Matriarcat Baoulé (Côte d’Ivoire) : reine célibataire, et culte des ancêtres maternels

Les Baoulés constituent un peuple de Côte d’Ivoire, vivant essentiellement au centre du pays, près des villes de Bouaké et de Yamoussoukro. Ils représentent environ 23 % de la population du pays (environ 3 943 667 d’individus) ce qui fait du Baoulé la première ethnie du pays devant les Bétés et les Senoufos qui constituent respectivement la deuxième et la troisième ethnie du pays. Les Baoulés font partie du groupe Akan, et sont originaires du Ghana voisin. Il s’installent en Côte d’Ivoire au XVIIIe siècle, guidés par la reine Abla Pokou. Le nom Baoulé vient du sacrifice, par la reine Pokou, de l’un de ses fils afin de passer un fleuve, alors qu’elle menait la fuite de son peuple du Ghana : “ba ou li” (“l’enfant est mort”). Les Baoulé se sont établis entre les fleuves Bandama et Comoé.

Un culte des ancêtres matrilinéaires

Société matrilinéaire akan du centre de la Côte d’Ivoire d’environ 800 000 vivants. Les Baoulés de Cote d’Ivoire forment des lignages a filiation matrilinéaire hierarchisées autour du lignage royal. A part les nombreux cultes voués aux esprits et aux puissances surnaturelles , les activités religieuses essentielle concernent le culte des ancêtres , le hissant au niveau d’un culte des dieux. Les Baoulé sont encore très près du matriarcat.   Il est vraisemblable que leur coutume fut autrefois celle qui régit encore la famille de la reine Koua Moungué, au village de Koissi Blékro.

La reine célibataire

La reine ne se marie pas. Elle choisit un homme. Les parentes se marient, mais exigent la monogamie, ce qui ne laisse pas de mécontenter leurs époux, car elles les tiennent en respect pendant toute la durée de la gestation et de l’allaitement, prolongé parfois jusqu’à 5 ans. Le mari habite chez sa femme, les enfants appartiennent à leur oncle maternel. La femme ne porte pas le deuil de son mari. Le mari, pendant une année après la mort de la femme, ne dort pas, et par conséquent, ne cultive ni ne récolte. On le nourrit, mais il ne mange que le soir. Il doit s’abstenir de rapports sexuels. A Bouaké prévaut le mariage avec période matrilocale, le mari desservant, plusieurs épouses chez elles, puis les réunissant autour de lui, lorsqu’il a gagné ce droit par son travail. Le pouvoir est alors partagé.

Un partage sexué de la garde des enfants

Les filles sont à la mère, les garçons au père. Après le tardif sevrage, la mère ne donne plus aucun soin à ses garçons. Ils accompagnent leur père qui s’en va aux champs, la cage à poulets sur la tête, poulets du mari, poulets de la femme, nourris sur les termitières. Les cultures vivrières sont réservées aux femmes, mais le mari aide les femmes et elles le nourrissent. L’excédent des récoltes est vendu par les femmes. Pour les produits, industriels, c’est l’inverse. Ils sont au mari, les femmes l’aident et reçoivent un cadeau.

Après la période matrilocale

Le mari vient d’abord habiter chez la femme et cultive pour son beau-père. Lorsqu’il a donné 2 enfants, il peut emmener la femme. Pendant la période matrilocale, la femme a le droit de gifler le mari; après, c’est le mari qui peut gifler la femme. Elle n’a aucun droit sur les récoltes. Il l’habille et lui donne un peu d’argent.

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