Mouammar Kadhafi – extraits matriciens du Livre Vert de la Jamahiriya

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L’alternative au capitalisme exploiteur et au communisme totalitaire

La troisième théorie universelle (arabe : نظرية عالمية ثالثة; nom également traduit par « troisième théorie internationale »), surnommée le kadhafisme, est l’idéologie conçue par Mouammar Kadhafi et exposée dans son ouvrage doctrinal Le Livre vert. Présentée comme la « troisième voie » constituant l’alternative au capitalisme exploiteur et au communisme totalitaire, la troisième théorie universelle a servi de fondement idéologique au régime de la Jamahiriya arabe libyenne, nom officiel adopté en 1977 par la Libye. Dans cette doctrine, qui aborde des aspects politiques, religieux, culturels et sociaux, Mouammar Kadhafi préconise notamment l’application d’une méthode de gouvernement fondée sur la démocratie directe, où le peuple gouvernerait sans intermédiaires. La troisième théorie universelle est restée l’idéologie officielle de la Libye jusqu’au renversement de Kadhafi lors de la guerre civile de 2011.

Pour remplacer la Sunna

Green book.jpgLe Livre Vert est un livre publié pour la première fois en 1975, dans lequel le colonel Mouammar Kadhafi, « Guide de la Révolution libyenne », détaille sa vision de la démocratie et de la politique. Mouammar Kadhafi y expose les fondements de sa pensée politique et de sa conception du socialisme. La doctrine kadhafiste exposée dans cet ouvrage, appelée par son auteur la troisième théorie universelle, devient l’idéologie officielle du régime de la Jamahiriya arabe libyenne. Le titre de l’ouvrage fait référence au Petit Livre rouge du président Mao. La mention de la couleur verte n’est pas dénuée de portée symbolique : le vert est la couleur de l’islam, et Mouammar Kadhafi entendait faire de son livre le remplaçant de la sunna comme fondement du droit en Libye.

Déclaration sur l’avènement du Pouvoir du peuple

« Le peuple arabe libyen […] croyant en la mise en place du système de démocratie directe annoncé par la Grande Révolution de Septembre qu’il considère comme la solution absolue et décisive au problème de la démocratie […] déclare adhérer au socialisme en tant que moyen de parvenir à la propriété du peuple […} soutient la marche de la Révolution vers un pouvoir total du peuple et la consolidation de la société populaire où le peuple seul contrôle la direction, le pouvoir, les ressources et les armes pour réaliser une Société de Liberté. […}

La démocratie populaire directe est la base du système politique de la Jamahiriya arabe libyenne populaire socialiste, dans laquelle le pouvoir est entre les mains du peuple seul.

Le peuple exerce son pouvoir par l’intermédiaire des Congrès populaires, des Comités populaires et des syndicats professionnels. Les règles des congrès, des comités et des syndicats professionnels, ainsi que les dates de leurs réunions, sont déterminées par la loi. […}

Le pouvoir du peuple est exercé par les organes suivants : les Congrès populaires ; les Comités populaires ; les syndicats professionnels ; le Congrès général du peuple […}.

Le Congrès général du peuple est la conférence nationale des comités populaires et des syndicats professionnels. Le Congrès général du peuple dispose d’un secrétariat général pour exécuter la politique générale de l’État définie par les Congrès populaires.

Le secrétariat général prépare les sessions du congrès général du peuple et dresse l’ordre du jour du congrès général du peuple. Il exécute ses résolutions et ses recommandations. Le secrétariat général est composé d’un secrétaire général et d’un certain nombre de secrétaires ; chacun dirige l’un des secteurs d’activités de l’État. […}

Les expressions « Conseil des ministres », « Premier ministre » et « ministre » sont remplacées par « secrétariat général du Congrès général du peuple », « secrétaire général » et « secrétaire ». »

Pour le communautarisme

Par ailleurs, les mouvements historiques sont des mouvements de masse, c’est-à-dire communautaires; l’action menée par une communauté est pour elle-même, pour son indépendance vis-à-vis d’une autre communauté bien que chacune ait sa propre communauté sociale. Les mouvements communautaires sont toujours des mouvements indépendantistes visant à réaliser l’autonomie des groupes vaincus donc opprimés par un autre.

