Mouammar Kadhafi : un musulman hérétique, contre le Hijab, contre la Sunna, contre le Talmud

« Le voile c’est satanique. La femme est meilleure nue. Les hadith, c’est comme le Talmud des juifs. »

Oui au Coran, non à la Sunna

Kadhafi, musulman à la foi « sourcilleuse » et revendiquée, se montre d’un réformisme parfois audacieux en matière sociale et religieuse. Il se distingue ainsi en prônant l’égalité des femmes et des hommes et en proposant de la doctrine islamique des interprétations personnelles et iconoclastes.

En matière religieuse, Kadhafi prend dès la fin des années 1970, à une époque où le Livre vert, bréviaire de la Jamahiriya, est en cours d’achèvement, des positions originales quant à la foi musulmane : émettant des doutes sur la fiabilité des hadiths, le dirigeant libyen considère en outre le fiqh – qu’il désigne du nom de charia – comme un droit positif et non comme une législation sacrée, et veut donner au Coran un pouvoir normatif absolu.

Le fiqh (arabe : fiqh, فقه : dérive du verbe signifiant comprendre) est traduit par la jurisprudence islamique relative aux avis juridiques pris par les juristes de l’islam sur les limites à ne pas dépasser par les musulmans. Il s’agit donc d’une compréhension du message de l’islam sur le plan juridique. Le savant en matière de fiqh, le juriste, se nomme faqîh (arabe : faqīh, فقيه).

Pour abolir la théocratie

Ces prises de position, au-delà de leur audace théologique, visent également à priver les oulémas de leur monopole normatif en matière religieuse, en leur contestant le droit d’interpréter le Coran. La position du dirigeant libyen est ainsi proche d’une forme de néo-salafisme. Ses déclarations et réformes valent à Kadhafi d’être qualifié d’« apostat » par certaines institutions, notamment saoudiennes, de l’islam orthodoxe. Pour conforter sa position contre les oulémas et les Frères musulmans, Kadhafi inclut dans la « Charte verte de la liberté et des droits de l’homme en Libye » de 1988 l’interdiction pour toute personne ou groupe de se prévaloir de l’islam pour entreprendre des actions politiques.

Contre l’impérialisme islamique (califat) et la polygamie

Une charia non appliquée

Au plan légal, les peines d’amputation des mains des voleurs et de lapidation des femmes adultères prévues par la charia sont introduites dans le code pénal libyen en 1987, prélude à l’application officielle de la charia quelques années plus tard. Les peines d’amputation ne sont cependant appliquées qu’une fois, en 2002, pour punir des individus ayant attaqué un site pétrolier en Cyrénaïque et volé des véhicules appartenant à la National Oil Corporation.

Kadhafi ôte le voile islamique d’une femme