La France, championne de la tolérance de l’adultère. L’islam résiste à la chute du patriarcat

L’adultère est condamné parce qu’il remet en cause la filiation paternelle, pilier du patriarcat, d’où la nécessaire répression sexuelle hors mariage des femmes (virginité, fidélité, chasteté). L’IVG, surtout à la demande de la mère, est une remise en cause du droit du père, et est le reflet de la sexualité hors mariage, première cause de grossesses non désirées. L’homosexualité permet de défouler l’énergie sexuelle par une voie marginale, qui contourne la frustration sexuelle inhérente au patriarcat, cette dernière constituant le terreau de son fanatisme polico-religieux. Cela dit, de nombreuses sociétés patriarcales tolèrent l’homosexualité, car permettant de prévenir l’hétérosexualité hors mariage qui remet en cause la reconnaissance de paternité. A quel degré la modernité remet-elle en question ces valeurs sociétales à travers le monde ?

Adultère, IVG, divorce, homosexualité… Quel est le peuple le plus tolérant ?

 – Publié le 16-04-2014 à 15h24

Des étudiants durant le spring break de l’université de Tennessee (Nick Tomecek/AP/SIPA)

Les français tolèrent l’infidélité, et les musulmans ?

On avait déjà appris en janvier, au moment de l’affaire Julie Gayet, que les Français étaient le peuple au monde le moins dérangé par l’infidélité. Le très sérieux « Pew Research Center », un des think tanks les plus influents des Etats-Unis, avait prévenu à l’époque que cette sentence allait être intégrée à une étude plus vaste dans les mois à suivre : celle-ci vient d’être publiée.

Tester la morale religieuse

Le laboratoire d’idées de Washington a mené une vaste enquête au printemps 2013 à travers 40 pays du monde entier, en demandant à un échantillon représentatif de chaque population où se situaient ses frontières morales. Relations extraconjugales, alcool, avortement, homosexualité, jeux d’argent, sexe avant le mariage, divorce et contraception : sur chacun de ces 8 thèmes, près de 40.000 personnes ont dû dire s’ils trouvaient la pratique ou la consommation « moralement acceptable » ou non.

Les palestiniens acceptent les contraceptifs et le divorce

Surprise, les jeux d’argent sont plus universellement condamnés (62%) que l’homosexualité ou l’avortement. Le divorce ou l’usage de contraceptifs semblent en revanche être désormais acceptés dans la plupart des cultures, de la Corée du Sud au Venezuela en passant par les territoires palestiniens.

Les Français à la pointe de l’adultère

78% des personnes interrogées sur les six continents considèrent les relations extraconjugales comme « moralement inacceptables ». A cet égard les Français se distinguent particulièrement puisque seule une minorité d’entre eux réprouvent l’adultère (47%). Ce qui ne veut pas dire que la majorité approuve le passage à l’acte puisque pas moins de 40% distinguent le comportement adultère de toute question morale.

L’islam ne tolère pas l’adultère

Suivent, dans le classement des pays les plus tolérants vis-à-vis de l’infidélité, l’Allemagne, l’Inde, l’Espagne et l’Italie. A remarquer que les 10 pays où l’adultère est le plus condamné sont tous à forte majorité musulmane (Palestine et Turquie en tête).

Le Ghana (islam), pays le plus homophobe du monde

Dans 22 des 40 pays sondés, l’homosexualité est moralement condamnée par la majorité des gens. La palme revient sans conteste au Ghana, où 98 % de la population déclarent la pratique « inacceptable ». Le pays devance plusieurs pays musulmans mais aussi d’autres pays chrétiens d’Afrique subsaharienne comme l’Ouganda (93%) et le Kenya (88%).

Espagne catholique et Allemagne protestantes gay-friendly

C’est en Espagne (6%) et en Allemagne (8%) que l’homosexualité est, de loin, la mieux acceptée par la population. Les Américains sont eux 37% à réprouver cette pratique.

La France pro-IVG, catholiques et musulmans anti-IVG

C’est en France toujours qu’on porte le moins de jugements moraux sur l’avortement. Seuls 14% de la population se disent opposés à l’acte pour raisons morales. Un taux qui dépasse 85% aux Philippines, au Ghana, en Indonésie et en Ouganda, mais qui atteint aussi des scores très élevés dans de grands pays catholiques comme le Brésil (79%).

Les sept pays d’Amérique latine interrogés condamnent majoritairement l’IVG, comme les six pays d’Afrique subsaharienne et plus généralement 26 des 40 pays sondés. Les Etats-Unis n’en font pas partie de justesse puisque 49% des Américains s’opposent moralement à l’avortement.

Une étude impartiale

Le « Pew » se veut non-partisan et n’hésite pas à aborder dans ses recherches des thèmes très controversés outre-Atlantique : une étude parue ce 10 avril, « The Next America », met en évidence les inexorables métamorphoses démographiques à l’oeuvre chez l’Oncle Sam. Une autre, « 6 facts about Marijuana« , montre le soutien populaire croissant en faveur de la légalisation du cannabis aux Etats-Unis.

Timothée Vilars – Le Nouvel Observateur

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