Le mouvement communautaire est un mouvement d’une communauté pour elle-même. Car étant donné sa structure naturelle, une communauté a des besoins sociaux qui doivent être satisfaits d’une façon communautaire. Ces besoins ne sont en aucune façons individuels. Ce sont en réalité des droits, des revendications ou des objectifs communs à toute communauté liée par le même nationalisme. C’est pour cela que ces mouvements sont appelés des mouvements nationalistes. Les mouvements de libération nationale, dans la période actuelle, sont eux-mêmes des mouvements sociaux qui ne disparaîtront que lorsque cessera la domination d’un groupe par un autre groupe.

Famille, tribu, nation : nécessaires à la survie

La troisième et dernière partie du Livre vert a pour titre Les fondements sociaux de la troisième théorie universelle. Mouammar Kadhafi y insiste sur l’importance capitale du lien social dans l’Histoire. Les liens familiaux, tribaux ou nationaux, sont constitutifs de la nature de l’homme et nécessaire à sa survie.

Parmi eux, la famille est la structure la plus forte et la plus naturelle. La tribu est une sorte de famille élargie qui organise la transmission des valeurs et des traditions, tout en garantissant une protection sociale pour ses membres. La Nation est une famille encore plus vaste. Elle est une structure sociale vitale pour l’homme. Un État qui nierait ce facteur social, en rassemblant plusieurs nations sous une même autorité politique, serait voué à l’éclatement.

Dans l’optique de la théorie kadhafiste, la famille tient un rôle essentiel (« Une société heureuse est une société dans laquelle l’individu se développe naturellement au sein de la famille »), de même que la tribu « qui constitue une grande famille » et qui a l’avantage d’« exercer sa vigilance sur tous ses membres » tout en constituant « un « parapluie » social naturel assurant la sécurité dans la société ».

La force motrice de l’histoire humaine est le facteur social, c’est-à-dire le facteur national. Le lien social qui assure la cohésion de chaque groupe humain, de la famille à la tribu et à la nation, est le fondement même de la dynamique de l’Histoire.

La famille a plus d’importance que l’Etat

Pour l’être humain, la famille a plus d’importance que l’Etat. L’humanité se reconnaît dans l’individu et l’individu se reconnaît dans la famille qui est son berceau, son origine et son environnement social. Par nature, l’humanité est incarnée par l’individu, dans la famille, et non dans l’Etat qui lui est étranger. L’Etat est un système artificiel politique et économique, parfois militaire, sans rapport avec l’humanité. La famille est semblable à une plante, prise isolément dans la nature, mais qui demeure l’élément essentiel du monde végétal. Le fait d’aménager le milieu naturel en fermes ou jardins n’est qu’un processus artificiel sans rapport avec la nature de la planté formée de branches, de feuilles et de fleurs.

Un individu sans famille n’a pas d’existence sociale et si une société humaine devait arriver à faire exister l’homme sans la famille, elle deviendrait une société de vagabonds, pareils à des plantes artificiels.

La tribu, une famille élargie

La tribu est une famille qui s’est agrandie par l’effet des naissances. Il s’ensuit que la tribu constitue une grande famille. De même la nation est une tribu qui s’est agrandie par l’effet démographique. La nation est donc une grande tribu. Ainsi le monde est-il la Nation qui s’est ramifiée en différentes nations. Le Monde constitue donc une grande nation.

Le lien qui assure la cohésion de la famille est identique à celui qui maintient l’unité de la tribu, de la nation et du monde. Cependant, il s’affaiblit à mesure qu’augmente le nombre. Le sentiment d’appartenance à l’humanité est de même nature que celui d’appartenance à une nation, à une tribu, à une famille. Toutefois, l’intensité d’un lien diminue lorsqu’il s’élève d’un échelon restreint à un échelon plus vaste. C’est une vérité sociale qui n’est déniée que par celui qui l’ignore.

Le lien social, la cohésion, l’unité, l’amitié et l’amour ont plus de force à l’échelon de la famille qu’à celui de la tribu, plus de force à l’échelon de la tribu qu’à l’échelon de la nation, plus de force enfin à l’échelon de la nation qu’à celui du monde.
Les avantages, privilèges, valeurs et idéaux issus des liens sociaux existent là où ces liens sont forts; c’est une évidence première, c’est-à-dire qu’ils sont plus vigoureux à l’échelle de la famille qu’à celui de la tribu, à l’échelle de la tribu qu’à l’échelle de la nation, et à l’échelle de la nation qu’à celui du monde.

Il est donc de première importance, pour la société humaine, de préserver la cohésion de la famille, de la tribu, de la nation et de l’humanité, afin de bénéficier des avantages, privilèges, valeurs et idéaux produits de la cohésion, de l’unité, de l’amitié et de l’amour familial, tribal, national et humain.

