Matriarcat égyptien : la reine incarnation d’Isis, plus puissante que le pharaon, son frère-époux

Une société où les femmes sont libres et puissantes, où les corps sont nus et séduisants, où le sexe est une joyeuse fête sacrée, où la prostitution n’a pas laissé de traces, où le « mariage incestueux » est la norme, où « l’adultère » n’est pas réprimé, où la paternité n’est pas un soucis, où il n’y a pas d’enfants illégitimes… est évidemment une société matriarcale sans père ni mari !

Il n’existe aucune société au monde où l’adultère et l’inceste ne soient pas condamnés, et où ils seraient au contraire érigés en normes institutionnelles. Dans une société adultère, la filiation n’est donc plus paternelle mais maternelle. Si l’adultère est légal, à quoi bon le mariage, et à quoi bon entre frère et sœur, ou entre père et fille ? Ces mariages incestueux n’existent nul part ailleurs qu’en Egypte, et sont incompatibles avec une si brillante civilisation, où les femmes sont libres et puissantes, d’après les romains même. Comment cela est-ce possible, sachant que de telles unions consanguines multiplient les risques de maladies génétiques, telles qu’on peut par exemple les observer dans les sociétés patriarcales islamiques ? Par contre, dans les royautés matrilinéaires africaines, le roi règne avec sa sœur, et lègue son trône à ses neveux maternels et non à ses fils. Le mariage égyptien est-il réellement une union sexuelle ? Si tel n’est pas le cas, la filiation est bien maternelle. Ainsi, Cléopâtre se « mariât-t-elle » avec ses 2 frères, avec qui elle n’eut jamais d’enfants. Par contre, elle eut 2 relations extra-conjugales, avec Jules César et Marc Antoine, dont elle eut des enfants illégitimes. L’un de ses bâtards, Césarion, monta sur le trône d’Egypte en succédant à ses oncles maternels, ce qui confirme bien que l’Egypte pharaonique fut matriarcale.

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Place de la femme dans l’Égypte antique

Officiellement, l’Egypte pharaonique n’était pas matriarcale. Il y a d’abord confusion des termes : le matriarcat n’est pas le pouvoir aux femmes, mais le droit maternel. Ensuite, le pouvoir ne se décrète pas, c’est un rapport de forces entre dirigeants et dirigés, suivant leur quantités respectives de propriété : qui possède le plus influence le plus sur les décisions. Dans le matriarcat, si les chefs sont généralement des hommes, la propriété est majoritairement aux mains des femmes.

Dans ce sens, la société égyptienne était obligatoirement matriarcale : la femme est émancipée et accède à de hautes fonctions, il n’y a pas réellement de « mariage », mais seulement concubinage, ou simplement vie commune, avec la famille maternelle par exemple (mères, frères et oncles…), il n’y a pas de répression sexuelle, et pas de soucis de légitimité de l’enfant ni de sa paternité… Il ne peut donc y avoir de filiation paternelle, ni de droit paternel. Donc point de patriarcat en Egypte antique.

Mariage patrilinéaire ou concubinage matrilinéaire ?

Dans la plupart des cas, le mariage est la simple concrétisation d’un désir mutuel de vivre ensemble et de fonder une famille ; le « mariage » se réduit alors au simple fait d’habiter sous le même toit. Pour ce faire, il semble que nulle procédure administrative ni religieuse n’ait été requise : le consentement des époux aurait suffi. La femme est libre de choisir son époux et la morale égyptienne défendait au père de contrecarrer les désirs de sa fille.

Émancipation et matrilignage

L’analyse des papyrus démotiques du Louvre a permis au savant égyptologue de constater que les anciens contrats de mariage ne mentionnent pas les biens de la femme, quelque nombreux et importants qu’ils aient été, le mari n’ayant aucun droit dessus, tandis qu’on spécifiait la somme qu’il devait payer à sa femme, soit comme don nuptial, pension annuelle et amende en cas de divorce. L’épouse est toujours maîtresse absolue de ses biens qu’elle administre et dont elle dispose à son vouloir. Elle vend, achète, prête, emprunte ; bref, fait sans contrôle tous les actes de chef de famille.

