joachim Sauer, l’époux de la chancelière Angela Merkel, plutôt que l’omniprésente Michelle Obama.Au-delà des questions de statut, montre aussi notre sondage, certaines premières dames ont bénéficié, et bénéficient parfois encore, de belles cotes de popularité. La plus flatteuse est pour l’épouse de Jacques Chirac. Madame Pièces jaunes est citée par 46 % des sondés (et 57 % des sympathisants de droite), devant Danielle Mitterrand (40 %). L’une comme l’autre sont de fortes personnalités et incarnent bien leur camp politique, Bernadette avec son parcours politique en Corrèze et sa réelle influence sur son époux, Danielle avec son côté pasionaria et ses engagements souvent gênants pour le président socialiste.

Trierweiler, la moins populaire des premières dames

Et Valérie Trierweiler ? Elle arrive bonne dernière. Mais il faut dire qu’elle est à l’Elysée depuis à peine un an et demi, et que l’affaire du tweet en soutien du rival de Ségolène Royal aux législatives de 2012 a plombé durablement sa popularité. Elle peut quand même se consoler en constatant qu’auprès du peuple de gauche, elle reste préférée à Cécilia, Carla et Anne-Aymone…

* Sondage BVA – « le Parisien » – «Aujourd’hui en France » réalisé le 22 janvier 2014 auprès d’un échantillon de 992 personnes
représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.

Le Parisien

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