Ainsi ces liens sociaux, avec les bienfaits, les avantages et les idéaux qui s’y rattachent, s’effacent lorsque se désagrègent ou s’éteignent la famille, la tribu, la nation ou l’humanité.

Du point de vue social, la société familiale est préférable à la société tribale, celle-ci est préférable à la société nationale, qui elle-même est préférable à la société mondiale, si on se réfère aux notions de cohésion, d’affection, de solidarité et de bénéfice mutuel.

Les avantages de la tribu

Constituant une grande famille, la tribu garantit à ses membres les mêmes bienfaits et les mêmes avantages sociaux que la famille. Car la tribu est une famille au second degré. Ce qu’il importe de souligner, c’est que l’individu peut parfois se livrer à des actes déshonorants qu’il n’oserait commettre en présence de sa famille.

Mais, la famille étant de dimensions réduites, il lui est possible d’échapper à son contrôle, alors que la tribu exerce sa vigilance sur tous ses membres.

Une éducation sociale plus complète

Dans cette perspective, la tribu donne à ses membres un cadre de comportement qui se traduit par une éducation sociale plus complète et plus noble que n’importe quelle éducation scolaire. La tribu est une école sociale dont les membres assimilent, depuis l’enfance, les idéaux élevés qui donnent naissance à un comportement social acquis pour la vie.
Ces idéaux s’enracinent naturellement à mesure que grandit l’être humain, contrairement à l’éducation et les sciences enseignées officiellement et qui s’effacent peu à peu avec l’âge. Il en est ainsi car l’instruction a un caractère officiel, sanctionnée par des examens, et que l’individu a conscience qu’elle lui est imposée.

Un « parapluie » social naturel

La tribu est un « parapluie » social naturel assurant la sécurité dans la société. En vertu de ses traditions, elle garantit collectivement à ses membres le paiement des rançons et des amendes ainsi que la vengeance et la défense, c’est-à-dire une protection sociale.

Liens du sang et liens du cœur

Le lien du sang est à l’origine de la formation d’une tribu, mais il n’est pas le seul, car l’affiliation en est un autre. Avec le temps, la différence entre le lien du sang et le lien d’affiliation s’efface, la tribu apparaît alors comme une entité sociale et physique. Cependant, la tribu est avant tout une entité de lien de sang et d’appartenance.

La nation, une communauté naturelle

Les animaux autres que l’homme vivent également en groupe. Comme l’instinct de groupe est la condition de perpétuité des espèces du règne animal, le nationalisme est la raison de survie des nations.

Le nationalisme, chez l’espèce humaine, et l’instinct de groupe, chez les animaux, sont comme le phénomène de gravitation dans le règne minéral et les corps célestes. Si la masse solaire perdait de sa force de gravité, les gaz qui la composent se disperseraient et son unité serait détruite. L’unité est donc la condition première de survie de toute chose.

Le facteur d’unité de toute communauté est le facteur social, c’est-à-dire le nationalisme. C’est pour cela que les communautés luttent pour leur unité nationale car leur survie en dépend.

Le facteur national, ou lien social, agit automatiquement dans le sens de la survie d’une nation, à l’instar de la force de gravité qui maintient la masse d’un corps autour du noyau. Dans la bombe atomique, la fission et la dispersion des atomes sont provoquées par l’explosion du noyau qui est le centre de gravitation. Le facteur d’unité est donc détruit, la force de gravité s’arrête et les éléments se dispersent. La bombe se désintègre.

Telle est la loi naturelle immuable. L’ignorer ou la transgresser met en danger la vie elle-même. C’est ainsi que la vie de l’homme se détériore lorsqu’il ignore ou transgresse le nationalisme, c’est-à-dire le facteur social, l’attraction de la communauté, le secret de son existence.

Confédéralisme et principe de subsidiarité

La nation est une couverture politique et nationale de l’individu, plus étendue que la couverture sociale offerte par la tribu à ses membres. Le tribalisme est préjudiciable au nationalisme, car l’allégeance tribale affaiblit le loyalisme national. De même, l’allégeance familiale prospère aux dépens du loyalisme tribal et l’affaiblit. Indispensable à la nation, le fanatisme national est en même temps une menace pour l’humanité.