Les faits rapportés par Hérodote et Diodore, confirmés par les travaux de Champollion-Figeac et des égyptologues, démontrent que la femme égyptienne occupait dans la famille la même position que les dames naïrs et targuies. Les inscriptions funéraires recueillies dans la vallée du Nil mentionnent fréquemment le nom de la mère, mais non celui du père.

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« Parfois, dit M. Révillout, on indique par parallélisme que le personnage en question était le fils d’un tel. Mais cette désignation patronymique était très rare dans la langue sacrée… Ajoutons que la femme mariée, mère ou épouse, est toujours nebt pas, dame de maison, maîtresse de maison », M. Révillout est tout scandalisé (égyptologue français, mort en 1880). – Extrait de  Le matriarcat, étude sur les origines de la famille, de Paul Lafargue –

Une position des femmes qui choque les grecs

Dans la vallée du Nil, cet antique berceau de la civilisation, les femmes du temps d’Hérodote avaient une situation si privilégiée, que les Grecs appelaient l’Égypte « un pays à rebours ».

L’historien d’Halicarnasse expliquait ce contraste par la nature du Nil, si différente de celle des autres fleuves :  »ainsi les usages des Égyptiens et leurs lois diffèrent des mœurs et des coutumes des autres peuples… Les hommes portent les fardeaux sur la tête et les femmes sur les épaules. Les femmes vont au marché et trafiquent, tandis que les hommes renfermés dans les maisons travaillent à la toile… Les enfants mâles ne sont point contraints par la loi de nourrir leurs parents ; cette charge incombe de droit aux filles ».

Cette condition imposée aux filles suffirait à elle seule pour établir que les biens de la famille appartenaient aux femmes, comme c’était le cas chez les Naïrs du Kerala (Inde) et les Touaregs du Sahara : et partout où la femme possède cette position économique, elle n’est pas sous la tutelle du mari, elle est chef de famille.

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La reine plus puissante que le pharaon son frère-époux

Diodore de Sicile, qui avait visité l’Égypte du temps entre 60 et 56 avant notre ère, écrit que les Égyptiens avaient adopté une loi qui «permettait aux hommes d’épouser des sœurs» et ajoute qu ‘«il a été ordonné que la reine devrait avoir plus de pouvoir et d’honneur que le roi et que les autres personnes de haut rang, et que la femme doit jouir de l’autorité sur son mari ».

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Les reines guerrières d’Égypte

Les reines guerrières Egyptiennes étaient Ahotep, et Arsinoé II & III, et toutes celles qui etaient descendantes de la Maison Royale de Kush. Elles régnaient sur l’Egypte et commendaient leurs armées et leurs flottes navales pendant l’ère de la civilisation Romaine. En ce qui concerne Ahotep, pour preuve de la haute considération dans laquelle elle était tenue, son fils Ahmosis dit d’elle, dans sa stèle de Karnak : « Celle qui a accompli les rites et pris soin de l’Égypte. Elle a veillé sur ses troupes et les a protégées. Elle a ramené ses fugitifs et rassemblé ses déserteurs. Elle a pacifié la Haute Égypte et a chassé les rebelles. »

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Des reines bâtisseuses effacées

Certaines femmes ont assumé le pouvoir du pharaon, la plus importante d’entre elles fut la reine Hatchepsout, qui régna de 1503 à 1483 avant notre ère. Elle avait entrepris des projets de construction d’envergure, et a développé le commerce et l’agriculture. Son règne a été considéré comme une période prospère, mais son successeur Thoutmosis III détruisit un grand nombre de ses statues et supprima les inscriptions qui commémoraient ses actes , et remplaça son nom par le sien, ou par celui de ses prédécesseurs. Pendant la période ptolémaïque, l’Égypte eut deux reines importantes d’ascendance grecque ; Arsinoé et Cléopâtre.

