Pakistan – épouse enceinte lapidée par sa famille. Dot ou mariage d’amour ? Le mari barbe-bleue…

Le mariage n’a jamais eut d’autre but que de fournir des héritiers légitimes au père, qui en sera l’unique propriétaire. C’est donc le commerce du ventre d’une mère porteuse, dont la paternité du mari sera garantie par une sévère répression sexuelle : virginité, chasteté, fidélité… Tout écart au mariage est un déshonneur pour la famille de l’épouse, ou de l’époux, et qui doit donc être lavé dans le sang. Ainsi, l’épouse passe de la tutelle de son père à celle de son mari et maître, qui détient en pratique le pouvoir de vie ou de mort sur elle, puisque même sa famille parentale ne la défend plus.

Femme enceinte lapidée pour un mariage d’amour au Pakistan : le mari raconte

Edité par Pauline HOHOADJI avec AFP le 30 mai 2014 à 11h27 sur LCI TF1

Quelques jours après la lapidation pour s’être mariée sans le consentement de ses proches de Farzana Parveen, 25 ans, son mari est sorti du silence pour revenir sur les circonstances de ce drame, avouant au passage avoir tué sa première femme.

Mariage par enlèvement ?

« Ils nous ont attaqués soudainement… » Quelques jours après le meurtre de Farzana Parveen, lapidée pour avoir fait un mariage d’amour, Mohammad Iqbal, son mari, est sorti du silence. Interrogé par des médias pakistanais, il est revenu sur cette journée du 27 mai qui s’est terminée dans le sang. Présent avec sa femme devant le tribunal de Lahore pour contester une plainte déposée par son beau-père qui l’accusait « d’avoir enlevé sa fille », ce fermier âgé de 45 ans a confié avoir été pris à partie en passant devant les proches de sa femme :

« Ils nous ont tiré dessus au début, avant de nous jeter des briques qui ont touché ma femme et moi ».

Un barbe-bleu musulman

Mais c’est à l’AFP que Mohammad Iqbal a fait des révélations bien plus choquantes et macabres. Il a  avoué avoir assassiné sa première épouse, Ayesha Bibi, pour pouvoir épouser Farzana Parveen. Il a ainsi affirmé dans un entretien téléphonique accordé à l’agence de presse :

« J’étais amoureux de Farzana et c’est à cause de cet amour que j’ai tué ma première femme… par strangulation. »

Le prix du sang pour éviter la prison et être pardonné par son fils

Des faits confirmés par les forces de l’ordre qui ont précisé avoir arrêté cet homme en 2009 pour meurtre. « Arrêté puis relâché par la police après avoir trouvé un compromis avec la famille de sa première femme » selon un responsable de la police locale chargé de l’enquête sur le meurtre de Farzana Parveen, l’homme a échappé à la prison après avoir versé « le prix du sang », un dédommagement financier donné à la famille de la victime. Une somme qui a également conduit le fils du couple, qui avait à l’époque porté plainte contre son père pour ce meurtre, à pardonner à Mohammad Iqbal.

Une dot pas assez élevée

Libéré de toute sanction judiciaire pour le meurtre de sa première femme, Mohammad Iqbal a finalement convaincu Farzal Parveen de l’épouser. Une union, acceptée dans un premier temps par la famille de la jeune femme, qui a finalement exigé le versement d’une dot plus généreuse, ce qu’a refusé le futur marié. S’opposant finalement à cette union, la famille de Farzana affirme s’être sentie « déshonorée » après le mariage et a donc décidé de se faire justice. Une pratique répandue au Pakistan où les crimes d’honneur ont coûté la vie en 2013 à plus de 1000 femmes ou adolescentes.

Seul le père a été arrêté

Alors que Nawaz Sharif, le Premier ministre pakistanais, a lancé jeudi un appel pour que les autorités du Penjab « prennent des mesures immédiates concernant ce crime inacceptable », les autorités locales ont confirmé l’arrestation mardi du père de la victime battue à mort. Mais le reste de la famille a été laissée en liberté alors qu’une trentaine de proches de la jeune femme a participé à cette exécution sommaire.

L’occident dans l’incompréhension

Ce crime d’honneur, qualifié « d’inacceptable » par le Premier ministre pakistanais, a vivement fait réagir à l’étranger. Les Etats-Unis ont ainsi condamné jeudi « ce crime haineux » par la voix de la porte-parole du département d’Etat. Jennifer Psaki a notamment appelé à ce que les auteurs soient « rapidement traduits en justice. »

Wiilliam Hague, le chef de la diplomatie britannique, a de son côté déclaré jeudi être « révulsé par ce meurtre atroce. » Il a ajouté : « Il n’y a absolument rien d’honorable dans les crimes d’honneur et j’en appelle au gouvernement pakistanais à faire tout ce qui est en son pouvoir pour éradiquer cette pratique barbare. »

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