La place de la nation dans l’humanité

Dans la communauté mondiale, la nation occupe la même place que la famille au sein de la tribu. Plus les familles constituant une tribu se querellent, plus grande est la menace qui pèse sur cette tribu. De même, si les membres d’une famille se disputent et si chacun ne poursuit que son propre intérêt, cette famille est menacée; et si les tribus constituant une même nation se querellent, ne cherchant que leurs intérêts, cette nation est menacée.

Le fanatisme national nuit à l’humanité

Le fanatisme national, l’utilisation de la force contre des nations plus faibles, l’enrichissement national par le pillage des ressources d’autres nations, tout cela est néfaste pour l’humanité.

Par contre, l’individu fort, qui se respecte et est conscient de ses responsabilités, est utile pour la famille; de même qu’une famille solide, respectable et consciente de son rôle, est socialement et matériellement utile à la tribu. Enfin, une nation avancée, productive et civilisée est bénéfique pour le monde tout entier. La structure politique et nationale se détériore si elle s’abaisse à de simples considérations familiales ou tribales.

La nation est de même nature que la tribu et la famille

La nation est une grande famille qui a dépassé le stade de la tribu et de l’ensemble des tribus ayant la même origine, ainsi que celles qui, par affiliation, partagent le même destin. La famille ne devient une nation qu’après avoir franchi les étapes de la tribu et ses ramifications et le processus d’intégration par divers mélanges. Socialement, cela se réalise à l’issue d’une période qui ne peut être que longue.

Primauté du sang sur l’adoption

Néanmoins, si le temps fait ainsi naître des nations, il contribue aussi à leur désintégration. L’appartenance à la communauté d’origine et l’apparentement par affiliation sont les deux fondements historiques de la nation. Toutefois l’origine joue un rôle primordial et l’affiliation un rôle secondaire.

Une communauté de destin ouverte
La nation ne se définit pas uniquement par ses racines même si celles-ci constituent la base. Car la nation se forme en outre par l’accumulation, à travers les âges, d’êtres humains se regroupant sur la même aire géographique, forgeant une histoire commune, constituant ensemble un même patrimoine et affrontant le même destin. Abstraction faite des liens de sang, la nation est en définitive un sentiment d’appartenance et une communauté de destin.

Vers une unité de l’Etat et du tribalisme ?

Par ailleurs, il existe une structure politique constituant l’Etat et formant la carte politique du monde. Mais pourquoi cette carte du monde ne cesse-t-elle de se modifier à travers les âges ? Cela vient du fait que cette structure politique peut ne pas coïncider avec la structure sociale. Lorsque ces deux éléments coïncident, une nation est durable et immuable.

Quelles que soient les considérations politiques qui président à la création d’un Etat, la vie de l’individu se fonde sur la famille, la tribu, puis la nation et enfin l’humanité.

Contre l’impérialisme

Ainsi la carte des empires que le monde a connus s’est disloquée parce que ces empires étaient composés de plusieurs nations, chacune d’elles ne tardant pas à se cramponner à son nationalisme et cherchant à conquérir son indépendance. Ainsi l’empire éclate et chacune de ses composantes retourne à son origine sociale. L’Histoire du monde à travers les siècles en donne la preuve irréfutable.

Des écoles sociales naturelles

L’élément essentiel reste le facteur social; le nationalisme en est l’élément constant. Pour former des êtres humains, il convient donc d’insister sur la réalité sociale, préserver la famille, la tribu – en tant que couvertures et écoles sociales naturelles – et enfin la nation. L’individu ne peut apprendre les valeurs sociales qu’auprès de la famille et de la tribu qui forment une structure sociale naturelle sans le concours de quiconque. Il faut prendre soin de la famille dans l’intérêt de l’individu, tout comme il faut prendre soin de tribu dans l’intérêt de la famille, de l’individu et de la nation c’est-à-dire le nationalisme.

Pour l’égalité juridique des sexes

Sur le plan social, la troisième théorie universelle postule l’égalité juridique de la femme et de l’homme. De son Livre Vert, le Guide revient longuement sur le fait que la femme et l’homme sont égaux. Il écrit en introduction de la section :

« La femme est un être humain, l’homme est un être humain ; il n’y a en ceci aucun doute ni divergence. Par conséquent il est tout aussi évident que la femme et l’homme sont égaux. De ce point de vue, la discrimination entre l’homme et la femme est un acte d’injustice flagrante et injustifiable ».

