Matriarcat Chewa (Malawi, Mozambique, Zambie)

Les Chewa sont un peuple d’Afrique australe, établi surtout au Malawi où ils forment le groupe le plus nombreux. Ils sont également présents en Zambie, au Mozambique et à un moindre degré au Zimbabwe. En 1993 leur nombre total était évalué à plus de deux millions.

Le Gule Wamkulu est à la fois un culte secret et une danse rituelle pratiquée par la population Chewa établie dans le nord de la Zambie, du Malawi et du Mozambique. Il est dansé par les membres de la confrérie Nyau, qui est une sorte de société secrète d’hommes Chewa initiés. Dans la société traditionnelle matrilinéaire des Chewa, les maris jouaient un rôle relativement marginal, de sorte que le Nyau devenait un moyen pour établir un contre-poids et de créer une solidarité entre les hommes de divers villages. Ces sociétés étaient chargées de l’initiation des jeunes garçons à l’âge adulte. Ce sont leurs membres qui dansent le Gule Wamkulu à la fin de l’initiation pour fêter l’intégration des garçons dans la société des adultes.

Le Gule Wamkulu est exécuté pendant la saison qui suit la moisson de juillet, accompagnant les cérémonies d’initiation, mais aussi les mariages, les funérailles, l’entrée en fonction ou la mort d’un chef. A cette occasion, les danseurs nyau portent des costumes et des masques faits de bois et de paille représentant toutes sortes de figures, comme des animaux sauvages, les esprits des morts, les marchands d’esclaves ou des symboles plus récents comme la «honda» ou l’«hélicoptère». Chacune de ces figures représente un personnage particulier, souvent malfaisant, qui correspond à certaines formes de mauvaise conduite et permet d’enseigner les valeurs morales et sociales au public. En tant que représentants du monde des esprits et des morts, ces personnages exécutent avec une énergie extraordinaire des danses et des mouvements artistiques qui divertissent et effraient à la fois le public. Les masques sont fabriqués par des artisans professionnels ou amateurs.

Il y a des preuves que Gule Wamkulu existait sous le grand empire Chewa du 17ème siècle. Malgré les tentatives des missionnaires chrétiens pour l’interdire dans les communautés Chewa, cette pratique a réussi à survivre sous la domination de l’empire britannique en adoptant certains aspects du christianisme. De nos jours, même si le système matrilinéaire a perdu de son importance sociale, les sociétés nyau restent très vivantes. Les hommes Chewa sont souvent en même temps membres d’une église chrétienne et d’une société nyau. Cependant, le Gule Wamkulu perd peu à peu de ses fonctions et signification originales dans la mesure où il tend à être réduit à un divertissement pour touristes ou mis au service de partis politiques.Le Gule Wamkulu est exécuté pendant la saison qui suit la moisson de juillet, accompagnant les cérémonies d’initiation, mais aussi les mariages, les funérailles, l’entrée en fonction ou la mort d’un chef. A cette occasion, les danseurs nyau portent des costumes et des masques faits de bois et de paille représentant toutes sortes de figures, comme des animaux sauvages, les esprits des morts, les marchands d’esclaves ou des symboles plus récents comme la «honda» ou l’«hélicoptère». Chacune de ces figures représente un personnage particulier, souvent malfaisant, qui correspond à certaines formes de mauvaise conduite et permet d’enseigner les valeurs morales et sociales au public. En tant que représentants du monde des esprits et des morts, ces personnages exécutent avec une énergie extraordinaire des danses et des mouvements artistiques qui divertissent et effraient à la fois le public. Les masques sont fabriqués par des artisans professionnels ou amateurs.