Matriarcat Bochiman (Afrique australe) : une « civilisation de l’arc » vieille de 20 000 ans menacée par la modernisation forcée

Les plus anciens habitants de l’Afrique

Les Bochimans constituent une population d’Afrique australe vivant aujourd’hui principalement dans le désert du Kalahari. Traditionnellementchasseurs-cueilleurs, ils sont désormais largement sédentarisés. Ils seraient environ 100 000 dans toute l’Afrique australe aujourd’hui. C’est une société matrilinéaire. Les Bochimans sont les plus anciens habitants de l’Afrique australe où ils vivent depuis au moins 20 000 ans. Leur habitat actuel est réduit au désert du Kalahari.

Ceux qui suivent l’éclair

Les noms français « Bochimans » ou « Bosjesmans » sont dérivés du mot néerlandais « bosjesman », introduit par les Boers et signifiant littéralement « hommes des buissons » ou « hommes de la brousse ». Les colons anglais ont utilisé la traduction littérale « Bushmen ». « San » est une dénomination introduite par les Namaquas (peuple de pasteurs de Namibie). Elle est plus politiquement correcte que « Bushmen » et les Bochimans l’utilisent eux-mêmes pour se désigner. Auparavant, ils se définissaient simplement comme « ceux qui suivent l’éclair » car ils se déplaçaient en fonction des pluies pour se nourrir de fruits, de racines et de gibier.

Des chasseurs-cueilleurs du désert

Les Bochimans sont des chasseurs-cueilleurs qui, pendant des milliers d’années, ont trouvé leur subsistance dans le désert grâce à leurs connaissances et à leurs compétences. Ils chassent — principalement plusieurs espèces d’antilopes — mais leur nourriture quotidienne a toujours été surtout constituée de fruits, baies et racines du désert. Ils se construisent des abris de bois temporaires. Beaucoup d’entre eux ont été forcés de quitter leur territoire et de vivre dans des villages situés dans des zones impropres à la chasse et à la cueillette.

Une sédentarisation forcée

Au Botswana notamment, ils subissent la discrimination et l’ostracisme de la société tswana malgré ou à cause du programme de sédentarisation lancé par le gouvernement. Relogés dans des camps misérables ou bien vivant dans les ranchs dans lesquels ils travaillent, les Bochimans sont rejetés et marginalisés à l’instar des Aborigènes d’Australie. On recense 100 000 Bochimans dans toute l’Afrique australe aujourd’hui. Quelque 3 000 Bushmen vivraient encore au centre du Kalahari mais dans une réserve naturelle créée par le gouvernement botswanais. Ils poursuivent leur vie nomade, derniers survivants de ce que les archéologues ont appelé la « civilisation de l’arc ». Les autres sont sédentarisés.

Matriarcat Yei

Société matrilinéaire, ils vécurent également dans le delta de l’Okavango (Botswana), se déplaçant en mokoro (pirogue) dans les bras immense du fleuve. Ils subirent l’esclavage comme les Mbukushu de la part des Tswana, plus puissants. Aujourd’hui, certains sont encore dans le delta et vivent de chasse et de pêche.

Matriarcat Tswana

Chez les Tswana d’Afrique du Sud, un enfant à une place dans le foyer des parents de sa mère, dit le proverbe. Un oncle maternel lié, doit en particulier être consulté dans tous les cas touchant spécialement les enfants de sa sœur.

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