Conquérir l’émancipation, sans devenir des hommes

Mais le Guide insiste sur les différences biologiques entre les sexes, en vertu desquelles les hommes et les femmes ne sauraient accomplir les mêmes tâches. Le texte fait de la question de la répartition sexuée des rôles dans la société une question clé, largement développée, et ne s’arrête pas à la définition du rôle des femmes dans la société libyenne mais appelle à une révolution mondiale :

« Il faut donc une révolution mondiale qui mettra fin à toutes les situations matérielles empêchant la femme d’accomplir son rôle naturel dans la vie et l’obligeant à effectuer les tâches de l’homme pour conquérir l’égalité des droits ».

Contre l’IVG et les crèches

Kadhafi condamne par ailleurs l’interruption volontaire de grossesse et s’oppose aux crèches : celles-ci devraient, selon lui, être réservées aux orphelins car les enfants devraient être, pour leur équilibre, élevés exclusivement par leurs mères et au sein de leurs familles.

La Femme, l’avenir de l’Homme

Mais pourquoi l’homme et la femme ?

Il est bien vrai que la société humaine ne saurait se composer seulement d’hommes ou seulement de femmes; elle est faite naturellement d’hommes et de femmes. Pourquoi n’a-t-il pas été créé uniquement des hommes ou uniquement des femmes ? Après tout qu’est-ce qui distingue l’homme de la femme ? Pourquoi existe-t-il des hommes et des femmes ? L’existence de l’homme et de la femme, et non de l’homme seul ou de la femme seule, doit bien répondre à une nécessité naturelle.

Des rôles et des fonctions différentes

Il en découle qu’aucun d’eux n’est exactement identique à l’autre, et que l’existence d’une différence naturelle entre l’homme et la femme est démontrée justement par le fait qu’ils ont été créés homme et femme. Cela signifie donc que chacun d’eux a son rôle en fonction de la différence qui existe entre eux. En conséquence il doit y avoir, pour accomplir ces rôles naturellement distincts, des conditions de vie différentes prévalant pour chacun d’eux. Pour prendre conscience de ces rôles, il faut comprendre les différences de nature entre l’homme et la femme, ce qui naturellement les distingue:

Affaiblie par sa maternité

La femme est une femelle et l’homme est un mâle. Du point de vue gynécologique – « la femme est sujette aux menstruations, c’est-à-dire à un affaiblissement mensuel; l’homme, en tant que mâle, ne subit pas le même phénomène et n’est pas soumis à un épanchement mensuel de sang. Parce qu’elle est femelle, la femme subit naturellement une menstruation périodique. Lorsqu’elle n’a pas de flux menstruel, la femme est enceinte. Lorsqu’elle est en enceinte, elle se trouve, de ce fait, affaiblie pendant environ un an; ce qui signifie que toutes ses activités normales sont sérieusement réduites jusqu’à ce qu’elle accouche.

L’enfant meurt sans la mère

Lorsqu’elle a son enfant ou qu’elle fait une fausse-couche, elle souffre de troubles puerpéraux, d’un affaiblissement consécutif à tout accouchement ou fausse-couche. N’étant pas sujet à la grossesse, l’homme n’est donc pas soumis à la faiblesse qui caractérise la femme en tant que femelle. Ensuite, la femme doit allaiter son enfant. L’allaitement naturel s’étend sur environ deux ans. De ce fait, la femme est si inséparable de son enfant que son activité s’en trouve sérieusement réduite. Elle devient directement responsable d’un autre être qu’elle aide à accomplir ses fonctions biologiques faute desquelles il mourrait ».

L’homme, au contraire, ne conçoit ni n’allaite.

Toutes ces caractéristiques naturelles produisent des différences innées où l’homme et la femme ne peuvent être égaux. Ceci est en soi la raison de la nécessité de l’existence d’un mâle et d’une femelle, c’est-à-dire d’un homme et d’une femme, chacun d’eux ayant un rôle ou une fonction différents dans la vie.

L’homme et la femme ne sont pas interchangeables

L’homme ne peut en effet remplacer la femme dans l’accomplissement de ses fonctions naturelles. Il importe de remarquer que ces fonctions biologiques sont une lourde charge, imposant à la femme beaucoup d’efforts et de peines. Cependant, faute de ces fonctions qu’accomplit la femme, la vie humaine s’éteindrait. Il s’agit, en conséquence, d’une fonction naturelle qui n’est ni optionnelle ni obligatoire. C’est une fonction nécessaire, dont la seule alternative est l’extinction de la vie humaine.