La reine, incarnation d’Isis

La reine tire son pouvoir de son association avec la déesse Isis. C’est elle seule qui avait le pouvoir de faire monter un homme sur le trône. « En raison des nombreux bienfaits de la déesse Isis, écrit Diodore de Sicile, il avait été établi que la reine d’Égypte recevait plus de puissance et de respect que le roi ; ce qui explique pourquoi chez les particuliers l’homme appartient à la femme selon les termes du contrat dotal, et qu’il est stipulé entre les époux que l’homme obéira à la femme« .

On avait rangé cette observation de Diodore parmi les histoires merveilleuses dont abondent les voyageurs qui reviennent de loin : cependant on ne pouvait s’empêcher de constater que l’association des reines au pouvoir persista jusqu’aux Ptolémées, en dépit des idées grecques qui conquéraient le pays. Cléopâtre dans les cérémonies religieuses, revêtait les attributs d’Isis, la mère sainte, et son époux Antoine, un général romain, suivait à pied son char triomphal.

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La déesse-mère de l’ordre cosmique, sœur-épouse du dieu-roi soleil

Maât est, dans la mythologie égyptienne, la déesse de l’ordre, de la solidarité, de l’équilibre du monde, de l’équité, de la paix, de la vérité et de la justice. Elle est la mère de Rê dont elle est aussi la fille et l’épouse, elle est aussi la sœur mystique de pharaon, elle assure l’équilibre cosmique et c’est donc grâce à elle que le monde fonctionne de façon harmonieuse. Elle est également la lumière que Rê apporte au monde. De ce fait, elle est fondamentalement liée à l’institution pharaonique, le premier devoir de pharaon étant de faire respecter la loi de Maât dans toute l’Égypte. C’est pourquoi, sur les murs des temples, pharaon est représenté faisant l’offrande de Maât à une divinité : c’est dire que, dans ses actes, il se conforme aux exigences de la déesse.

La grande épouse royale, sœur ou fille du pharaon

Sous la XVIIIe dynastie, une pratique régulière veut que la grande épouse soit la sœur de Pharaon. C’est le cas d’Ahmôsis Ier, qui, en épousant sa sœur Ahmès-Néfertary, inaugure le principe au sein de la dynastie. Mais auparavant, Djédefrê, roi de la IVe dynastie, avait déjà épousé sa demi-sœur Hétep-Hérès. De même, le mariage entre père et fille est effectif : Akhénaton, Ramsès II et Ramsès III ont eu pour épouse(s) une ou plusieurs de leurs filles. Ces unions entre père et fille sont généralement considérées comme symboliques.

L’inceste égyptien, un foyer matriarcal ?

Chez les égyptiens antiques, les  »mariages » avaient lieu entre frères et sœurs.

  • Est-il raisonnable de penser que l’Égypte puisse avoir été gouvernée pendant plus de 3000 ans par des dynasties de consanguins, sans provoquer de maladies génétiques qui auraient détruit cette brillante civilisation ?
  • Ou ne serait-il pas plus raisonnable de penser que les traductions sont erronées, et que comme toutes les peuplades matriarcales aux alentours (berbères, bantous, nubiens…), l’homme, en tant qu’oncle maternel, élevait les enfants de sa sœur, ses neveux maternels, sans en être le géniteur ?

C’est ainsi que frères et sœurs, unis par la communauté de subsistance, de succession et d’habitat (pharaon signifie d’ailleurs « grande maison », typique des communautés fraternelles/gentilices-tribales), formaient un groupe que bien des archéologues ont nommé « mariage », voire « mariage incestueux » sans qu’il y eut pourtant de relations sexuelles entre eux.

Incestueux jusqu’à la dernière dynastie

Les souverains Lagides, la dynastique grecque des Ptolémées, étaient à peu près tous « mariés » à leur sœur ou à un très proche parent. Or personne n’a entendu parler « d’effets secondaires » liés à cette consanguinité, notamment sur les enfants qui pourtant ont bien dû souffrir de cette pratique. Cette confusion vient du fait que la reine égyptienne porte souvent le titre de « sœur du roi« , ce qui signifie un lien biologique et non sexuel. De même « père » désigne un ancêtre ou un prédécesseur dans la fonction sans qu’il existe forcément une relation de paternité. Pareil pour « fils ».

