CINEMA : Philomena à la recherche de son fils perdu, kidnappé par l’Eglise car conçu hors mariage

Dans toute société patriarcale, la procréation hors mariage est une insulte à l’ordre du père : seul le mariage garantit la reconnaissance de paternité. Chez les catholiques, comme en islam ou dans le judaïsme, c’est un péché mortel, qui engendre des enfants illégitimes, des bâtards sans père légal, et bannis de la société. Dans la vertueuse société catholique d’antan, les mère célibataires étaient enfermées dans les maisons closes de l’Eglise, les couvents pénitentiaires, ou les hospices religieux; leurs enfants eux aussi jetés à la rue et exploités, abandonnés à l’Eglise, ou séparés de force de leur mère pour les mettre à l’adoption… Lire sur le sujet :

Une histoire vraie

Philomena est un drame britannico-américano-français produit, coécrit et interprété par Steve Coogan et réalisé par Stephen Frears, sorti en2013. Le film est adapté de l’histoire vraie de Philomena Lee, rapportée par le journaliste britannique Martin Sixsmith dans son livre The Lost Child of Philomena Lee.

Fille-mère dans un couvent irlandais

Philomena, une Irlandaise ayant accouché adolescente dans un couvent, n’a aucune nouvelle de son fils, adopté contre son gré. Le jour des 50 ans de la naissance de son fils, en 2002, elle en parle pour la première fois à la fille qu’elle a eue plus tard. A la suite de cela, elle part avec le journaliste, Martin Sixsmith, à la recherche de son fils.

Procréer hors mariage est un crime

Philomena Lee confie à sa fille que, 50 ans plus tôt, elle avait accouché d’un garçon en Irlande, mais que n’étant pas mariée, avait été forcée de le faire adopter. Peu de temps après, Martin rencontre la fille de Philomena au cours d’une réception où un traiteur l’a employée. Bien qu’il méprise au départ les historiettes, il accepte l’enquête que lui confie sa rédactrice en chef qui y tient. Pour cela, il rencontre Philomena, et tous deux partent à la recherche du fils perdu.

Forcée d’abandonner son enfant

Après avoir accouché d’Anthony au couvent de Roscrea, en 1952, Philomena, jeune « fille mère », est forcée de renoncer à ses droits sur lui, quoiqu’elle s’en soit toujours occupé tout en travaillant dur à la blanchisserie qui dépendait du couvent. Sa meilleure amie a une fille qui s’entend très bien avec Anthony. Au bout de trois ans, un couple vient à Roscrea pour adopter Mary et emmène aussi Anthony, qui en est inséparable.

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Destruction d’archives et trafic d’enfants

Martin et Philomena commencent leur enquête au couvent de Roscrea, où les religieuses les accueillent poliment mais affirment tout ignorer, car suite à un incendie les archives ont été détruites. Mais le barman du pub local déclare à Martin avoir entendu des rumeurs sur la destruction délibérée des archives et l’adoption contre paiement des enfants, notamment par de riches Américains.

Adopté par une riche famille américaine

Journaliste et conseiller politique, Martin a séjourné aux États-Unis, où il a conservé de nombreux contacts qui seront utiles. Il part donc avec Philomena à Washington et découvre que le petit Anthony a été adopté par Doc et Marge Hess, sous le nom de Michael Hess. Devenu adulte, Michael alias Anthony est devenu haut fonctionnaire dans l’administration Reagan. Homosexuel, il a une relation discrète avec Peter Olson et meurt du traitement contre le sida (AZT) en 1995.

A-t-il cherché sa mère avant de mourir ?

Martin informe Philomena de ce qu’il vient de découvrir et tous deux cherchent des personnes qui ont connu Anthony. Ils se rendent tout d’abord chez Mary, adoptée avec Michael, qui leur dit que, alors que leur mère adoptive a été aimante, en revanche ni son père ni ses frères n’ont manifesté d’affection envers lui. Mary leur donne ensuite les coordonnées du compagnon de son frère adoptif, mais ne leur dit pas ce que Philomena veut vraiment savoir : Anthony (Michael) a-t-il essayé de retrouver sa génitrice ?

Les religieuses ne savent plus rien

Après avoir refusé de rencontrer Martin, l’ex-compagnon de Michael accepte de parler à Philomena. Il déclare que Michael a toujours cherché à connaître sa mère biologique et s’est rendu en particulier au couvent de Roscrea, où les religieuses ont affirmé avoir perdu tout contact avec Philomena. La dernière volonté de Michael a été d’être enterré dans le cimetière du couvent, dans l’espoir que sa mère pourrait un jour trouver le message de sa pierre tombale.

Le châtiment divin contre le péché de la chaire

L’histoire se termine où elle avait commencé, à savoir à Roscrea où Martin affronte la sœur Hildegarde qui était présente quand Anthony a été enlevé, n’exprime aucun regret et au contraire clame que la perte de son fils est la punition que Philomena mérite pour son péché. Philomena qui pardonne à sœur Hildegarde retrouve la tombe de son fils Anthony alias Michael et en lit l’inscription.

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