Contre le Meilleur des Mondes

Renoncer au rôle naturel de la femme dans la maternité, comme remplacer les mères par des crèches, c’est déjà renoncer à la société humaine et la transformer en une société biologique fondée sur un style de vie industriel. Séparer les enfants de leurs mères et les entasser dans des crèches, c’est les assimiler à des poussins, car les crèches sont semblables à ces élevages de volailles où l’on entasse des poussins après l’éclosion des œufs.

Contre l’élevage industriel des enfants

Les volailles, comme toutes les autres espèces du règne animal, ont besoin de la maternité comme une phase naturelle. Les élever dans des poulaillers ressemblant à des usines est donc contraire à leur croissance naturelle. D’ailleurs leur chair rappelle davantage la viande chimique que la viande naturelle. La chair qui provient des élevages industrialisés n’a aucun goût, ni aucune valeur nutritive, puisque les volailles sont élevées contre la nature, sans la protection de la maternité naturelle. La chair des oiseaux sauvages est plus savoureuse et plus nourrissante, car ils croissent et se nourrissent naturellement.

L’enfant préfère la mère à la crèche

Si l’on essayait de déterminer expérimentalement l’attirance naturelle que l’enfant éprouve, soit pour sa mère, soit pour la crèche, on verrait l’enfant opter pour sa mère et non pour la crèche. Puisque la tendance naturelle de l’enfant le porte vers sa mère, c’est elle qui est naturellement désignée pour lui donner protection et soins. Placer un enfant dans une crèche constitue un abus de pouvoir et une répression contre les tendances librement exprimées.

La crèche, une contrainte économique

Pour tout être vivant, la croissance naturelle doit être saine et libre. Remplacer la mère par une crèche, c’est exercer un pouvoir de coercition contre cette croissance saine et libre. Les enfants que l’on conduit à la crèche y sont menés sous la contrainte, par ruse ou par inconscience de l’enfant. On les conduit à la crèche en fonction de considérations purement matérielles et non sociales.

Des tâches antisociales et antimaternelles

Délivrés de l’arbitraire et de l’inconscience puérile, ces enfants refuseraient la crèche et s’accrocheraient à leur mère. La seule justification d’un comportement aussi contraire à la nature et à l’humanité vient de ce que la femme est elle-même placée dans une situation contraire à sa nature, c’est-à-dire obligée d’accomplir des tâches antisociales et anti-maternelles.

La maternité est propre à la femelle, non au mâle

Dès lors que la nature lui a assigné un rôle différent de celui de l’homme, la femme doit être mise en mesure d’assumer son rôle naturel. La maternité est propre à la femelle, non au mâle. Il est donc contraire à la nature de séparer les enfants de leur mère. Toute entreprise visant à éloigner l’enfant de sa mère relève de la contrainte, de l’oppression et de la dictature. La mère qui se démet de la maternité transgresse son rôle naturel dans la vie.

Des dispositions favorables, non autoritaires et non oppressives

La femme doit jouir de ses droits et bénéficier de dispositions favorables, non autoritaires et non oppressives. Ainsi peut-elle s’acquitter de son rôle naturel dans des conditions normales. Tout ce qui s’écarte de ce principe est générateur de contradiction. La femme que l’on oblige à abandonner sa fonction naturelle de conception et de maternité est soumise à une contrainte et à une forme de dictature. La femme qui a besoin d’un travail lui interdisant d’accomplir sa fonction naturelle n’est pas libre, elle est contrainte par la nécessité, car la nécessité est un frein à la liberté.

Contre le travail des femmes enceintes

Parmi les conditions favorables et même indispensables à l’accomplissement par la femme de son rôle naturel, distinct de celui de l’homme, certaines s’adressent à un être humain diminué et accablé par la grossesse, car porter un autre être humain dans son sein représente une incapacité physique. C’est une injustice que d’imposer à une future maman des travaux de force incompatibles avec son état. Les travaux de ce genre sont en quelque sorte une punition pour la femme lorsqu’elle trahit, sur le plan humain, son devoir maternel. C’est aussi une pénalité qu’elle paie pour entrer dans le monde des hommes, qui ne sont naturellement pas du même sexe.

Contre le néo-féminisme capitaliste

Même lorsqu’elle émane d’une femme, l’idée selon laquelle les femmes exécutent de leur plein gré des travaux pénibles est une idée complètement fausse. Elles n’accomplissent de pareilles tâches que parce qu’une société dure et matérialiste les place, sans qu’elles en soient bien conscientes, dans une situation de contrainte. Tout en pensant qu’elle travaille de son plein gré, la femme n’a d’autre solution que de se plier aux conditions de cette société. Et pourtant, le principe qui dit qu’ « aucune différence n’existe, en aucun domaine, entre l’homme et la femme » prive cette dernière de sa liberté.