Cléopâtre, reine adultère et incestueuse ou matriarche ?

Cléopâtre VII Théa Philopator (en grec, Κλεοπάτρα Φιλοπάτωρ) (v. -69 / 12 août 30 av. J.-C.) est une reine d’Égypte antique de la famille des Ptolémées qui gouverne son pays entre -51 et -30, successivement avec ses frères et « époux » Ptolémée XIII et Ptolémée XIV, avec qui elle n’aura pas d’enfants, puis avec son amant, le général romain Marc Antoine, qui lui donnera des enfants hors mariage. Elle est aussi très connue pour sa relation adultère avec Jules César, avec qui elle aura un enfant naturel nommé Césarion, son successeur au trône d’Egypte.

Amants-géniteurs et maris-non-géniteurs

Cléopâtre n’aura donc jamais d’enfants avec ses frères-époux, mais elle aura des enfants hors mariage, avec ses amants Jules César et Marc Antoine. Césarion, bâtard illégitime conçu dans l’adultère selon les critères patriarcaux, succédera à ses oncles maternels, qui ne sont pas ses géniteurs. De cette liberté sexuelle, et de cette dissociation de la paternité biologique (amants) de la paternité sociale (maris), avec le haut statut des femmes égyptiennes et le pouvoir de leurs reines, on peut supposer que la filiation était alors matrilinéaire, et la société matriarcale.

Elle détient seule le pouvoir

Le testament du roi Ptolémée XII, mort en mars 51 av. J.-C., désigne comme successeurs Cléopâtre et un frère cadet de celle-ci, PtoléméeXIII, d’une dizaine d’années environ, à qui elle est nominalement mariée car selon la coutume ptolémaïque, elle ne peut régner seule. Cléopâtre épouse ensuite un autre de ses frères cadets, Ptolémée XIV, sur l’injonction de César. Cependant elle est la seule à détenir réellement le pouvoir (sous protectorat romain) et le protocole enregistre cette prépondérance en plaçant le nom de la reine en tête des actes officiels.

La reine putain aux yeux des patriciens

L’historiographie antique lui est globalement défavorable car inspirée par le vainqueur de Cléopâtre, l’empereur Auguste, et son entourage dont l’intérêt est de la noircir afin d’en faire l’adversaire malfaisant de Rome et le mauvais génie de Marc Antoine. Ainsi ce jugement de l’historien juif du ier siècle, Flavius Josèphe : « Elle fit d’Antoine l’ennemi de sa patrie par la corruption de ses charmes amoureux ». La légende noire propagée par l’idéologie augustéenne est relayée ensuite par les poètes (Horace, Properce, Lucain) et historiens romains (Eutrope, Dion Cassius et Tite-Live) qui voient en elle quatre dangers :

  • reine (remettant en cause la République romaine),
  • femme, de caractère et séductrice (pouvant mettre en danger la virilité et la virtus romaine (vertu morale),
  • ambitieuse (menaçant la liberté),
  • et étrangère (origine grecque et orientalité associées à la débauche et la luxure mettant en cause la « romanité », notamment la vertu de pudicitia).

Aux yeux de la morale romaine, Cléopâtre reste la prostituée de César. Même si elle est reine ou déesse en sa demeure, elle incarne une conquête romaine ou une esclave qui ne doit pas offrir de descendance à César. Pline la surnommera même la « regina meretrix », la reine putain. De nombreuses lampes à huile sont illustrées de scènes la caricaturant. On la voit ainsi s’accoupler avec un crocodile en tenant une palme de victoire. Cela explique la prudence des historiens actuels et l’enthousiasme des cinéastes ou romanciers pour un tel personnage.

