Thomas Sankara, contre le patriarcat, pour l’émancipation des femmes et la démocratie participative

Thomas Sankara est un homme politique anti-impérialiste, panafricaniste et tiers-mondiste burkinabé. Il est né le 21 décembre 1949 à Yako en Haute-Volta et mort assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou au Burkina Faso. Il est considéré par certains comme le Che Guevara africain.

Un révolutionnaire pan-africaniste

Il incarne et dirige la révolution burkinabé du 4 août 1983 jusqu’à son assassinat lors d’un coup d’État qui amène au pouvoir Blaise Compaoré, le 15 octobre 1987. Il fait notamment changer le nom de la Haute-Volta, nom issu de la colonisation, en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui est un mélange de moré et de dioula et signifie pays des hommes intègres. Il conduit une politique d’affranchissement du peuple burkinabé. Son gouvernement entreprend des réformes majeures pour combattre la corruption et améliorer l’éducation, l’agriculture et le statut des femmes.

Discours de Thomas Sankara le 8 mars 1987 : La libération de la femme : une exigence du futur (pdf)

Thomas Sankara, L’émancipation des femmes et la libération de l’Afrique, Pathfinder, 1990, 2001, 2008.

Une nouvelle démocratie tribale

Souhaitant redonner le pouvoir au peuple, dans une logique de démocratie participative, il créa les CDR (Comités de défense de la révolution) auxquels tout le monde pouvait participer, et qui assuraient la gestion des questions locales et organisaient les grandes actions. Les CDR étaient coordonnés dans le CNR (Conseil national de la révolution). Cette politique aurait réduit la malnutrition, la soif (avec la construction massive par les CDR de puits et retenues d’eau), la diffusion des maladies (grâce aux politiques de « vaccinations commandos », notamment des enfants, burkinabés ou non) et l’analphabétisme (l’analphabétisme serait passé pour les hommes de 95 % à 80 %, et pour les femmes de 99 % à 98 %, grâce aux « opérations alpha »).

Contre l’ancien tribalisme féodal

Sankara a également tenté de rompre avec la société traditionnelle inégalitaire burkinabé, en affaiblissant le pouvoir des chefs de tribus, et en cherchant à intégrer les femmes dans la société à l’égal des hommes. Il a aussi institué la coutume de planter un arbre à chaque grande occasion pour lutter contre la désertification.

Contre les luxes de l’Etat

Il est le seul président d’Afrique à avoir vendu les luxueuses voitures de fonctions de l’État pour les remplacer par de basiques Renault 5. Il faisait tous ses voyages en classe touriste et ses collaborateurs étaient tenus de faire de même. Il est célèbre aussi pour son habitude de toujours visiter Harlem (et d’y faire un discours) avant d’arriver à l’ONU.

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