Contre l’abolition du privilège des mères

L’expression « en aucun domaine » est une monstrueuse tromperie pour la femme. Cette idée risque d’abolir le statut convenable et indispensable, le privilège dont la femme devrait bénéficier exclusivement, conformément à sa nature découlant de son rôle naturel dans la vie.

  • Revendiquer l’égalité entre l’homme et la femme dans le transport de lourdes charges, alors que la femme est enceinte, constitue une injustice et une cruauté.
  • Réclamer l’égalité entre eux pour le jeûne et les privations alors qu’elle allaite, c’est une injustice et une cruauté.
  • Réclamer l’égalité pour eux pour les travaux répugnants, qui souillent sa beauté et dégradent sa féminité, c’est également injuste et cruel. Comme est injuste et cruelle l’éducation qui conduit la femme à des tâches qui ne sont pas faites pour elle.

Il n’y a aucune différence entre l’homme et la femme, dans tout ce qui est humain.

Nul ne doit épouser une autre personne contre son gré, ou divorcer sans consentement mutuel ou sans un juste procès qui lui donne raison. La femme ne peut se remarier avant d’avoir divorcé, l’homme ne peut se remarier sans accord ou divorce.

La maîtresse du foyer

La femme est la « maîtresse » de maison car tel est le statut convenable et nécessaire de celle qui subit l’affaiblissement menstruel, qui conçoit, qui accouche et qui accomplit les devoirs maternels. La maison, en tant que foyer pour la maternité, revient toujours à la femelle (même dans le règne animal) dont le devoir est naturellement maternel. Priver les enfants de leur mère ou la femme de sa maison relève donc de l’arbitraire.

La femme est avant tout une femelle.

A ce titre, ses caractéristiques biologiques diffèrent de celles de l’homme. Les caractéristiques biologiques de la femelle, différentes, en effet, de celles du mâle, ont donné à la femme, dans son aspect et dans son être, des traits distincts de ceux de l’homme. L’anatomie est différente, tout comme elle l’est chez les végétaux et les animaux. C’est là un fait naturel et indéniable. Dans le règne végétal et le règne animal, le mâle possède naturellement la force et l’endurance, la femme la beauté et la délicatesse. Ce sont là des caractéristiques innées, naturelles et éternelles, communes à tous les êtres vivants, qu’ils soient des hommes, des animaux et des plantes.

La nature est conçue en harmonie

Du fait de sa nature différente et conformément aux lois naturelles, le mâle joue de son plein gré le rôle de l’être fort et endurant, simplement parce qu’il a été ainsi créé. Cette loi est juste parce que, d’une part, elle est voulue par la nature, et d’autre part parce qu’elle est le fondement de la liberté. Car tous les êtres vivants sont créés libres, et toute manipulation de cette liberté constitue un acte de contrainte. La non-reconnaissance de ces rôles naturels et la non-observation de leurs limites sont des actes de négligence, et équivalent à une destruction de la vie même. La nature est ainsi conçue en harmonie avec l’inévitable transmission de la vie, de ce qui existe à ce qui advient.

La créature vivante est une entité qui vit inexorablement jusqu’à ce qu’elle meure. Du début à la fin, l’existence se fonde sur la loi naturelle où il n’y a ni choix ni contrainte. C’est la nature. C’est la liberté naturelle.

Quand on essaie de faire de la femme un homme

Chez les animaux et les plantes comme chez l’homme, il doit y avoir un mâle et une femelle pour qu’apparaisse la vie, du début à la fin. Ils ne se contentent pas d’exister, ils doivent jouer, avec une absolue efficacité, le rôle naturel pour lequel ils sont créés. S’ils ne remplissent pas naturellement leur rôle c’est qu’il y a un défaut dû à une raison quelconque. C’est ce qui existe dans les sociétés contemporaines et presque partout dans le monde par suite de la confusion des rôles entre l’homme et la femme, car l’on essaie de faire de la femme un homme.