Liberté sexuelle et passage au patriarcat Hyksos

Dans le régime matrilinéaire égyptien, seul le neveu hérite de l’oncle maternel, par contre ses propres fils n’héritent pas de lui. Quand on s’avisa de reconnaître l’époux et le père, on ne les intégra cependant pas à la communauté fraternelle/gentilice ; ils en demeurèrent étrangers. C’est ainsi que la famille conjugale n’émergea que fort tardivement en Égypte. Le mariage finit cependant par s’installer, tout en laissant se déployer une apparente liberté sexuelle : liberté des jeunes-filles, facilité du divorce, tolérance des relations extra-conjugales, évidente licence lors des fêtes et banquets, tout signale des mœurs libres; lorsque les pouvoirs des chefs s’étendirent, on vit apparaître des harems chez les rois comme chez les prêtres; mais la « polygamie » de fait était la règle pour toute la population. Et l’on ne trouve pas trace de prostitution. La femme chez les Égyptiens, jouissait d’une grande liberté. Elle était honorée, le respect dont il fallait l’entourer était le plus sacré des devoirs. Elle circulait sans voile, contrairement aux femmes grecques, romaines et asiatiques (perses, assyriennes…) qui elles étaient séquestrées.

« Les femmes d’Égypte usaient sans hypocrisie, non seulement de leur liberté sexuelle, mais de la puissance économique que leur donnait la législation ; l’initiative amoureuse leur était réservée. […] Ni l’institution des danseuses nues pour les fêtes, ni celle de la prostitution officialisée, voire sacrée, n’était une marque de mépris féminin ; il faut attendre le judéo-christianisme pour que les structures mentales de cet ordre s’accompagnent d’une réification sexuelle de la femme […] Lorsque l’Égypte passa au patriarcat absolu sous l’influence des Hyksos et en raison de l’impérialisme guerrier qui supplanta peu à peu l’heureux isolement d’un passé agraire, des lois apparurent, qui faisaient entrer l’Égyptienne dans le reste du bétail antique des femmes. » P 188

« Comme chez les Ioniens et les Crétois, la femme d’Égypte circule libre, sans chaperon, montre sa nudité ; comme chez les Étrusques, elle participe aux banquets et aux danses, jouit de liberté sexuelle ; comme chez les Celtes, elle choisit son époux ; comme chez les Crétois elle s’adonne à toutes sortes d’activités lucratives et garde souvent la fonction sacralisée de tout ce qui touche aux funérailles et aux rites de la fertilité… » P 189.

Françoise d’Eaubonne, Les femmes avant le patriarcat.

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La circoncision égyptienne, la pratique d’une caste ?

La circoncision a été pratiquée en Egypte. Cependant, tous les Égyptiens n’étaient pas circoncis. Les radiographies de la momie du Pharaon Ahomse de la dix-huitième dynastie (16e siècle avant notre ère) prouvent qu’il n’était pas circoncis. Il est possible que son successeur, Amenhotep I, n’était pas non plus circoncis (Harris Weeks, pages 126-130). Il a également été suggéré que, bien que la circoncision soit courante chez les classes supérieures, et peut être reconnue comme un rite de puberté, ce n’était pas une exigence. Le commun des pauvres gens n’a pas nécessairement subi la circoncision.

Circoncision égyptienne d’origine orientale

La circoncision pourrait témoigner de l’avènement de l’ordre patriarcal en Egypte, puisqu’elle a pour fonction de prévenir la sexualité hors mariage, et de marquer ce péché par la douleur. La circoncision semble attestée en Égypte à une époque ancienne, dès le troisième millénaire, dans des bas-reliefs et des textes. On l’aurait pratiqué sur les garçons de 8-10 ans ou les adolescents qui étaient sur le point de se « marier ». Si on a retrouvé certaines momies qui n’étaient pas circoncises, il semble, du moins, que le rite ait été obligatoire pour certains prêtres. Ces attestations très anciennes ont longtemps conduit à croire que c’est d’Égypte que le rite se serait répandu dans tout l’Orient où, à une époque, sa pratique était généralisée. Toutefois, de récentes découvertes archéologiques ont amené certains spécialistes à supposer un mouvement inverse, partant de l’Orient vers l’Égypte. L’excision pharaonique est un mythe sans fondements, en contradiction avec le haut statut des femmes égyptiennes. L’excision est-elle aussi d’origine orientale ?

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