Matriarcat Berbère (Maghreb) : des résistantes à l’islam aux amazones de Kadhafi

Les Berbères (en berbère Imazighen, et au singulier Amazigh) sont un ensemble d’ethnies autochtones d’Afrique du Nord. Ils occupaient, à une certaine époque, un large territoire qui allait de l’Ouest de la vallée du Nil jusqu’à l’Atlantique et l’ensemble du Sahara et y fondèrent de puissants royaumes, formés de tribus confédérées. Connus dans l’Antiquité sous les noms de Libyens, Maures, Gétules, Garamantes ou encore Numides, ils connurent ensuite la conquête romaine, la christianisation, l’invasion vandale, la conquête arabe et la conversion à l’islam. Par contre chez les Touareg, c’est la femme qui choisit son futur époux. Les rites de mariages sont différents pour chaque tribu. Les familles sont soit patriarcales ou matriarcales, selon la tribu.

Lire Matriarcat touareg – Hélène Claudo Hawad – L’encyclopédie berbère

La femme est l’égale de l’homme

Les femmes détiennent un pouvoir absolu à l’intérieur de la tente. Depuis les invasions arabes, les berbères pratiquent un islam extrêmement tolérant, mêlé d’animisme. Hérodote (484-425 av. J.-C.) dit que les Maxyes — les Berbères — prétendent descendre des Troyens. Lorsque les Arabes ont d’abord attaqué Tunis en 683, le chef de la résistance berbère Kosaïla, une femme, les a vaincus. Mais a été tuée dans une bataille trois ans plus tard, en 686. Elle a été remplacée par une autre femme que les Arabes appelaient Kahina (sorcière), une veuve âgée qui a vécu 127 années d’après la légende. Même aujourd’hui, les peuples berbères d’Afrique du Nord attachent beaucoup d’importance aux prophéties quand à l’avenir. Il n’est pas rare que ces prophéties soient faites par une prophétesse qui est censée avoir des pouvoirs surnaturels.

La Kahina, une cheffe résistante à l’invasion islamique
Kahina, reine guerrière berbère, cheffe de la résistance amazigh aux invasions islamiques

Au VIIe siècle, Dihya (en arabe : sage, stratège), ou la Kahina ( »sorcière » en arabe), est une reine guerrière berbère, qui unifia les tribus amazigh pour résister aux invasions islamiques. Elle gagna de nombreuses batailles et mis en échec les musulmans pendant cinq ans. Païenne, elle ne fut jamais mariée, eut des amants et des enfants hors mariage. Dihya, Tadmayt ou encore Tadmut pourrait signifier tout simplement « La belle gazelle ».

Cette cheffe de guerre unifia les tribus berbères de l’Ifrikiya : de la Méditerranée au Sahara, de l’actuelle Tunisie jusqu’à l’actuelle Algérie. Cette unification n’a jamais eut d’équivalent jusqu’à aujourd’hui. En 697, elle écrase l’armée d’Ibn en Nu’man près de l’Oued Nini, à 16 km d’Aïn al Bayda (est de l’Algérie). Les troupes imazighen font tant de victimes que les musulmans appelèrent le lieu « Nahr Al Bala », ce qui se traduit par « la rivière des souffrances ».

 »Cinq ans pendant lesquels la Kahina règne sur toute la région. Elle administre, elle juge, elle protège. Les guerriers et les chefs de tribus reconnaissent ses qualités de stratège. Ils font allégeance à cette femme immensément belle dont le regard fascine, cette cavalière Amazigh (Amazone?) hors pair qui combat au milieu des siens, les armes à la main. » – Gisèle Halimi

Connue pour sa grande générosité, elle a libéré tous ses prisonniers arabes, sauf un, Yésid ou Khaled. Elle adopta ce dernier en faisant le signe de l’allaitement, selon l’ancien rite matriarcal berbère. Il devient certainement son esclave, mais aussi son amant, et ils tombent amoureux l’un de l’autre. Vaincue et traquée, elle se réfugie avec ses partisans dans l’arène Romaine d’El Jem (dans l’actuelle Tunisie), et y résista durant quatre ans. Selon la légende, elle fut trahie par son jeune amant arabe qui la poignarda et envoya sa tête embaumée au chef des armées ennemies.

Contre la marchandisation des femmes

« Ils s’étonnent de vous voir dirigés par une femme. C’est qu’ils sont des marchands d’esclaves. Ils voilent leurs femmes pour mieux les vendre. Pour eux, la plus belle fille n’est que marchandise. Il ne faut surtout pas qu’on la voie de trop près. Ils l’enveloppent, la dissimulent comme un trésor volé. Il ne faut surtout pas qu’elle parle, qu’on l’écoute. Une femme libre les scandalise, pour eux je suis le diable. Ils ne peuvent pas comprendre, aveuglés par leur religion. » – propos allégués à la Kahina

Les amazones de Libye

Vidéo : les amazones du chef libyen Kadhafi, sa garde rapprochée féminine

Selon l’historien Diodore de Sicile, les amazones africaines viennent de Libye. Elles avaient disparu bien avant la guerre de Troie alors que celles de Thermodon en Asie Mineure étaient en pleine expansion. Les Gorgones contre lesquelles avait combattu Persée étaient elles aussi originaires de la Libye.

Articles connexes

Tanit, déesse-mère berbère de Carthage (phéniciens de la Tunisie antique), et épouse sacrificielle de Baal-Moloch (prototype de Yahvé)

Africa, déesse berbère et romaine de l’Afrique

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