Créateurs dans leurs fonctions respectives

En accord avec leur nature et ses objectifs, ils doivent se montrer créateurs dans leurs fonctions respectives. L’inverse est rétrograde: c’est la tendance anti-naturelle, destructrice des fondements de la liberté et contraire à la vie et à l’existence. Il faut que chacun d’eux accomplisse le rôle qui lui a été attribué; il ne doit pas y renoncer, car de tout désistement total ou partiel ne peut découler qu’une situation arbitraire, une situation anormale. En conséquence, la renonciation au rôle naturel de femelle ou de mâle ne peut résulter que d’une situation contraire à la nature, opposée à la liberté et mettant en péril l’existence même.

Défendre la maternité dans l’égalité des droits

Il faut donc une révolution mondiale qui mettra fin à toutes les situations matérielles empêchant la femme d’accomplir son rôle naturel dans la vie et l’obligeant à effectuer les tâches de l’homme pour conquérir l’égalité des droits. Cette révolution se produira inévitablement, en particulier dans les sociétés industrielles, comme une réaction de l’instinct de survie, sans même avoir besoin d’un instigateur tel que le Livre vert.

L’Orient marchandise les femmes, l’Occident les nie

Toutes les sociétés, de nos jours, considèrent la femme comme une marchandise, l’Orient, comme un article à vendre ou à acheter, et l’Occident ne la considère pas comme femelle.

Les taches masculines effacent la beauté florale de la femme

Obliger la femme à effectuer le travail de l’homme c’est se livrer à une injuste agression contre sa féminité dont elle a été naturellement pourvue afin d’accomplir une fonction nécessaire à la vie. Car les taches masculines effacent la beauté de la femme mise en évidence par la nature pour accomplir des tâches non masculines. Cette beauté est comme les corolles destinées à attirer le pollen et à produire la semence. Si l’on supprimait les fleurs, le rôle vital des plantes prendrait fin. C’est l’embellissement naturel des papillons, des oiseaux et des femelles de toutes les autres espèces qui est créé pour répondre à une mission vitale.

Jouir des mêmes droits en restant femme

La femme qui fait un travail d’homme est amenée à se changer en homme, délaissant ainsi son rôle et sa beauté. Elle doit jouir de la totalité de ses droits sans être obligée de se transformer en homme et de perdre sa féminité.

La constitution physique, naturellement différente entre l’homme et la femme, entraîne des différences dans le fonctionnement de leurs organes et conduit à une différence naturelle résultant des différences physiologiques entre eux, se traduisant par des différences dans la mentalité, l’esprit, la sensibilité et l’anatomie.

La femme est affectueuse, belle, émotive et craintive. Bref, la femme est douce et l’homme brutal, et cela en vertu de leurs caractéristiques innées.

Ignorer les différences naturelles entre l’homme et la femme et confondre leurs rôles procède d’une attitude contraire à la civilisation, hostile aux lois de la nature, néfaste pour la vie humaine et cause de misères dans la vie sociale.

Des sociétés matérialistes asexuées

Les sociétés industrielles modernes, qui ont obligé la femme à s’adapter aux mêmes travaux de force que les hommes, au détriment de sa féminité et de son rôle naturel en ce qui concerne sa beauté, sa maternité et sa quiétude, ne sont pas civilisées. Ce sont des sociétés matérialistes. Vouloir les imiter est aussi absurde que dangereux pour la civilisation et l’humanité.

La société doit fournir du travail à tous ses membres valides -hommes et femmes-

La question n’est pas de savoir si la femme doit ou non travailler -conception d’un matérialisme ridicule-. La société doit fournir du travail à tous ses membres valides -hommes et femmes- qui en ont besoin, mais à condition que chaque individu puisse exercer son activité dans le domaine qui lui convient et ne soit pas contraint d’accomplir une tâche pour laquelle il n’est pas fait. Imposer aux enfants les conditions de travail des adultes relève de l’injustice et de la tyrannie. De même est-il injuste et tyrannique d’imposer à la femme les conditions de travail de l’homme.

La liberté d’apprendre pour choisir son destin

La liberté est que tout être humain acquière la connaissance lui permettant d’exercer l’activité qui lui convient. La tyrannie consiste à obliger les êtres humains à apprendre des choses qui ne leur conviennent pas, qui les conduisent à exercer une activité qui n’est pas faite pour eux. Le travail qui convient à l’homme n’est pas toujours adapté à la femme, et le savoir profitable à l’enfant est différent du savoir approprié à l’adulte.

Différencier l’humain du devoir

Du point de vue des droits de l’être humain, il n’y a pas de différence entre l’homme et la femme, entre l’enfant et l’adulte. Mais pour ce qui est des devoirs, il n’existe pas entre eux d’égalité absolue.